Après avoir vu son numéro retiré par le Lightning il y a moins de deux mois, Vincent Lecavalier (à gauche, photographié avec le commissaire Gilles Courteau) a été intronisé au Temple de la renommée de la LHJMQ, mercredi.

La belle année de Lecavalier

Si certains ont pu être témoins des exploits de Guy Lafleur, Mario Lemieux ou même Alexandre Daigle quand ils étaient d’âge junior, pour d’autres, c’est Vincent Lecavalier qui a marqué l’imaginaire.

L’ancien de l’Océanic de Rimouski est entré mercredi dans le groupe de immortels de la LHJMQ en étant intronisé au Temple de la renommée en compagnie de Stéphane Quintal, Marc Denis, Danny Groulx et Éric Taylor. Une cérémonie qui survient un peu moins de deux mois après avoir que Lecavalier ait vu son chandail numéro 4 être retiré par le Lightning de Tampa Bay, qui en avait fait le premier choix de la LNH en 1998.

«J’ai reçu l’appel du commissaire Gilles Courteau au mois d’octobre et je savais déjà que mon chandail allait être retiré. C’est tout un honneur et c’est une belle année», a affirmé Lecavalier.

Sélectionné au quatrième rang par l’Océanic de Rimouski en 1996, lors d’un repêchage qui comprenait aussi des joueurs comme Simon Gagné, François Beauchemin et Alex Tanguay, Lecavalier a évolué pendant deux saisons dans la LHJMQ, amassant 86 buts et 217 points en 122 parties. Il garde de bons souvenirs de son passage à Rimouski, dont l’affrontement contre les Remparts de Québec lors des séries de 1998.

Lecavalier y a également fait l’apprentissage de la pression. «Ça m’a vraiment préparé à la LNH et ç’a été une belle expérience. J’avais joué au secondaire en Saskatchewan devant 100 étudiants et tout à coup, je jouais à Rimouski devant 5000 spectateurs. Ce que j’ai vécu avec l’Océanic m’a beaucoup aidé pour mon passage à la LNH. On me parlait de pression chez les professionnels, mais je l’avais déjà vécue dans la LHJMQ.»

Quintal émotif

Quintal n’a peut-être pas reçu autant d’attention médiatique que Lecavalier, mais ça ne l’a pas empêché de rouler sa bosse dans la LNH pendant 16 saisons, dont sept avec le Canadien. Le grand défenseur, qui a joué trois ans dans la LHJMQ avec les Bisons de Granby et les Olympiques de Hull, était un peu plus émotif.

«Mes parents sont un peu plus vieux et ils ont fait beaucoup de sacrifices quand j’évoluais dans le hockey mineur pour que j’atteigne les juniors. De pouvoir leur dire à quel point ils m’ont aidé et ce qu’ils représentent pour moi, c’est ce que représente cette soirée», a déclaré Quintal, dont le père souffre d’un cancer.

Denis, un ancien gardien de but devenu analyste à RDS, a tellement vécu de bons moments avec les Saguenéens de Chicoutimi, avec qui il a passé toute sa carrière dans la LHJMQ, qu’il occupe maintenant le poste de vice-président de l’équipe. Son intronisation est en quelque sorte l’honneur ultime de sa carrière de joueur, qui l’a menée au sein de quatre équipes de la LNH.

«C’est une soirée pour remercier tous les gens qui nous ont aidés. La reconnaissance que nous recevons aujourd’hui vient valider bien des choses à propos de notre carrière et ça me motive à continuer de défendre les valeurs que le hockey m’a transmises. La LHJMQ a fait des pas de géants dans plusieurs facettes et je veux faire partie de cette évolution, tant sur la glace que sur les bancs d’école.»

Groulx, lui, est encore à ce jour le défenseur le plus prolifique de l’histoire du circuit. Il a obtenu 332 points en cinq saisons avec les Foreurs de Val-d’Or, le Titan d’Acadie-Bathurst et les Tigres de Victoriaville. Quant à Taylor, il a agi comme recruteur professionnel et dg du Junior de Montréal et du Canadien Junior de Verdun. Il a gagné deux fois le championnat de la LHJMQ et il a participé à trois finales en sept ans.

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LE NOM DE LAFRENIÈRE FAIT DU MILLAGE

Même s’il demeure à 2914 kilomètres de Rimouski, Vincent Lecavalier a entendu parler d’Alexis Lafrenière, nommé recrue de l’année lors du gala des Rondelles d’or, mercredi à Brossard. «Je n’ai pas eu la chance de voir jouer Alexis Lafrenière de mes propres yeux, Rimouski c’est un peu loin de chez nous, mais on m’en a beaucoup parlé», a déclaré en riant le résident de Tampa sur le site Web de la LHJMQ. «Tout le monde à qui j’ai parlé semble convaincu qu’il aura une grande carrière et elle s’amorce dans un milieu fantastique.»

Lafrenière est devenu le premier Québécois depuis Charles Hudon, en 2010-2011, à être nommé la recrue de l’année. «C’est un bel honneur d’être nommé la recrue de l’année. C’est bien de montrer que les joueurs québécois peuvent faire leur place devant les Européens», a affirmé le jeune attaquant, qui a récolté 80 points, dont 42 buts. L’Océanic a récolté un deuxième honneur lorsque Serge Beausoleil a reçu le trophée Maurice-Fillion remis au directeur général de l’année.  Avec Le Soleil