Avec ses yeux bleus, son cou de taureau et ses muscles saillants, Angle ne passe pas inaperçu. Il a été intronisé au Temple de la renommée de la WWE.

Kurt Angle, une vie de luttes

PARIS — Si un chat a neuf vies, Kurt Angle en a peut-être eu autant. Roi aux Jeux d’Atlanta sur les tapis de lutte, légende des rings de la lutte WWE, personnage au cinéma et même dans un jeu vidéo, l’Américain a vécu ses multiples destins à fond, surpassant sans s’économiser les addictions comme les drames personnels.

Aujourd’hui âgé de 48 ans, Angle a brûlé la chandelle par les deux bouts et la vie ne l’a pas épargné. Son entraîneur de toujours a été assassiné quelques mois avant les Jeux olympiques de 1996, son frère David a été condamné pour le meurtre de sa femme en 2015...

Il n’aurait même pas dû participer aux JO de 1996 et encore moins être sacré à Atlanta. La faute à une vilaine blessure lors des qualifications américaines. Mais même deux hernies discales, deux vertèbres cassées et quatre claquages du cou n’ont pas pu ralentir l’Américain dans sa quête olympique.

«Heureusement, j’ai trouvé un docteur suffisamment fou ou suffisamment intelligent pour me laisser combattre», explique-t-il aujourd’hui, plus de 20 ans après son titre en lutte libre. «Il m’a dit : “Tu ne peux plus t’entraîner et si tu vas aux Jeux, on va t’injecter dans le cou pour que tu ne puisses pas sentir la douleur”.»

Incapable de bouger une heure après chaque combat, Angle est tout de même allé au bout. En risquant la paralysie à chaque mouvement. «Si c’était à refaire, je ne changerais rien», affirme Angle sans hésiter. «C’est tout ce que j’ai toujours voulu. Ce qui s’est passé après, ce n’est que la cerise sur le gâteau. Ce titre olympique a fait de moi ce que je suis aujourd’hui.»

Constamment à la recherche d’adrénaline, Angle est tombé dans l’addiction. L’alcool, la morphine, le Xanax, mais aussi les antidouleurs, qu’il a connus après ses nombreuses blessures (visage, opérations des genoux, épaules disloquées, déchirures ligamenteuses et musculaires, débris retirés de sa colonne...), étaient autant d’occasions de retrouver cette «montée» découverte à Atlanta.

«Rien au monde ne me permettait de retrouver cette sensation. Il m’a fallu un long moment pour le comprendre», admet-il, lucide sur ses démons.

Toujours dans la WWE

Apaisé, Angle continue aujourd’hui à travailler à la WWE (World Wrestling Entertainment), l’enseigne phare de la lutte, après 21 ans d’une carrière sur les rings qui l’a vu monopoliser tous les titres professionnels, dont six de champion du monde, après avoir dominé la lutte amateur (titres universitaires, championnats du monde, Jeux olympiques...).

«Directeur de RAW», l’une des divisions de la WWE, il s’est même permis, il y a quelques semaines, de revenir combattre pour remplacer au pied levé Roman Reigns, une des vedettes actuelles, de 16 ans son cadet. Avec ses yeux bleus, son cou de taureau et ses muscles saillants, Angle ne passe pas inaperçu. Récemment introduit au Temple de la renommée de la WWE, il a le sens du spectacle.. Du genre à participer au naver Sharknado 2 ou bien à s’offrir une apparition dans le film d’horreur Dylan Dog avant de jouer un colosse aux côtés de Vin Diesel dans Le dernier chasseur de sorcières.

Le voilà aussi devenu personnage de jeu vidéo puisque son avatar figure dans la dernière mouture du jeu de lutte WWE 2K18. Inarrêtable.