La cycliste Kristina Vogel garde le sourire malgré le drame qui la confine à une chaise roulante.

Kristina Vogel paralysée, mais toujours championne

BERLIN — «Je sais que je ne marcherai plus jamais, mais peut-être que je gagnerai ma 12e médaille d’or ailleurs.» La cycliste allemande Kristina Vogel, championne olympique de vitesse par équipes (2012) et 11 fois championne du monde sur piste, s’est voulue optimiste mercredi pour sa première sortie devant la presse depuis l’accident l’ayant laissée paralysée des jambes, fin juin.

«Qu’est-ce que je dois regretter? La situation est ce qu’elle est. Je vais évidemment trouver d’autres buts», a lancé la jeune femme de 27 ans, souriante, assise sur un fauteuil roulant dans les locaux de la clinique berlinoise où elle a été prise en charge, et où elle avait décidé de convoquer la presse.

En fin de semaine dernière, elle avait accordé un entretien exclusif au magazine Der Spiegel, pour annoncer publiquement qu’elle était désormais paraplégique après être entrée en collision à pleine vitesse avec un autre cycliste, néerlandais, à l’entraînement sur une piste bétonnée du vélodrome de Cottbus. Elle a eu la moelle épinière sectionnée au niveau de la septième vertèbre.

«Pas une machine»

«Je ne suis pas une machine, il y a eu des moments où j’ai dû apprendre à laisser sortir les larmes», admet-elle. «Mais je suis là, même sur deux roues ou sur quatre roues. Je ne dois pas me cacher, je voudrais être indépendante.»

Interrogée sur ses espoirs perdus d’améliorer son palmarès, elle se montre stoïque. «J’aurais volontiers battu ce record. C’est un rêve qui m’est désormais interdit. Mais peut-être que je gagnerai ma 12e médaille d’or ailleurs», a-t-elle dit, sans préciser si elle envisageait un jour de se lancer dans une discipline handisport.

Pour la première fois depuis l’accident, les médecins l’ont autorisée à rentrer chez elle, à Erfurt, dans les prochains jours. «Je me réjouis de pouvoir de nouveau dormir dans mon lit, de faire la cuisine moi-même, d’être pour la première fois dans mes murs, d’être seule avec mon compagnon. Je veux reprendre la vie et renoncer au maximum aux aides extérieures.»

Après avoir remercié son compagnon Michael, elle a également dit combien les marques de soutien l’avaient surprise et émue. «Ça m’a touché très profondément, et ça m’a donné de l’énergie positive. J’ai pleuré de joie, lorsque je suis sortie du coma et que j’ai découvert tous les messages venus du monde entier.»