L’entraîneur-chef de Calgary, William Harris Jr, espère que ses Dinos ont beaucoup appris de leur finale de 2016, quand ils avaient échappé la Coupe Vanier en deuxième demie aux mains du Rouge et Or.

La deuxième fois la bonne pour les Dinos?

La deuxième fois sera-t-elle la bonne pour William Harris Jr? Après avoir vu ses Dinos échapper la Coupe Vanier aux mains du Rouge et Or en 2016, pourra-t-il mener son équipe à la conquête du titre national, une première pour l’Université de Calgary depuis 1995?

«On le saura samedi», a lancé en riant le coach de l’Université de Calgary. «Nous n’avons jamais eu beaucoup de succès par le passé à Québec, mais c’est une chose à laquelle je ne pense pas. Ces matchs font partie de l’histoire. Aucun joueur de l’équipe actuelle n’a déjà évolué au Stade TELUS. Ça sera une nouvelle expérience pour tous les gars. Nous sommes arrivés ici tôt afin qu’ils se familiarisent avec l’environnement. C’est certain que cela devrait les aider.»

Harris a indiqué qu’il espérait que ses Dinos aient beaucoup appris de leur défaite à la Coupe Vanier de 2016, mais aussi en finale de l’Ouest en 2017 et 2018. «On souhaite toujours que tout ce que nous a appris un revers ne soit pas perdu. Et heureusement, je sens que les gars sont vraiment prêts et qu’ils comprennent qu’ils ne doivent jamais prendre pour acquis des opportunités comme celle qu’ils vivront samedi.»

Revenant sur leur revers de 2016 face à Laval et au fait que ses hommes avaient échappé le match en deuxième demie après avoir dominé la première, Harris a dit qu’il avait été très désappointant. Il a ajouté que le Rouge et Or avait toujours d’excellentes équipes et que les formations qui les affrontaient devaient savoir qu’elles devraient se battre jusqu’à la fin. «Le Rouge et Or avait réussi un troisième jeu dans les dernières minutes de la rencontre et il avait fini par remporter la Coupe. J’étais très, très déçu, mais en même temps, nous avions appris que nous pouvions tenir tête à Laval. Et ça, c’était un enseignement très important.

Effort collectif

Avant de sauter sur le terrain intérieur du Stade TELUS, les Dinos ne s’étaient pas entraînés depuis vendredi dernier, soit depuis la veille du match de la Coupe Uteck. Harris aurait bien aimé que ses hommes foulent une dernière fois la surface du Stade McMahon avant leur départ pour Québec mais ils n’ont pu le faire, la Ligue canadienne ayant pris le contrôle du stade en prévision du match de la Coupe Grey, dimanche.

«C’est agréable de pouvoir nous entraîner à l’intérieur et dans d’excellentes conditions. Nous avons pu avoir un bon entraînement [presque 2h45] pour mettre en place notre plan de match.»

Analysant la rencontre de samedi, le coach des Dinos a indiqué que les défis étaient nombreux pour ses hommes, à commencer par le fait qu’ils n’avaient jamais affronté les Carabins. Il a ajouté que l’Université de Montréal avait une très bonne défensive, et une attaque bien balancée avec beaucoup d’expérience. «Les Carabins ont de la vitesse au niveau de leurs receveurs de passes et ils possèdent un très, très bon jeu au sol.»

Interrogé sur ce qui allait pouvoir permettre aux Dinos de mettre la main sur une première Coupe Vanier en 24 ans, Harris a mentionné qu’ils devraient pouvoir compter sur un effort d’équipe. Il a expliqué qu’il pouvait compter sur de très bons joueurs, mais pas un groupe d’étoiles comme il en a jadis eu.

«La dernière fois que nous étions venus à Québec, nous alignions 11 all-canadians. Et nous avions perdu. Cette année, nous n’en avons pas autant, mais nous nous sommes quand même rendus en finale grâce à un effort d’équipe. Nous avons une équipe bien balancée. Notre défensive a eu une très bonne campagne. Les gars ont été solides. Ils n’ont pas donné beaucoup de gros jeux pendant la saison. Et si, par le passé en attaque, nous avons eu tendance à utiliser le jeu aérien, nous avons plus utilisé notre jeu au sol. Pendant toute l’année, nous avons bien passé et bien couru. Quant à nos unités spéciales, elles ont réalisé de gros jeux dans les derniers matchs.

