Simon Kean et Dillon Carman seront les vedettes du gala du 6 octobre, au Centre Vidéotron.

Kean et Carman s'affronteront enfin

Enfin, diront certains. Le Trifluvien Simon Kean (15-0, 14 K.-O.) va finalement affronter l’Ontarien Dillon Carman (13-3, 12 K.-O.) lors de la finale du gala présenté par Eye of the Tiger Management, au Centre Vidéotron, le 6 octobre.

«Ça fait des années qu’on essaie de faire un combat avec Dillon», a confié le promoteur Camille Estephan. Carman ne devait même pas être le prochain adversaire de Kean, puisqu’une entente avait déjà été prise avec un autre boxeur pour affronter le Québécois.

«Quand ils m’ont appelé avec Dillon Carman, j’ai sauté sur l’occasion tout de suite. On a signé la paperasse en dedans de 24 heures», s’est réjoui Estephan.

Kean, qui défendra sa ceinture de la Francophonie du WBC, attendait cette occasion de se battre contre le natif de Belleville (Ont.) depuis longtemps. «Je vais pouvoir venger mon ami Éric Martel-Bahoéli.»

En 2014, Carman était devenu champion canadien des poids lourds en battant Martel-Bahoéli. Malheureusement pour Kean, qui convoitait ce titre, l’Ontarien l’a ensuite perdu en décembre aux mains de Mladen Miljas.

Sans hésiter, Kean assure qu’il se battra contre le meilleur boxeur qu’il a affronté dans sa carrière. «Il est grand, j’ai de la difficulté avec les gars qui sont plus grands un peu, j’ai moins de repères avec mon jab. Il va falloir que je m’ajuste.

«Si j’ai une chance de l’éteindre, je vais l’éteindre, mais c’est sûr que j’aimerais ça faire plusieurs rounds. Mon objectif, c’est d’être champion du monde. Je ne pense pas que les championnats du monde vont se gagner en deux ou trois rounds, donc s’il me fait faire plus de rounds, je vais être content.»

Le rêve de Kean de devenir champion du monde n’est peut-être pas si loin qu’on pourrait le croire. C’est du moins ce que pense Estephan, qui cherche à opposer son poulain aux meilleurs boxeurs disponibles sans avoir des budgets à la HBO.

Estephan ne veut pas brusquer les choses, pour qui l’important réside dans le développement du boxeur de 29 ans. Toutefois, il assure qu’«il serait réaliste de dire que vers la fin de 2019, on serait prêt pour n’importe qui dans la division des poids lourds.»

Carman, qui sera confronté à une foule hostile, sait que Kean «sera un gros défi» et ne croit pas que se battre sur la route sera un obstacle entre lui et la victoire.

«Je suis définitivement préparé pour ça», a souligné l’Ontarien de 32 ans J’ai été le négligé toute ma vie et pas nécessairement dans ma carrière de boxeur. Donc je n’ai pas de pression, je fonctionne mieux sous la pression.»

Thibault et Drolet en attente

Le gala du 6 octobre comprendra neuf combats, dont celui de Vincent Thibault (6-0, 2 K.-O.), qui attend toujours de connaître son adversaire. «Je sais pas qui je vais affronter, mais je l’aime déjà pas», a blagué l’athlète de Charlesbourg.

Thibault se battra à 163 livres, mais espère descendre dans la catégorie des 160 livres prochainement. «C’est l’objectif et c’est faisable.»

Thibault en sera à un troisième combat devant ses partisans, toujours très nombreux et bruyants dans les gradins.  «Ici, t’es chez nous. Je fais de la boxe depuis que j’ai sept ans et j’ai toujours voulu faire ça. Et là, devant mon monde, faire ce que j’aime, c’est sûr que tu es sur mon territoire, tu es chez nous. Oui, je défends ma place!»

Clovis Drolet (6-0, 3 K.-O.), de Beauport, se battra aussi en sous-carte contre un adversaire qui reste toujours à déterminer.

En demi-finale, on aura droit à un affrontement chez les super-moyens entre les Québécois Steven Butler (24-1-1, 21 K.-O.) et Jordan Balmir (10-0, 6 K.-O.). «Je lui souhaite de se remettre de sa première défaite», a lancé Butler à son adversaire, présent par vidéoconférence.

Pour cette soirée de boxe, le Centre Vidéotron aura une configuration permettant d’accueillir jusqu’à 5500 personnes. Les organisateurs croient même qu’ils devront agrandir l’espace en raison d’un engouement entourant la carte présentée.

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DAVID LEMIEUX RESTE CHEZ LES POIDS MOYENS

Le boxeur québécois David Lemieux (39-4, 33 K.-O.) restera finalement dans la catégorie des 160 livres pour son prochain combat. Selon son promoteur Camille Estephan, une annonce est imminente à ce sujet. «On est à 99 % du deal avec [Gary] O’Sullivan (28-2, 20 K.-O.).»

Lemieux et O’Sullivan se sont déjà envoyé quelques invitations à danser sur les réseaux sociaux, en plus de lancer une guerre de mots. «On a fait beaucoup de démarches pour voir si David est capable de faire ce poids-là», a laissé savoir Estephan. Est-ce que c’est bon pour sa santé, sa carrière? Et ils m’ont convaincu. Il y a eu plusieurs opinions, même médicales. Alors le poids, ça n’a jamais été une question dans les discussions. C’est vraiment dans les 160 dès le début qu’on a négocié ce combat.»

Un nouveau combat dans cette catégorie était inconcevable aux yeux d’Estephan, il y a quelques mois. Lemieux avait manqué le poids limite, malgré un processus de déshydratation intense, lors de la pesée de son dernier combat, contre le Français Karim Achour. Après le passage obligatoire raté sur le pèse-personne, le promoteur d’Eye of the Tiger Management avait alors déclaré avoir peur pour la santé de Lemieux et que ce dernier devrait monter dans la division des 168 livres.

Finalement, à la suite de la victoire contre Achour, Marc Ramsay, l’entraîneur de Lemieux, avait calmé le jeu en affirmant que la décision de revenir ou non chez les poids moyens devrait être réfléchie avec l’ensemble du personnel médical de son entourage.