Kevin Bizier, qui a encaissé sa première défaite chez les pros le 30 novembre, ne sait pas quand il remontera dans le ring. Il discutera avec son promoteur Yvon Michel au lendemain du combat entre Jean Pascal et Lucian Bute qui aura lieu le 18 janvier.

Kevin Bizier relève la tête

Kevin Bizier a passé un bon temps des Fêtes, tranquille. «D'habitude, tout le monde me parle de ma récente victoire. Là, disons que c'était plus relax. On parlait d'autre chose», confie le boxeur, victime de sa première défaite chez les professionnels le 30 novembre.
Premier revers en 22 combats, après plus de cinq ans dans les rangs pros. Le pugiliste de 29 ans de Saint-Émile a perdu par décision partagée un affrontement de 12 rounds digne du combat de l'année, contre le Montréalais d'origine roumaine Ionut «Jo Jo» Dan. Mieux classé et favori local, au Colisée de Québec, Bizier s'attendait à bénéficier de la faveur des juges. Il en a été autrement.
«Ce n'est pas si démoralisant, je pensais avoir la décision. Je crois avoir donné les plus gros coups», explique celui qui a depuis visionné le combat à deux reprises. «Mais ce n'est pas ce qui s'est passé. Je n'ai peut-être pas assez respecté Jo Jo Dan, je voulais juste l'envoyer au plancher. Je n'étais pas intelligent, dans ce combat-là», réfléchit-il à voix haute.
Il reconnaît avoir ressenti une certaine lassitude à la fin de son camp d'entraînement. Camp où il avait subi une blessure au coude gauche qui l'a handicapé jusqu'au soir du 30 novembre.
La vie continue
Mais il a perdu et la vie continue. Après s'être empiffré à souhait en décembre, voilà Bizier de retour à l'entraînement. Poids mi-moyens en compétition, soit 147 livres, il pèse actuellement 165 livres. Moins qu'il y a quelques semaines.
Il ne sait pas quand il remontera entre les câbles, mais il sera prêt. «Plus déterminé que jamais!» promet-il. Bizier attendra au lendemain du choc entre Jean Pascal et Lucian Bute, le 18 janvier, pour discuter avec son promoteur, Yvon Michel, aussi responsable de la carrière de Pascal. Il dit favoriser Pascal pour sa puissance, sans oublier que Bute était du côté de Dan, son compatriote roumain.
«La pire chose après une défaite, c'est de rester inactif. J'espère reboxer bientôt. C'est sûr qu'un jour je vais de nouveau affronter Jo Jo Dan, quand il voudra. Mais pour l'instant, j'ai juste besoin de remonter dans le ring.»
Bizier est passé de troisième à septième aspirant à la ceinture mondiale de l'IBF, Dan de neuvième à deuxième. Une semaine après la victoire de Dan sur Bizier, le sixième aspirant d'alors, Shawn Porter, a vaincu le champion Devon Alexander par décision unanime.
En attendant, Bizier passe plus de temps avec son amoureuse et leur fille d'un an. Il s'entraîne avec son père, son frère et sa soeur au club de boxe familial, tout juste déménagé dans un espace plus spacieux. Sur la 1re Avenue, à Charlesbourg, Le Cogneur occupait deux étages de 2200 pieds carrés chacun. Bizier et consorts disposent dorénavant de 8500 pieds carrés sur un plancher, le quatrième du Centre Horizon, sur la 4e Rue, dans Limoilou.
Patriarche du clan à 65 ans, Rémi a toujours la tête pleine de projets. Il veut tenir des galas sur place et, avec la possibilité d'installer deux rings, présenter des compétitions provinciales comme les Gants dorés. À long terme, il souhaite accueillir les championnats canadiens de boxe amateur.
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Dominic Picard a la piqûre
Kevin Bizier ne manque pas de motivation, surtout après sa première défaite en carrière pro. Mais le fait de s'entraîner aux côtés d'un champion de la Coupe Grey ne peut que lui être bénéfique. Joueur de centre des Roughriders de la Saskatchewan, Dominic Picard a la piqûre de la boxe. Il s'entraîne au Cogneur depuis trois ans, durant la saison morte. Dans son cas, au contraire des véritables boxeurs, l'expression «faire le poids» s'avère un défi à la hausse. Picard a commencé la saison dernière avec joie à 305 livres et, 22 matchs et un titre de champion plus tard, il avoisine 295.
Début décembre, les Roughriders ont prolongé le contrat de Picard jusqu'au terme de la campagne 2015, qui sera sa 10e dans la Ligue canadienne de football. L'ancien du Rouge et Or de l'Université Laval (2002 à 2005) prépare son école de football pour une troisième année, ce printemps, à Québec, et commence à se placer les pieds pour une future carrière d'entraîneur.