Alex Beaulieu-Marchand avait remporté deux médailles d'argent aux X Games d'Aspen, au Colorado, à la fin de janvier.

La décision d’ABM de s’absenter du Jamboree en 2018 lui a peut-être sauvé la vie

MONTRÉAL — Alex Beaulieu-Marchand s’est peut-être sauvé la vie en choisissant de ne pas participer au Jamboree de Québec, l’année dernière. C’est du moins une partie de la conclusion à laquelle il est arrivé, après s’être récemment retrouvé au cœur d’une avalanche.

Le skieur acrobatique âgé de 25 ans a failli perdre la vie au début du mois de février à Guardsman Pass, dans l’Utah, après qu’un atterrissage raté en tentant une manœuvre eut déclenché une avalanche alors qu’il faisait du ski dans un endroit non balisé. «ABM» s’est alors retrouvé enseveli sous environ 45 cm de neige — pendant près de 60 secondes, selon lui —, et n’eût été de l’intervention rapide de son caméraman ainsi que de l’équipe qui l’accompagnait, il aurait probablement péri.

«J’étais incapable de bouger, mais j’avais appris, en suivant un cours débutant de secourisme en situation d’avalanche, quoi faire si un jour je me retrouvais enseveli, a raconté celui qui a vécu cette expérience pour la première fois de sa vie. C’était épeurant; j’aurais pu y rester. Heureusement, j’avais appris que si tu ne peux bouger tes membres, alors tu dois essayer de bouger la tête, afin de te créer une poche d’air qui te permettra de subsister le plus longtemps possible.»

Le principal intéressé a admis en entretien avec La Presse canadienne jeudi qu’il lui avait fallu plusieurs jours pour se remettre de sa mésaventure. Avec le recul, il a donc attribué une partie de sa survie à sa décision de faire l’impasse sur le Jamboree de Québec, en mars 2018.

«Ça faisait deux ans que je m’entraînais de manière super intense pour les Jeux olympiques de PyeongChang, et je n’avais pas le goût de participer à une autre épreuve notée, a-t-il raconté, en référence au Jamboree. Je préférais essayer de faire quelque chose de plus créatif, et c’est là qu’une équipe m’a offert un tournage dans l’Ouest canadien. Je me suis dit que je ne pouvais pas laisser passer cette opportunité d’en apprendre davantage dans cette sphère du ski, car mon but a toujours été de faire le plus de choses possibles — que ce soit en back country ou en milieu urbain.

«Je suis super content [d’avoir pris cette décision], parce que toute l’expérience et les choses que j’ai apprises en skiant dans des sentiers non balisés l’an dernier m’ont probablement sauvé la vie», a-t-il confié.

ABM souhaite le retour du slopestyle

Le médaillé de bronze en slopestyle aux Jeux de PyeongChang en 2018 tentera de couronner une saison de rêve à l’occasion du Jamboree, qui se déroulera du 15 au 17 mars à l’îlot Fleurie de Québec.

Beaulieu-Marchand est notamment devenu cette année le premier skieur de l’histoire des X Games d’Aspen à être médaillé dans les épreuves de slopestyle (argent), de Big Air (argent) et de Real Ski (bronze) — un concours où les participants doivent présenter une vidéo de 90 secondes de ski en environnement urbain — au cours d’une même édition.

Le Québécois a également remporté le bronze en slopestyle aux Championnats du monde de ski acrobatique de Park City, en Utah, ainsi que le bronze dans la même épreuve au Dew Tour, tout juste avant Noël. Interrogé à savoir les raisons pour lesquelles il a connu autant de succès cette saison, le principal intéressé n’a pas hésité une seconde.

«J’ai su demeurer en santé. J’ai subi de grosses blessures en 2015 et 2016, et j’ai été ennuyé par des blessures au dos et à un genou pendant les Jeux de PyeongChang l’hiver dernier, a-t-il d’abord évoqué. Je suis maintenant dans une meilleure place, mentalement et physiquement. Je me concentre uniquement sur mon ski, et non sur les autres distractions, et je crois que c’est ce qui explique mes succès.»

Beaulieu-Marchand fera donc partie des favoris pour remporter la compétition de Big Air devant sa famille et ses amis au Jamboree, même s’il reconnaît que les conditions ne sont pas optimales afin de lui permettre d’exprimer toute sa créativité sur ses sauts.

«Ce qui est difficile à l’îlot Fleurie, c’est que les échafaudages ne sont pas très hauts, donc l’amplitude de nos sauts est limitée — surtout par rapport au Big Air aux X Games ou aux Mondiaux, a-t-il dit. Je suis plus confortable sur les sauts qui me permettent des manœuvres de niveau A et A+. Ici, je devrai trouver une façon de me contenter d’effectuer des manœuvres de niveau B, différentes du triple flip. Je vais tout de même essayer de concocter quelque chose.»

Le Québécois a conclu en mentionnant qu’il aimerait bien que l’organisation du Jamboree revienne à sa vieille formule, avec une épreuve de slopestyle à Stoneham, car selon lui la perspective de participer à deux épreuves plutôt qu’une seule est plus attrayante pour les athlètes.

«Si ç’avait été une épreuve de Big Air ailleurs dans le monde, j’aurais probablement décidé de ne pas y participer, a-t-il admis, sans détour. Mais puisque c’est à Québec, chez moi, alors je vais y aller et tenter ma chance.»

À sa participation précédente au Jamboree en 2017, «ABM» n’avait pu franchir les qualifications du Big Air. Il avait cependant obtenu le bronze dans la défunte épreuve de slopestyle, à Stohenam.