La chaleur, adversaire de taille pour les Jeux d’hiver

OTTAWA — Les Jeux olympiques d’hiver ont un nouvel adversaire qui pourrait les envoyer au tapis : le réchauffement climatique. Selon une nouvelle mise à jour d’une étude dirigée par un professeur de géographie de l’Université de Waterloo, Daniel Scott, le nombre de villes pouvant accueillir les Jeux d’hiver risque de fondre comme neige au soleil.

Avant 1960, les sept Jeux olympiques d’hiver se sont déroulés sous une température moyenne de 0,4 °C. De 1960 à 2000, elle s’est élevée à 3,1 °C. Les quatre Jeux de ce siècle ont été disputés sous une température moyenne de 7,8 °C.

Le Comité international olympique ne s’est pas aidé dans le choix de ses villes-hôtesses. Ainsi, Sotchi (2014) est une ville de villégiature dotée d’un climat subtropical qui accueille les Russes désirant échapper aux rigueurs de l’hiver. Vancouver (2010) arrive au deuxième rang du classement des villes canadiennes les plus chaudes en hiver, derrière Victoria.

La température hivernale moyenne de chacune des 19 villes-hôtesses des Jeux d’hiver est maintenant plus chaude en hiver que lors de la présentation de Jeux dans chacune d’entre elles, a souligné M. Scott. D’ici 2050, si la tendance se poursuit, seulement 11 de ces 19 villes pourraient encore accueillir les athlètes olympiques. D’ici la fin de ce siècle, ce nombre chutera à huit. Au Canada, seules les villes de Calgary et d’Edmonton pourraient de façon réaliste accueillir les Jeux à l’avenir. 

M. Scott a dit avoir entrepris cette recherche avant les Jeux de Sotchi afin de lancer un débat sur les changements climatiques. Il a ajouté qu’une planète plus chaude nuit aussi à l’entraînement des athlètes de sports d’hiver, particulièrement pendant la saison morte. L’équipe canadienne de ski de fond a dû annuler son entraînement estival prévu en Italie en août dernier en raison d’une vague de chaleur qui a empêché l’accès à un glacier ouvert au ski d’été.