Mené par un set et un bris, Nick Kyrgios a eu droit à un discours d'encouragement de la part de l'arbitre Mohamed Lahyani. Par magie, l'Australien s'est ensuite ressaisi et a vaincu le Français Pierre-Hugues Herbert.

Kyrgios reçoit un coup de pouce... de l'arbitre

NEW YORK — Scène inédite aux Internationaux des États-Unis, jeudi : en plein match contre Pierre-Hugues Herbert, l’arbitre est intervenu pour encourager Nick Kyrgios à se reprendre.

Mené par un set et un bris, Kyrgios montrait des signes de frustration évidents, se déplaçant à peine et commettant des fautes grossières, quand le Suédois Mohamed Lahyani a profité d’un changement de côté pour descendre de sa chaise et s’adresser directement, en tête à tête, à l’Australien de 23 ans, assis sur sa chaise l’air dépité. «Je veux t’aider. Je vois tes matchs et tu es quelqu’un de formidable pour ce sport. Ce n’est pas toi, je le sais», a-t-on pu entendre.

Kyrgios, qui a déjà été suspendu par l’ATP pour un manque d’effort dans un match, a fini par remporter le second set au jeu décisif (8 points à 6) et a empoché les deux manches suivantes pour s’imposer 4-6, 7-6 (6), 6-3 et 6-0. «Ça n’a pas eu d’effet du tout. Pas du tout», a assuré l’Australien, expliquant avoir déjà connu des situations comparables, dans lesquelles des arbitres l’invitaient à ne pas laisser filer le match. «Ça ne m’a pas aidé du tout», a-t-il insisté. «Il ne m’a pas coaché du tout, c’est ridicule.»

«Il n’a pas à faire ce qu’il a fait», a déploré Herbert. «Ce n’était pas son rôle, ce n’est pas un entraîneur, c’est un arbitre et il n’a pas à descendre de sa chaise. Un arbitre n’a pas à aider un joueur. [...] On ne saura jamais ce qui se serait passé si Mohamed n’était pas descendu de sa chaise et ne lui avait pas parlé.

«Je ne peux pas vous assurer que Mohamed a changé le cours du match, mais je ne peux pas vous assurer que ça n’a pas eu un impact. Tout ce que je peux dire, c’est qu’à partir de ce moment-là, il est devenu un autre joueur. Avant, il n’était pas impliqué, faisait des doubles fautes... À partir du moment où Mohamed est descendu, il s’est mis à serrer le poing, à s’encourager, et surtout, il s’est mis à jouer à un niveau où je n’ai pas du tout pu suivre.»