La Lettone Jelena Ostapenko, no 5 mondiale, s'est inclinée dès son entrée en lice face à la 66e mondiale, l'Ukrainienne Kateryna Kozlova, en deux sets (7-5, 6-3) dimanche.

La championne en titre Ostapenko déjà éliminée à Roland-Garros

PARIS — Au tapis dès son entrée en lice! La tenante du titre Jelena Ostapenko s'est fait surprendre, dimanche lors de la première journée de Roland-Garros, du jamais-vu depuis 13 ans pour une championne parisienne, alors qu'Alexander Zverev a franchi cette étape au pas de course.

Battue 7-5, 6-3 par la 66e mondiale, l'Ukrainienne Kateryna Kozlova, la Lettone est devenue la deuxième joueuse à perdre sa couronne dès son premier match depuis le début de l'ère professionnelle (1968), succédant ainsi à Anastasia Myskina dans ce palmarès tout sauf glorieux. En 2005, la Russe avait chuté face à l'Espagnole Maria Sanchez.

«J'ai senti que je n'étais pas moi-même sur le court. J'avais cette pression incroyable», a réagi Ostapenko, pas au meilleur de sa forme selon ses explications d'après-match.

Avec son jeu à risque et tout en puissance, la joueuse balte avait fait souffler un vent de fraîcheur sur les Internationaux de France l'an passé en y remportant le premier titre de sa carrière deux jours après son vingtième anniversaire.

Arrivée en toute discrétion à Paris, elle avait écarté quatre têtes de série — l'Australienne Samantha Stosur d'abord, la Danoise Caroline Wozniacki, la Suissesse Timea Bacsinzky et, en finale, la Roumaine Simona Halep, actuelle no 1 mondiale — alors qu'elle ne bénéficiait pas, elle-même, de ce statut (47e mondiale).

Cette amatrice de danse de salon, qui s'est récemment mise à la boxe après une rencontre avec Mike Tyson, avait continué de creuser son sillon en haut du classement WTA en accédant cette saison au top 5.

Mais dimanche, Ostapenko était dans un jour sans. «J'ai joué à 20 % de mes capacités. Je me suis beaucoup battue avec mon service (13 doubles fautes). Je suis très déçue et tellement en colère. Je voudrais pouvoir revenir en arrière», a expliqué la tenante du titre, en déplorant aussi son nombre vertigineux de fautes directes (48).

Son adversaire, elle, ne s'attendait pas à un tel dénouement. «Il y a deux mois, je ne savais pas si j'allais pouvoir participer à Roland-Garros [en raison d'une blessure au genou droit]. J'ai surtout essayé de prendre du plaisir», a affirmé Kozlova.

Au repos forcé depuis le début du mois de mars, l'Ukrainienne de 24 ans n'est revenue sur les courts qu'en début de semaine à Nuremberg (Allemagne). Encore trop juste, elle s'était inclinée face à la Paraguayenne Veronica Cepede (87e mondiale) 6-3, 6-4.

Sur le court central, elle a battu pour la première fois une joueuse du top 30 et créé par la même occasion la première grande sensation du tournoi. Après son exploit, elle affrontera la Tchèque Katerina Siniakova ou une ancienne no 1 mondiale, la Bélarusse Victoria Azarenka, au deuxième tour.

Venus Williams battue aussi

Une star est aussi déjà passée à la trappe, Venus Williams, impuissante face à la 91e mondiale, la Chinoise Wang Qiang (6-4, 7-5). L'aînée des soeurs Williams (37 ans et 9e mondiale) n'a plus atteint les quarts de finale à Paris depuis 2006 alors qu'elle avait accédé au moins au dernier carré des trois autres tournois majeurs (Open d'Australie, Wimbledon, US Open) l'an passé.

La lauréate de sept trophées en Grand Chelem, finaliste à Roland-Garros en 2002, a raté l'occasion de revenir dans la partie lorsqu'elle a mené 3-0 dans la seconde manche.

Zverev était pressé

Alexander Zverev, l'un des rares sérieux concurrents de Rafael Nadal à Roland-Garros, a lui démarré en trombe l'édition 2018 que le champion espagnol, en quête d'un onzième trophée, attaquera lundi.

Le jeune Allemand, no 3 mondial et tête de série no 2 en l'absence de Roger Federer, a écrasé le Lituanien Ricardas Berankis (92e mondial) en 69 minutes et trois sets secs (6-1, 6-1, 6-2).

Cette première marche n'était pas très haute, son adversaire n'ayant jamais remporté un match à Paris en quatre participations. Mais les débuts sur l'ocre de la Porte d'Auteuil peuvent se révéler plus compliqués que prévu.

Le grand «Sasha» (1,98 m) l'avait constaté à ses dépens l'an passé. Tout frais lauréat du Masters 1000 de Rome, il avait chuté d'entrée face à l'Espagnol Fernando Verdasco.