«Je peux aussi compter sur d’excellents joueurs de cinquième année, des gars qui ont fait beaucoup pour le programme. Ils savent ce que ça prend pour obtenir du succès. Je compte sur eux pour faire preuve de leadership sur le terrain et à l’extérieur, lors du match et des entraînements et pendant toute la préparation en vue de la rencontre. Et je sais qu’ils sont très excités d’être ici.»

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SINAGRA PRÊT COMME JAMAIS

Selon le vétéran quart-arrière des Dinos Adam Sinagra, le défi sera de composer avec les très bons demis de coin des Carabins.

À sa première année avec les Dinos, Adam Sinagra avait vu les siens perdre la Coupe Vanier aux mains du Rouge et Or. Trois ans plus tard, le quart-arrière de dernière année a vieilli et il a acquis beaucoup d’expérience dans la victoire comme dans la défaite. C’est pour ces raisons qu’il est prêt comme il ne l’a jamais été pour l’affrontement ultime de samedi. Et ses coéquipiers le sont tout autant.

«Nous n’avons pas gagné la Coupe Vanier depuis 24 ans», a indiqué le footballeur originaire de Pointe-Claire, dans la région de Montréal. «Mais nous pensons que nous avons une équipe bien spéciale. Nous avons travaillé fort pour arriver ici, pendant et en dehors de la saison. Nous avons une job à faire et c’est sur celle-ci que nous focusons.

«Nous avons dû faire face à beaucoup d’adversité pendant la saison et lors des dernières semaines, nous avons commencé à jouer du très bon football de séries. C’est le genre de progression qu’il est bon d’avoir eue quand on arrive au match de la Coupe Vanier.  Nous sommes bien balancés en attaque et notre défensive peut rivaliser avec n’importe quelle offensive. Ça va être toute une bataille.»

Le vétéran quart-arrière a indiqué que le défi pour lui serait de composer avec de très bons demis de coin du côté des Carabins. Il a ajouté que la clé pour son attaque serait de connaître du succès sur son premier essai afin d’éviter de se retrouver en deuxième jeu «et long». «Nous devrons être méthodiques et bien courir le ballon.»

Un peu chez lui

Ayant joué son football avec le Cégep John-Abbott, Sinagra affrontera samedi d’ex-coéquipiers qui portent maintenant les couleurs des Carabins. C’est le cas de l’ex-Islanders Tysen Copelan et de Marc-Antoine Dequoy, avec qui il a évolué au East-West Bowl. Il aura aussi la chance d’évoluer devant plusieurs membres de sa famille ainsi que des amis qui feront le voyage dans la Vieille Capitale.

«Ça va être le fun. Mais même si beaucoup de mes connaissances seront au match, j’aborderai la rencontre comme je le fais toujours. Leur présence ne me mettra pas de pression supplémentaire. Pour moi, ça sera du football et je serai là pour faire ce que je fais de mieux et m’amuser. Mais ça sera excitant. Ça fait au moins cinq ans que je n’ai pas joué au football au Québec. Quant aux amis qui voudraient me rejoindre afin de me souhaiter bonne chance, j’ai fait en sorte que tout se fasse dans les deux derniers jours. Depuis, je ne suis concentré que sur le football.»

Le match de la Coupe Vanier sera aussi spécial à un autre égard pour Sinagra. Il lui permettra de tourner la page sur sa carrière universitaire de footballeur dans la province où tout a commencé pour lui.

«C’est vraiment spécial. Tu joues au football alors que tu grandis et tu ne sais jamais où ça va te mener. Pour moi, le football fut une belle et amusante aventure. Et si elle se termine samedi, je serai très heureux de tout ce que j’ai vécu et que ma carrière m’aura apporté dont, je l’espère, la conquête d’un championnat.»