Simon Kean après sa victoire

Kean liquide Braidwood

SHAWINIGAN — Une fois les réseaux sociaux de côté, Simon Kean n’a pas mis de temps à laisser parler son talent entre les câbles. Samedi soir, dans un Centre Gervais Auto rempli à craquer, le Grizzly trifluvien a liquidé Adam Braidwood dès le troisième round grâce à un T.-K.-O. spectaculaire, au grand plaisir des 4862 spectateurs.

«Je suis heureux, j’ai pu mettre un point d’exclamation sur ce combat qui était tant attendu. J’ai prouvé au monde que j’étais 100 fois meilleur que lui. Je l’ai dominé sur toute la ligne!», a lancé aux médias l’olympien de 29 ans qui a du même coup conservé
son titre IBO Intercontinental en plus de mettre la main sur la ceinture WBC Francophone des poids lourds.

Après un premier round sans trop d’histoire, au cours duquel il a tout de même mené les échanges, Kean (15-0, 14 K.-O.) a déstabilisé son rival britanno-colombien pour une première fois au deuxième round. Grâce à un direct incisif, le favori de la foule a rapidement ouvert l’arcade sourcilière
gauche du Boogeyman qui n’a jamais été en mesure d’imposer son rythme.

Au troisième assaut, Kean n’a pas laissé le temps à son adversaire de retrouver ses esprits et a continué d’appliquer son jab avec insistance et précision. Puis, une solide combinaison a littéralement fait perdre la carte à Braidwood (12-2, 12 K.-O.) qui a fini sa valse pendu par-dessus les câbles. L’intervention de l’officiel Mike Griffin, à 1:32 du troisième round, a aussitôt fait lever le toit du Centre Gervais
Auto, confirmant du même coup le 14e K.-O. en carrière de Kean en 15 combats.

Simon Kean a vaincu Adam Braidwood.

«Je m’attendais à le démolir et c’est ce que j’ai fait. Je donne quand même du crédit à Adam qui est venu ici pour se battre. La hache de guerre est enterrée maintenant», a souligné le grand héros de la soirée.

Alors que plusieurs personnes semblaient douter des chances de son poulain de vaincre l’ancien footballeur professionnel, Jimmy Boisvert estime que cette performance sans faille saura réduire ses détracteurs au silence. «Je suis tanné un peu de ceux qui doutent du talent de Simon. Je ne dis pas qu’il va devenir
champion du monde tout de suite, mais on veut juste qu’il reçoive un peu de mérite pour ce qu’il fait. J’espère que ça va faire taire ses dénigreurs.»

Une fois les blessures pansées par les médecins, c’est un Braidwood plutôt serein qui s’est adressé aux médias. Questionné à savoir ce que ce combat lui avait appris, il a répondu avec sa verve habituelle. «J’ai appris que je devais être meilleur!»

«L’expérience de Simon a fait la différence. C’était un honneur pour moi d’affronter le meilleur boxeur au Canada.
J’aimerais qu’il me donne une autre chance dans un an», a commenté le protégé de Mel Lubovac chez KO Boxing, qui compte déjà remonter dans le ring en septembre à Edmonton.

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L'Albertain Eric Taylor faisait face au boxeur bien connu en Mauricie, François Pratte, qui a gagné le combat.

Pratte entre dans l'équipe!

Plus rapide et efficace dans ses esquives, François Pratte a réussi son opération séduction auprès de Eye of the Tiger Management, samedi, en battant l’Albertain Eric Taylor par décision unanime des juges (60-54), devant une foule conquise.

L’entrée de Pratty Boy annonçait une autre belle soirée pour lui à Shawinigan. Vêtu du chandail des Cataractes, il a par la suite fait parler son talent dans l’arène. En vertu de cette domination, il méritera un contrat de cinq combats avec EOTTM.

Le jab a fonctionné à merveille tandis que Taylor, un type plus gros que lui, ne l’a presque pas atteint. Une ou deux fois, maximum. «C’est le gars le plus dur que j’ai eu à affronter, il était devant moi au classement canadien», rappelait Pratte, dans le couloir menant aux vestiaires, après avoir reçu les félicitations de la foule et du promoteur Camille Estephan.

«On a suivi le plan de match, nous avons fait ça de manière intelligente. Taylor était là pour gagner. Je suis très heureux de la victoire et très confiant face à l’avenir, surtout que je sais que je vais me battre dans une catégorie plus basse [chez les plumes plutôt que chez les super-plumes, comme ce fut le cas samedi].»

Si Pratte avait été convaincant le 10 février dans ce même amphithéâtre contre Daniel Cruz, il a été encore meilleur devant Taylor, qui a commencé à souffrir à la quatrième reprise. «Mais il récupérait bien. C’était un gars en forme et ça paraissait. Le hic, c’est que j’étais en forme moi aussi!»

Estephan ravi

Chose promise, chose due. Estephan prendra le temps de s’asseoir avec Pratte dans les prochains jours afin régler les détails de l’entente qui le liera à son écurie pour au moins cinq combats. «Vous pouvez écrire qu’il fait partie de Eye of the Tiger Management. Il sera bientôt officiellement dans l’équipe.»

En vertu des victoires des Mauriciens samedi, on peut donc dire que Eye of the Tiger Management a eu raison des protégés de K.O. Boxing deux fois plutôt qu’une, Taylor faisant partie lui aussi de l’équipe de la promotrice Mel Lubovac. «C’était un de ses bons combats, analysait Jimmy Boisvert. Le défi était grand, il a bien répondu. Parfois, François a tendance à se montrer un peu têtu, mais pas [samedi soir]. C’est une grande preuve de maturité», estimait Boisvert.

