Peu convaincant contre la Suède, lundi, le joueur étoile de la Corée du Sud, Son Heung-min, devra trouver le fond du filet si le pays asiatique veut espérer avancer au-delà de la phase de groupes.

La Corée espère le réveille de Son

SAINT-PÉTERSBOURG — L'Argentine a Lionel Messi et, quand ça va mal, comme maintenant, on prie pour qu'il sorte un grand match. Pour la Corée du Sud, c'est Son Heung-min.

Avant d'affronter le Mexique samedi (11h), les Guerriers Taeguk, défaits par la Suède 1-0 en ouverture de la Coupe du monde, sont au bord de l'élimination, comme l'Albiceleste.

Et quand la Corée tremble, c'est toujours le joueur de Tottenham qui est appelé à la rescousse. Son est attendu pour sauver la nation, une fois de plus, avec la pression de se faire pardonner son petit match face aux Scandinaves. Comme Messi, entre son penalty raté face à l'Islande et son impuissance face à la Croatie.

«Je suis toujours déçu par ma performance, reconnaît l'ailier de 25 ans. Je suis très, très désolé pour mes coéquipiers, parce que si nous ne marquons pas, c'est de ma faute, parce que je dois prendre mes responsabilités». Messi, lui, est reparti sans dire un mot après l'humiliation face aux Croates.

Son n'a pas été aidé non plus par ses camarades de devant : ni Kim Shin-wook, ni Hwang Hee-chan n'ont été une menace, dans un domaine offensif privé de deux titulaires blessés avant la préparation, Kwon Chang-hoon et Lee Keun-ho. Messi fut également bien seul.

Barrière à franchir

«Quand il joue pour l'équipe nationale, l'adversaire concentre sa défense sur Son», expliquait le sélectionneur Shin Tae-yong en mai. «Je pense qu'il s'en sort bien, mais pour devenir un grand joueur, il doit franchir cette barrière». Messi, lui aussi, est ciblé à chaque fois.

Une étape de plus donc, pour le joueur programmé pour tutoyer les sommets dès son plus jeune âge par son père Son Woon-jung, ancien joueur de soccer professionnel dont la carrière a été brisée à 28 ans par une blessure.

Son junior, lui, a quitté le lycée et la Corée du Sud à 16 ans pour rejoindre l'Allemagne et Hambourg, une décision rare pour un joueur asiatique qui l'a aidé à s'adapter aux standards européens.

Après un passage par Leverkusen, c'est à Tottenham qu'il explose aux yeux du Vieux continent : sa saison 2017-2018 a été couronnée par 18 buts et 11 passes décisives, dont un but en huitièmes de finale de la Ligue des champions face à la Juventus Turin.

Dans le club du nord de Londres, même dans l'ombre des Harry Kane, Dele Alli et Christian Eriksen, Son a fait l'unanimité. «C'est vrai qu'il ne reçoit pas autant d'attention médiatique que Kane ou d'autres joueurs, mais c'est bien de le reconnaître», explique son entraîneur en club Mauricio Pochettino.

«Toute l'équipe l'adore. Pas seulement en raison de ses performances, mais aussi de par sa manière d'être. Il est si humble et c'est un gars normal, ce qui le rend plus grand», ajoute Pochettino.

L'influence de Son se ressent jusque dans les assiettes des Spurs, quand il invite au centre d'entraînement des chefs pour leur préparer des plats coréens, du bulgogi (barbecue coréen), des japchae (nouilles) ou du samgyetang (soupe de poulet au ginseng).

En sélection, personne ne lui conteste la tête d'affiche... mais les bons résultats manquent.

Performer ou... servir dans l’armée

Aux Jeux de Rio en 2016, son parcours s'était arrêté en quarts de finale face au Honduras. Son s'était effondré sur la pelouse et avait sangloté avant d'être réconforté par ses coéquipiers.

Cette contre-performance peut lui coûter cher. En Corée, tous les hommes de moins de 28 ans doivent effectuer un service militaire de 21 mois, à l'exception des sportifs qui réussissent dans une compétition internationale avec la sélection.

S'habiller du kaki de l'armée pourrait donc être un frein majeur à sa carrière, rendant davantage crucial le match de samedi.