Le Québécois, Mikaël Kingsbury, a signé sa neuvième victoire sur les pentes finlandaises, et obtenu son 82e podium en carrière sur le circuit de la Coupe du monde.
Le Québécois, Mikaël Kingsbury, a signé sa neuvième victoire sur les pentes finlandaises, et obtenu son 82e podium en carrière sur le circuit de la Coupe du monde.

Kingsbury triomphe en bosses à Ruka et signe sa 57e victoire en carrière

Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse Canadienne
MONTRÉAL — Mikaël Kingsbury a souligné son 100e départ en carrière en Coupe du monde de ski acrobatique en signant sa 57e victoire en carrière, samedi. Et pas de n'importe quelle manière.

L'athlète âgé de 27 ans a offert une performance sans faille en super-finale à Ruka, en route vers un impressionnant pointage de 90,80 points — son meilleur en carrière en Finlande. Kingsbury a devancé dans l'ordre le Japonais Ikuma Horishima, auteur d'un score de 87,39, et le Suédois Walter Wallberg, à 86,83.

Le Québécois a ainsi signé sa neuvième victoire sur les pentes finlandaises, et obtenu son 82e podium en carrière sur le circuit de la Coupe du monde. Le principal intéressé a toutefois juré ne pas avoir songé à ces nombreux plateaux au fil de la compétition.

«Cent, c'est un beau chiffre rond. Et ça me fait maintenant un taux de victoires de 57 %, et un taux de podium de 82 %, a-t-il d'abord dit. C'est cool, mais je n'y ai pas pensé. J'accorde beaucoup d'importance à la première course de la saison, parce que notre saison morte est tellement longue et qu'on s'entraîne tellement fort. Tout le monde est au sommet de sa forme, et tout le monde skie à son maximum, donc ça donne une course solide.

«C'était important pour moi de bâtir mon momentum ici, pour la suite de la saison.»

Cependant, contrairement à ce que laisse croire son pointage en super-finale, le bosseur de Deux-Montagnes n'a pas survolé la compétition d'un bout à l'autre.

Il a été devancé par Wallberg en finale — «j'ai commis quelques petites erreurs», a convenu Kingsbury par la suite —, mais ça n'a pas paru l'affecter outre mesure. D'ailleurs, après avoir appris qu'il terminait au deuxième rang, Kingsbury, débordant de confiance, a simplement déclaré à la caméra : «Watch out, Walter!»

Et ce qui devait arriver, arriva.

Le King des bosses s'est élancé avant Wallberg en super-finale, en sachant que le Suédois âgé de 19 ans allait devoir composer avec la pression de s'élancer en dernier.

«Quand j'ai atterri mon saut du haut (en super-finale), j'ai réalisé que je me sentais beaucoup mieux que lors de la descente précédente, a-t-il expliqué. J'ai ensuite bien atterri mon saut du bas, et quand j'ai croisé le fil d'arrivée, je savais que j'avais battu Walter.

«C'était la première fois qu'il partait en dernier en super-finale, et je sais qu'il avait entendu mon score en haut de la piste, après ma run. Ça lui a peut-être mis un peu de pression, a-t-il ajouté. Vous savez, dans ces moments-là, partir dernier ça vous joue vraiment dans la tête — ça m'est arrivé plusieurs fois, comme aux JO à Sotchi, derrière Alex Bilodeau. […] Il faut que tu restes dans ta bulle.»

Outre Kingsbury, Kerrian Chunlaud, de Sainte-Foy, s'est aussi faufilé en super-finale. Il a cependant commis une erreur à l'approche du deuxième saut, l'empêchant de prendre son envol. En conséquence, le Québécois d'origine française a conclu la compétition au sixième échelon, avec 55,46 points.

Pour sa part, Laurent Dumais, de Québec, s'est contenté de la 15e place.

Des nouveaux sauts à Thaiwoo?

Même s'il partait avant-dernier en super-finale, Kingsbury n'a pas ressenti le besoin d'exécuter ses nouvelles manoeuvres aériennes. Il faudra donc patienter encore un peu avant de pouvoir les observer une première fois en compétition.

«Je ne sentais pas le besoin de le faire, parce qu'Ikuma a tenté les mêmes sauts que moi [en super-finale]. Je savais donc que ça se jouerait au niveau de l'exécution, a déclaré Kingsbury. La piste à Ruka est très rapide, et les sauts sont très prononcés, donc les chances de rater un nouveau saut sont très élevées ici. Je ne me sentais pas tellement confortable de les sortir ici.

«On s'en va maintenant en Chine, où la piste est moins dénivelée et souvent plus propice à tenter de nouveaux sauts. Ce sera peut-être un bon endroit pour le faire», a-t-il évoqué, sans s'avancer davantage.

Les bosseurs se déplaceront donc vers Thaiwoo, en Chine, pour la deuxième escale de la saison en Coupe du monde de ski acrobatique. Celle-ci se déroulera les 14 et 15 décembre, avant la pause du temps des Fêtes.

Quant à savoir si Kingsbury allait prendre des mesures spéciales cette fois-ci, après avoir été affecté par un puissant virus qui l'a affecté en pleine compétition là-bas l'an dernier, le principal intéressé n'a pu s'empêcher de blaguer.

«Je me suis amené une grosse chaudière de Purel !», s'est-il exclamé.

Justine Dufour-Lapointe chute en super-finale

Du côté féminin, Justine Dufour-Lapointe a fini en sixième et dernière place de la super-finale.

La Montréalaise, double médaillée olympique, a raté l'atterrissage de son premier saut, l'éjectant du même coup du podium. Elle s'est cependant bien reprise lors de son deuxième, un truck driver, qui lui a permis d'amasser 46,98 points.

Pendant qu'elle attendait la décision des juges dans l'aire d'arrivée, Dufour-Lapointe s'est faite rassurante quant à son état de santé: «Ça va bien, maman!»

Sa soeur aînée, Chloé Dufour-Lapointe, a abouti au 13e échelon.

La compétition a été remportée par la Française Perrine Laffont avec un pointage de 82,72 points. La Japonaise Anri Kawamura a suivi en deuxième place avec 81,26 points, devant l'Australienne Britteny Cox (78,29).