Anthony Bitetto, des Predators de Nashville, n’aura plus l’occasion de se frotter au vétéran Jaromir Jagr qui, à 46 ans, a vu les Flames de Calgary rompre leur association avec lui et l’assigner au HC Kladno de la Ligue 1 tchèque.

La fin de Jagr dans la LNH

CALGARY — Cette fois, il semble bien que l’illustre carrière de Jaromir Jagr dans la Ligue nationale de hockey soit terminée.

Lundi, les Flames de Calgary ont rompu leur association avec le vétéran, l’assignant au HC Kladno de la Ligue 1 tchèque.

«Nous avons vu quelques parcelles de ce qu’il peut encore accomplir, mais ce n’était pas suffisamment soutenu», a déclaré le directeur général des Flames, Brad Treliving. «Ses performances étaient en dents de scie et il n’a pas été capable de retrouver ses repères. La ligue est rapide. C’est difficile à 25 ans. Imaginez à 45.»

Jagr, qui aura 46 ans le 15 février, a été soumis au ballottage dimanche sans être réclamé. «Bien que je sois extrêmement déçu que les choses ne se soient pas passées comme nous l’espérions en raison d’une foule de circonstances, je suis très reconnaissant envers les Flames, leurs partisans et la Ville de Calgary pour leur accueil si généreux», a indiqué Jagr dans un communiqué.

Si c’est réellement la fin du natif de Kladno dans la LNH, il part après un effort remarquable : 1733 matchs, 766 buts, 1155 aides en 1921 points. Seuls Gordie Howe (1767) et Mark Messier (1756) ont joué plus de rencontres que lui. Seuls Wayne Gretzky (894) et Howe (801) ont marqué plus souvent qu’il ne l’a fait. Et seulement Gretzky, avec 2857, a inscrit plus de points que Jagr, qui a passé trois saisons dans la KHL, de 2008 à 2011.

«C’est fou quand on pense à ses chiffres astronomiques, a dit le défenseur des Flames Travis Hamonic. Mais le plus fou, c’est son âge.»

Sa production avec les Flames a toutefois été très limitée : un but et six aides en 22 rencontres. Limité par une blessure, il n’a pas pu se faire justice. Son impact s’est toutefois fait sentir dans le vestiaire. «De voir la façon dont il se prépare et son respect pour le sport était très spécial, a indiqué Sean Monahan. Nous avons tous appris quelque chose à le côtoyer.»


« [...] je suis très reconnaissant envers les Flames, leurs partisans et la Ville de Calgary pour leur accueil si généreux »
Jaromir Jagr

Afin d’ajouter du punch à l’aile droite, les Flames, sa neuvième équipe dans la LNH, mais sa première au Canada, lui ont consenti un contrat d’un an et 1 million $US le 4 octobre dernier. «Malgré tout, nous ne regrettons pas l’expérience, a ajouté Treliving. C’est comme si une tempête parfaite s’était levée contre lui durant cette courte période.»

Jagr a été le cinquième choix au total du repêchage de 1990, derrière Owen Nolan, Petr Nedved, Keith Primeau et Mike Ricci. En compagnie de Mario Lemieux, il a aidé les Penguins de Pittsburgh à remporter la Coupe Stanley en 1991 et 1992.

Cinq fois, dont quatre d’affilée, de 1997 à 2001, il a mis la main sur le trophée Art-Ross, remis au meilleur marqueur du circuit. En 1998-1999, on lui a remis le trophée Hart, à titre de joueur par excellence de la LNH.

En plus de sa production, le soin jaloux qu’il apportait à sa condition physique a été sa carte de visite tout au long de sa carrière. Dimanche soir, alors que les Flames lui avaient ni plus ni moins montré la porte à l’heure du midi, il était dans le gymnase de l’équipe. «Le vélo stationnaire était fumant quand il l’a lâché, a lancé l’entraîneur-chef des Flames, Glen Gulutzan. Je souhaite qu’il puisse retrouver la santé.»