Kirk Muller lors de la conquête de la Coupe Stanley en 1993.
Kirk Muller lors de la conquête de la Coupe Stanley en 1993.

Kirk Muller revit ses jours de gloire avec le Canadien pendant le confinement

MONTRÉAL — Pendant la journée, Kirk Muller s’occupe de l’entretien du terrain de sa résidence d’été à Kingston, en Ontario. Le soir, il revit des grands moments de sa carrière de joueur et parle hockey avec son beau-fils Brad Malone, de l’organisation des Oilers d’Edmonton.

Comme plusieurs, Muller a noté que le confinement provoqué par la pandémie de nouveau coronavirus lui permet de passer du temps de qualité en famille. Deux de ses quatre filles sont revenues au nid familial pendant le confinement, amenant avec elles leur petite famille.

Puisque les réseaux sportifs n’ont pas de sport en direct à présenter, plusieurs ont fouillé dans les archives et Muller se retrouve à l’avant-plan de quelques rencontres qui ont été télédiffusées.

«C’est amusant de pouvoir regarder les reprises de la finale de 1993 à la télévision, a mentionné l’entraîneur associé du Canadien de Montréal lors d’une conférence téléphonique, jeudi. Je n’ai jamais pris le temps de m’asseoir et de montrer ça à mes filles. C’est agréable de partager ça avec elle et Brad Malone, qui est un joueur actif et avec qui je m’amuse à comparer le jeu avec celui d’aujourd’hui.»

Muller a remporté la coupe Stanley en 1993, aidant le Canadien à vaincre les Kings de Los Angeles de Wayne Gretzky en cinq rencontres. Il a inscrit le but vainqueur lors du match ultime, remporté 4-1 par le Tricolore au Forum. Muller a raconté toujours posséder dans sa collection une rondelle et les gants utilisés lors de ce match.


« Tous les jeunes qui grandissent au Canada rêvent de marquer le but vainqueur en finale de la Coupe Stanley. Dans mon cas, ce rêve est devenu réalité, a dit Muller. De marquer ce but, au vieux Forum, devant ma famille et les partisans, il est impossible d’avoir un moment plus mémorable en tête, particulièrement ces jours-ci. »
Kirk Muller

Des solutions pour l’avantage numérique?

Les vieilles rencontres servent aussi de point de départ pour de nombreuses discussions entre Muller et Malone, qui a disputé 199 matchs dans la LNH, mais qui a passé le dernier hiver au sein du club-école des Oilers dans la Ligue américaine de hockey.

Muller continue de garder contact avec l’entraîneur-chef Claude Julien et les autres entraîneurs adjoints du Tricolore pendant le confinement. Il a toutefois admis qu’il n’hésitait pas à faire un remue-méninge avec Malone.

«Il est un gars qui joue en infériorité numérique et c’est amusant de pouvoir discuter de ça avec lui, a mentionné Muller au sujet de Malone, qui est marié à sa fille Bryelle. Si vous regardez l’avantage numérique des Oilers, les cinq joueurs travaillent ensemble pour provoquer quelque chose. Nous devons aussi travailler en unité de cinq. Vous ne pouvez pas seulement tenter de remettre la rondelle à ‘Webby’ (Shea Weber) pour qu’il décoche un tir.»

Le Canadien se classait au 22e rang de la LNH avec une efficacité en avantage numérique de 17,7 % au moment de l’arrêt des activités, le 12 mars. Cet aspect du jeu a souvent coulé le Tricolore, étant souvent incapable de générer quoi que ce soit alors que l’équipe avait besoin d’un but clé.

Mais comme Muller l’a rappelé, le Canadien a connu du succès en avantage numérique à l’étranger, avec une efficacité de 24,7 %, comparativement à 12,4 % à domicile.

«Je crois que notre habileté à marquer à l’étranger venait de notre capacité à garder le jeu simple, à décocher des tirs, a affirmé Muller. Nous devons apprendre à faire des jeux simples à domicile, comme nous le faisons à l’étranger.»

La santé comme priorité

Muller n’a pas voulu s’avancer sur quand et de quelle façon la LNH reprendra ses activités. Il a rappelé que la priorité était la santé de tous et que l’incertitude entourant la reprise éventuelle de la saison est bien différente que lors des lock-out qu’il a vécus comme joueur ou entraîneur.

«C’étaient des situations d’affaires et la reprise du jeu dépendait des négociations. Là, c’est lié à un virus et tout le monde est affecté, a-t-il rappelé. Le public, les joueurs, les entraîneurs et les propriétaires sont tous dans le même bateau.

«La source de stress présentement est liée à la santé. Nous avons tous des parents plus âgés ou des grands-parents, dont certains sont peut-être plus vulnérables. (...) J’espère que tout le monde respecte les règles de précaution et d’éloignement social.»

Muller a raconté que le confinement était particulièrement difficile pour sa mère, isolée dans son domicile, aussi à Kingston. Il a toutefois ajouté qu’elle avait beaucoup de plaisir à pouvoir regarder des vieux matchs à la télévision. Après tout, quoi de mieux pour passer le temps que de revoir son fils soulever la coupe Stanley.