Un entraîneur fier

Le clan rapproché de Pratte a savouré cette belle victoire. Dans les estrades, son premier entraîneur, Yves Pratte, était parmi les plus fiers.

Les deux n’entretiennent aucun lien familial, mais ils sont tout de même encore très proches. «Il est discipliné et il l’a toujours été, ça l’aide beaucoup», analysait le coach, qui se rappelait de beaux souvenirs. «J’ai commencé à l’entraîner à 10 ans. Cinq ans plus tard, il gagnait tout!»

Maintenant, il veut gagner avec Eye of the Tiger Management. «Je suis prêt à me battre quand ils me le diront.»

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Yves Ulysse Jr a dû se démener pendant 10 rounds pour venir à bout d'Ernesto Espana.

Une partie de pêche

Dans sa quête d’un combat de championnat du monde, Yves Ulysse Jr (16-1, 9 K.-O.) a dû se démener pendant 10 rounds pour venir à bout d’Ernesto Espana (25-1-1, 20 K.-O.), un Vénézuélien jusqu’alors invaincu dont on connaissait peu de choses avant samedi soir.

Face à un rival à qui il concédait six pouces, et qui s’amusait à alterner entre les styles gaucher et droitier avec une technique de frappe inhabituelle, Ulysse a multiplié les attaques, cherchant un moyen de le déstabiliser. Malgré un client pas très commode, il est parvenu à lancer les meilleurs coups, en route vers une décision unanime et la ceinture Fecarbox, un titre mineur de la WBC. «Il était grand et il avait des tentacules qui mordaient de partout, a imagé Ulysse aux journalistes après son combat. C’était un gars tenace. .»

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Sadriddin Akhmedov a dominé son combat chez les 157 livres face au Mexicain Gustavo Garibay.

«Le petit Gatti» impressionne

Sadriddin Akhmedov (3-0, 3 K.-O.) avait la tâche d'ouvrir la soirée et on peut dire qu'il n'a pas raté son coup.

Celui que Camille Estephan aime comparer à un jeune Arturo Gatti, en raison de son style éclatant et de son flair offensif, a dominé son combat chez les 157 livres face au Mexicain Gustavo Garibay (13-11-2, 5 K.-O.), avant de s'imposer au cinquième round, quand l'entraîneur de son adversaire a lancé la serviette.

Garibay venait de visiter le tapis pour la troisième fois et bien qu'il encaissait tous les coups, il n'a jamais été en mesure d'intimider le Kazakh de 20 ans, en voie de devenir une sensation de la boxe au Québec puisqu'il réside à Montréal.

Imaginez, Akhmedov a terminé sa carrière chez les amateurs avec une fiche de 240 victoires et 11 petites défaites! Au passage, il fut sacré champion mondial des 19 ans et moins. Pas un petit client pour ses futurs adversaires!

Bref, il a donné le ton à la soirée avec brio. Parions que le public aimerait le revoir dans le futur...

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Artur Ziyatdinov (6-0, 5 K.-O.) en a eu plein les bottes face au Mexicain Mario Aguilar (18-5, 16 K.-O.).

Ziyatdinov remporte un rude combat

Après avoir facilement empoché ses cinq premières victoires chez les professionnels, Artur Ziyatdinov (6-0, 5 K.-O.) en a eu plein les bottes face au Mexicain Mario Aguilar (18-5, 16 K.-O.) lors du deuxième combat de la soirée, chez les 196 livres. Le Russe de 21 ans s'est finalement offert une victoire par décision unanime au terme de six assauts endiablés.

À vrai dire, c'était la première fois que le protégé d'EOTM veillait plus tard que le deuxième round. Même s'il a dominé la majorité des échanges, Ziyatdinov a tout de même encaissé quelques solides répliques de son rival en début d'affrontement, avant de conserver son dossier immaculé.

Le public shawiniganais a bien aimé la combativité du Mexicain qui a puisé au fond de ses ressources pour demeurer debout tout au long du combat. Aguilar a d'ailleurs chaleureusement salué la foule au son de la dernière cloche.

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Nurzat Sabirov contre Guillermo Romero

Sabirov et les antidouleurs

La semaine dernière en conférence de presse, Camille Estephan avait fait rire les journalistes en témoignant du fait que son poulain, Nurzat Sabirov, avait la fâcheuse habitude d'expédier ses rivaux à l'hôpital.

Le Mexicain Guillermo Romero a reçu plusieurs coups au corps samedi, avant de voir ses entraîneurs abdiquer à la fin du quatrième round, concédant ainsi la victoire au clan Sabirov, une septième en autant de combats, une sixième par K.-O lors d'un choc chez les super-moyens (170 livres).

Sabirov avait reçu un avertissement durant ce quatrième assaut et il a répondu de la plus belle des façons en complétant le boulot face un Romero qui a très peu attaqué.

La Terreur, comme on surnomme Sabirov, poursuit ainsi son ascension.

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Un duel sans histoire

En action lors du quatrième combat, le Russe Andranik Grigoryan (7-0, 1 K.-O.) est sorti vainqueur du duel le moins explosif de la soirée, face au Mexicain Daniel Olea (13-5-2, 5 K.-O.) pour demeurer invaincu chez les professionnels.

Pour ce duel des 126 livres, les deux boxeurs ont passé de bons moments à s'étudier lors des huit rounds d'action. Grigoryan a bien dominé les échanges, mais n'a jamais été en mesure d'ébranler solidement Olea qui, de son côté, ne semblait pas disposer de la force nécessaire pour incommoder son rival.

Au bout du compte, les juges ont rendu une décision unanime en faveur du poulain de 24 ans d'EOTM.