Choix de septième ronde, le 201e au total, Rafaël Harvey-Pinard a guidé les Huskies de Rouyn-Noranda vers une saison record de 59-8-1, puis à des triomphes en finale de la Coupe du Président et de la Coupe Memorial.

La deuxième fois fut la bonne pour Harvey-Pinard

BROSSARD, Qc — L’an dernier, Rafaël Harvey-Pinard s’était rendu à Dallas pour le repêchage de la LNH, mais il avait vécu la déception de ne pas entendre son nom résonner dans l’American Airlines Center.

Un an plus tard, Harvey-Pinard a préféré ne pas se rendre à Vancouver pour le repêchage. Après tout, il avait déjà été ignoré deux fois et il est plutôt rare qu’un joueur soit sélectionné après sa saison à l’âge de 19 ans. Pourtant, alors qu’il n’y croyait peut-être plus, Harvey-Pinard a finalement vu son nom apparaître sur son téléviseur en fin d’après-midi samedi dernier, quand le Canadien l’a choisi en septième ronde, 201e au total.

«Tout le monde était vraiment émotif. Nous avons tous pleuré, a raconté Harvey-Pinard mercredi, après un premier entraînement sur glace au camp de perfectionnement du Canadien. Ma soeur m’a sauté dans les bras. Mes parents ont figé sur le coup. Après, tout le monde était très heureux. C’était vraiment beaucoup d’émotions.»

Au cours des derniers mois, Harvey-Pinard a guidé les Huskies de Rouyn-Noranda vers une saison record de 59-8-1, puis des triomphes en finale de la Coupe du Président et de la Coupe Memorial.

Après avoir amassé 76 points en 67 matchs en 2017-18, il a accumulé 40 buts et 85 points en 66 parties la saison dernière, avant d’ajouter 27 points en 20 matchs de séries.

Son agent avait eu des contacts avec des équipes à l’approche du repêchage, mais Harvey-Pinard a noté qu’elles cherchaient surtout à lui offrir des invitations pour leurs camps. Il avait aussi participé à un camp d’évaluation à Montréal et était satisfait de l’impression qu’il avait laissée au Canadien. Malgré tout, il ne s’est pas rendu à Vancouver pour le repêchage le week-end dernier.

«J’ai hésité, mais j’étais allé l’an passé et je n’avais pas été repêché, a-t-il mentionné. Je ne voulais pas aller là-bas [à Vancouver] et ne pas être repêché encore, parce que ça représente des dépenses importantes. Je suis resté chez moi cette fois-ci, mais avoir su, je me serais déplacé!»

Il a même avoué que s’il avait suivi le repêchage à la télévision, c’était surtout pour pouvoir féliciter ses coéquipiers et amis.

«Je le suivais un peu pour moi, mais en particulier pour Alex Beaucage qui pouvait sortir, Félix Bibeau également, a raconté Harvey-Pinard. J’ai aussi des amis dans d’autres équipes.

«Quand j’ai vu mon nom, c’était une belle surprise.»

Dans la LAH dès cet automne?

Après le repêchage, l’adjoint au directeur général chez le Canadien, Trevor Timmins, a mentionné que l’équipe avait choisi Harvey-Pinard notamment pour éviter de lui permettre de bénéficier de l’autonomie et de pouvoir signer un contrat avec l’équipe qu’il le souhaite. Le Tricolore contrôle les droits sur Harvey-Pinard dans la LNH, même s’il retourne chez les juniors à 20 ans la saison prochaine. Ses droits dans la LHJMQ ont par ailleurs été échangés aux Saguenéens de Chicoutimi, plus tôt ce mois-ci.

Timmins n’a toutefois pas fermé la porte à voir Harvey-Pinard impressionner suffisamment la direction de l’équipe pour obtenir un contrat dès cet automne et commencer immédiatement sa carrière professionnelle du côté de la Ligue américaine avec le Rocket de Laval.

En participant au camp de perfectionnement du Canadien cette semaine, Harvey-Pinard obtient une première occasion de se faire valoir.

«Pour moi, ce sera un gros été d’entraînement et il y a un gros camp qui s’en vient aussi, a-t-il admis. Je vais donner mon maximum. Après, une décision sera prise par Trevor et Marc [Bergevin] et je vais aller là où ils le voudront.

«Je pense que je dois encore améliorer mon coup de patin. On n’est jamais assez rapide au hockey. Je suis plus petit et le coup de patin devrait être une de mes forces. Je veux donc continuer à travailler là-dessus. Je veux également gagner de la masse musculaire.»

Loin d’être le plus costaud à cinq pieds huit pouces et 166 livres, puis repêché sur le tard, Harvey-Pinard a au moins l’avantage de savoir à quel point il a été difficile de se rendre là où il est aujourd’hui.

«Je n’ai jamais abandonné, a-t-il rappelé. C’est ça le hockey. Quand tu travailles, il se passe de bonnes choses.

«Le fait d’avoir été repêché, c’est une motivation supplémentaire qui me prouve que mon rêve est accessible. Si je donne tout, d’autres bonnes choses vont se produire.»