Varvara Lepchenko, qui en est à sa septième participation à la Coupe Banque Nationale et qui affirme que Québec est sa ville favorite, a causé la surprise en éliminant la favorite du tournoi, mardi.

La favorite Aryna Sabalenka éliminée

Les favorites tombent comme des mouches, à la Coupe Banque Nationale de tennis. Avec l’élimination de la première tête de série et vedette montante Aryna Sabalenka, mardi soir au PEPS, au moins quatre des huit favorites n’auront pas franchi la première ronde.

Sans compter que les joueuses classées numéro 2 et 5 n’entrent en scène que mercredi! La sortie expéditive de Sabalenka s’ajoute à l’hécatombe déjà amorcée depuis quelques jours.

«C’est ma première fois ici, mon premier match et j’étais classée première, je sais que les gens sont venus me voir. Mais ce soir, Varvara [Lepchenko] était juste trop forte pour moi! Elle semblait marquer sur tous ses coups. Même avec le cadre de sa raquette! Moi, les balles sur mon cadre se retrouvaient au plafond», a commenté la perdante et 20e joueuse mondiale, disant ne pas avoir reconnu celle qu’elle avait battue en deux manches en mars, à Indian Wells.

Avant même le tirage prétournoi, deux des trois premières favorites annoncées se sont retirées. Puis déjà quatre battues sur les huit officielles, dans l’amphithéâtre de l’Université Laval. La quatrième, dès lundi et mardi, les numéros 1, 6 et 7.

Sabalenka n’a pas à rougir de sa défaite de 6-4 et 7-6 (5) aux mains de Lepchenko. Un affrontement tout en puissance rehaussé de touches de finesse où tout ou presque réussissait à la gauchère de 32 ans.

Il faut dire que Lepchenko, classée 110e au monde, a déjà atteint le 19e rang mondial, en 2012, un échelon plus élevé que le point où se trouve en ce moment sa cadette de 12 ans.

Et malgré les succès d’août de la Biélorusse de 20 ans, l’Américaine ne s’en est pas laissé imposer. Même après des avertissements de l’arbitre pour avoir dépassé les 25 secondes maximales entre les jeux.

«Je suis restée calme et agressive au jeu jusqu’à la fin», s’est félicitée la gagnante. «Je savais que ce ne serait pas facile, mais je l’avais déjà battue à l’entraînement et ç’avait été très serré à Indian Wells, alors que je n’étais pas en forme», a expliqué Lepchenko, qui a été ralentie par une blessure à l’épaule et la maladie au cours des derniers mois.

Québécoise d’adoption

Lepchenko a l’avantage de bien connaître le tournoi de Québec. Elle en est à sa septième participation chez nous, n’y ayant pourtant jamais atteint le troisième tour. Elle affronte mercredi soir une qualifiée, la Tchèque Maria Bouzkova (163e).

«Québec est ma ville préférée. Dans une deuxième vie, j’aurais aimé être née ici!» a-t-elle lancé à la poignée de spectateurs, après sa victoire.

À sa première présence chez nous, par manque d’argent, elle avait demandé au directeur du tournoi, Jacques Hérisset, de lui dénicher une famille d’accueil pour le temps du tournoi. La famille de Michel Bell l’avait accueillie à bras ouverts, gens avec qui elle garde encore des liens très forts, dont la fille Chanel.

«Québec est comme une petite Europe à seulement quelques heures de vol de la maison, j’adore ça», a fait valoir aux journalistes celle qui est née en Ouzbékistan et qui vit aux États-Unis depuis 2001, soit l’âge de 15 ans. «C’est une ville tranquille, je ne suis jamais restée prise dans le trafic. Il y a aussi beaucoup d’activités de plein air. Et l’an dernier, j’étais allé à l’observatoire, c’était magnifique.»

Sabalenka a aussi dit avoir apprécié sa première visite dans la Cité de Champlain, mais elle met maintenant le cap sur la Chine pour le segment asiatique de fin de saison.

Reconnue pour son tempérament bouillant, qu’elle essaie de dompter, la jeune joueuse s’est plutôt montrée bonne sportive en applaudissant pendant la rencontre les prouesses de sa rivale. Si elle n’a pas disputé son pire match, conclure sur sa cinquième double faute n’a fait que confirmer que ce n’était pas son soir.

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CINQ ANS PLUS TARD, MARINO 2.0 S'IMPOSE DANS LE TABLEAU PRINCIPAL

Rebecca Marino n’avait pas disputé de match au tableau principal d’un tournoi de la WTA depuis plus de cinq ans. Mais ça n’a pas paru du tout!

La grande Torontoise de 27 ans s’est débarrassée de la sixième favorite du tournoi et 62e joueuse mondiale Tatjana Maria, une Allemande, en deux manches de 6-2 et 6-2, mardi. Pas plus de 1h09 min en première ronde de la Coupe Banque Nationale pour celle qui améliorera son 264e rang actuel en quittant Québec.

«C’est bien de réussir ça après cinq ans et à domicile en plus. Je m’entraîne à Montréal, alors Québec, c’est presque la maison», a commenté Marino. Maria est l’adversaire la mieux classée vaincue par l’ancienne 38e mondiale (2011) depuis son retour au jeu en janvier, après avoir vaincu une grave dépression.

«C’est représentatif de tout le travail que j’ai accompli dans les derniers mois. Après, je dois rester réaliste et voir à plus à long terme. Jouer une autre ronde serait vraiment bien, mais je ne veux pas me mettre trop de pression. C’est ma carrière 2.0 et mon seul réel objectif est de jouer au niveau dont je suis capable.» Marino affrontera maintenant l’Espagnole Georgina Garcia Perez (142e), qui mardi a pris la mesure de la Russe Evgeniya Rodina (87e) 4-6, 6-3 et 6-1.

Outre l’éviction des quatrième, sixième et septième têtes de série, soit Monica Niculescu, Lucie Safarova et Tatjana Maria, une autre surprise du premier tour appartient à la qualifiée Jessica Pegula (227e), tombeuse de Kristyna Pliskova (99e) 6-3 et 7-6. Ne pas confondre cette dernière avec sa jumelle Karolina Pliskova, huitième raquette mondiale.

Quant à Safarova (91e), l’ancienne cinquième au monde en 2015 et championne à Québec en 2013 a été victime de la Tunisienne Ons Jabeur (116e) 7-6, 3-6 et 7-5. Jabeur est devenue l’an dernier seulement la deuxième femme d’origine arabe à percer le top 100 du tennis mondial, après sa compatriote Selima Sfar, en 2001.

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