Erik Karlsson a été échangé jeudi, mais c’est en février que les Sénateurs ont décidé de se départir de leur capitaine.

Karlsson s'en va à San Jose

Le divorce entre les Sénateurs d’Ottawa et Erik Karlsson a enfin été consommé jeudi.

Après des mois de rumeurs, le capitaine des Sénateurs a été échangé aux Sharks de San Jose lors de la journée d’ouverture du camp d’entraînement de l’équipe, comme Dany Heatley l’avait été il y a neuf ans presque jour pour jour.

L’attaquant québécois des mineures Francis Perron va l’accompagner, alors qu’en retour, les Sénateurs obtiennent le centre Chris Tierney, le défenseur Dylan DeMelo, les espoirs Josh Norris et Rudolfs Balcers, deux attaquants, ainsi qu’un choix de première ronde en 2019 ou 2020 (en 2019, les Sharks ont l’option de donner leur premier choix à Buffalo) et un de deuxième ronde en 2019, plus un deuxième choix conditionnel en 2021 (qui deviendra un premier choix s’il signe avec les Sharks). Il y a aussi un premier choix conditionnel en 2021 où 2022 si jamais Karlsson est échangé et termine la saison 2018-2019 avec un club de l’Association Est inclus dans l’échange.

Le joueur de concession entamait la dernière année d’un contrat lui rapportant 6,5 millions $ et les négociations pour une prolongation de ce pacte ne sont allées nulle part au cours de l’été. Le DG Pierre Dorion a cependant laissé entendre en point de presse que la décision d’échanger le double récipiendaire du trophée Norris avait été prise dès le mois de février dernier.

« Je vais parler avec mon cœur, c’est un jour triste et émotif pour ma famille et moi, mais ça fait partie de la business... Dans mon imagination la plus folle, je n’aurais jamais pensé que je quitterais cet endroit dans ces circonstances. Je ne veux pas entrer dans les détails. C’est arrivé très vite, même si ça se discutait depuis près d’un an. Ils (les Sénateurs) ont été très clairs dans quelle direction ils allaient (une reconstruction du club), et je ne fais pas partie de ce plan, c’est leur décision, que je respecte. De mon point de vue, c’est triste, je ne voulais pas quitter, il restait un an à mon contrat et je voulais jouer ici », a déclaré Karlsson au cours d’un point de presse où il est apparu très émotif, sans verser de larmes cependant.

Double récipiendaire du trophée Norris, Karlsson avait été un choix de première ronde en 2008 qui s’est rapidement établi comme le meilleur défenseur de l’histoire de la concession, sinon son meilleur joueur. En 627 parties, il a totalisé 126 buts et 528 points à Ottawa.

En le refilant aux Sharks, qui avaient déjà obtenu Mike Hoffman plus tôt cet été avant de l’échanger aux Panthers de la Floride contre des choix de deuxième ronde (celui de 2019 pourrait être celui qui irait à Ottawa dans l’échange de Karlsson), les Sénateurs peuvent difficilement gagner la transaction puisque le meilleur joueur prend le chemin de la Californie.

« Ce plan a été mis en place quand j’ai rencontré M. (Eugene) Melnyk (le propriétaire) en février dernier. C’est la décision de nos opérations hockey, dont je suis à la tête. Erik Karlsson allait probablement nous apporter le meilleur retour dans une reconstruction. Ce n’était pas une situation facile pour nous d’échanger un joueur de la trempe d’Erik Karlsson. Mais pour aller où on veut aller avec cette reconstruction, il fallait prendre cette décision à ce moment-ci », a indiqué le DG Pierre Dorion lors de son point de presse.

Au Droit, il a confié que les offres pour son capitaine avaient considérablement augmenté en valeur entre le repêchage de juin dernier à Dallas et les derniers jours avant le camp d’entraînement. « Plusieurs équipes ont fait des offres et ça a contribué à faire monter les enchères », a-t-il dit. Les Golden Knights de Vegas et les Stars de Dallas étaient apparemment les autres clubs qui étaient les plus intéressés, avec le Lightning de Tampa Bay.

Les Sharks se retrouvent avec une brigade défensive du tonnerre, avec un autre récipiendaire du trophée Norris, Brent Burns, ainsi que l’excellent Marc-Édouard Vlasic. « Je m’en vais avec une équipe extrêmement bonne. C’est excitant, mais présentement, j’essaie juste de faire comprendre à mon cerveau que je vais quitter cette belle ville », a indiqué Karlsson.