Laurence Vézina, Gabrielle Boisvert, Camille Fiola-Dion et Andrée-Anne Côté représenteront le Canada dans les grandes compétitions internationales en 2018.

La Fab Four de la synchro

Gabrielle Boisvert n’a plus besoin de se chercher des amies. Depuis ses débuts dans l’équipe nationale de nage synchonisée, en 2015, une nouvelle fille de la région est venue la rejoindre chaque année. Elles sont maintenant quatre, le Fab Four de la synchro à Québec.

«Ce sont toutes des filles extraordinaires et vraiment uniques», lance d’ailleurs leur entraîneure au club Québec Excellence Synchro, Kasia Kulesza, rencontrée avec ses athlètes après un entraînement au PEPS, vendredi.

Elles ont appris la semaine dernière leur sélection parmi les 15 meilleures nageuses au pays. Elles représenteront le Canada dans les plus grandes compétitions internationales en 2018. L’année 2019 fera l’objet d’un nouveau processus : les filles sont toujours en audition, en quelque sorte.

Mais ne regardons pas trop loin et savourons l’instant. «C’est sûr qu’on est un peu excitées, mais on sait que c’est une grosse charge de travail, qu’on ne s’ennuiera pas dans les prochains mois», dit Boisvert, la doyenne du groupe en expérience, mais aussi en âge, à 23 ans.

Une belle complicité

Après sa saison en «solitaire», Boisvert a été rejointe par Laurence Vézina l’année suivante, puis par Andrée-Anne Côté un an plus tard. En 2018, Camille Fiola-Dion viendra compléter un quatuor venu de Québec. «C’est sûr que c’est un peu plus encourageant, souligne Boisvert. La première année, j’étais une des seules qui parlait français, j’ai déménagé à Montréal. C’était un chambardement dans ma vie. [Maintenant], je me sens comme une vétérane, j’aide [les plus jeunes] à s’intégrer dans l’équipe.»

L’année 2018 est exempte de compétitions majeures. Pas de Mondiaux, pas de Jeux olympiques. L’attention sera portée vers les épreuves de la World Series, dont le Canada Open. Dans ce sport jugé où la hiérarchie pèse lourd, il demeure crucial de faire bonne impression, pour le présent et l’avenir. Et les places pour les grands événements de 2019 — Mondiaux et Jeux panaméricains — seront chaudement disputées.

Pour les membres de l’équipe nationale, fini le temps de la centralisation à Montréal. La saison prochaine, nos quatre nageuses s’entraîneront à Québec la majorité du temps, et retrouveront leurs 11 coéquipières lors de nombreux camps d’entraînement pendant l’année. Le premier aura lieu dès le 10 janvier, dans la Métropole.

«C’est vraiment excitant, parce qu’on va pouvoir s’entraîner ici, toutes ensemble», a réagi Vézina, parlant d’elle et ses trois coéquipières. «Ça va être motivant. On est bien entourées au club Québec Excellence Synchro. Après, c’est un peu moins épeurant et intimidant d’y aller à quatre. Et on se connaît depuis longtemps, on a une belle complicité.»

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CE QU'A DIT L'ENTRAÎNEURE KASIA KULESZA SUR...

Laurence Vézina : «C’est une fille très mature, très intelligente, toujours à son affaire»

Gabrielle Boisvert : «Elle est comme la maman de tout le monde. Elle redonne vraiment beaucoup»

Camille Fiola-Dion : «Extrêmement émotive, elle engage beaucoup ses émotions dans ce qu’elle fait. Ça lui donne de belles qualités en nage synchronisé»

Andrée-Anne Côté : «Elle a monté les échelons très rapidement. C’est une leader naturelle»

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UN BON PLAN POUR «REVENIR AUX SOURCES»

Le Canada possède tout ce qu’il faut pour retrouver ses lettres de noblesse en nage synchronisée, croit Kasia Kulesza. Elle est bien placée pour en parler. En plus d’être directrice de la haute performance au club Québec Excellence Synchro, elle vient d’être nommée entraîneure-chef de l’équipe nationale junior. Ah oui! Elle a aussi gagné une médaille d’argent aux Jeux olympiques de 1996, avec entre autres Sylvie Fréchette.

«Le Canada a appris au monde entier à faire de la nage synchronisée», rappelle Kulesza. «On sait ce qu’on fait. Il faut juste qu’on s’organise, que tout le monde embarque dans le nouveau plan stratégique», ajoute-t-elle. Les performances de l’unifolié ont décliné au fil du temps. Septième aux derniers Mondiaux, la formation canadienne brillait par son absence aux Jeux olympiques de Rio, en 2016. Alors les choses changent. Dès l’an prochain, les nageuses vivront un processus de décentralisation. Elles s’entraîneront dans leur club respectif et se réuniront périodiquement.

Kasia Kulesza a remporté une médaille d'argent aux Jeux olympiques d'Atlanta, en 1996.

«C’est un bon plan», estime Kulesza. «Ça va nous aider à revenir aux sources. À retravailler techniquement et personnellement avec les athlètes. Elles auront beaucoup plus de corrections seules, l’accès à beaucoup de spécialistes. Et quand on va se regrouper, on va probablement être plus fortes qu’avant.»

Il y a quelques jours, Kulesza a appris sa nomination comme dirigeante des juniors canadiennes, tâche qu’elle combinera avec celles menées chez Québec Excellence Synchro. «C’est un honneur pour moi de faire ce travail-là. Ça fait plusieurs années que je suis entraîneure nationale, mais c’est le poste qui m’intéressait beaucoup», explique celle qui dirigera un groupe de 24 nageuses, dont Frédérike Landry, membre du club de Québec.