Souleymane Karamoto (à droite, en compagnie de Mathieu Robitaille), natif de la Côte d’Ivoire, a trouvé ses repères à sa deuxième saison avec le Rouge et Or.

Karamoto dévoile sa personnalité

Si la qualité de son jeu est directement proportionnelle à sa personnalité et au respect qu’il affiche envers les autres, pas étonnant que Souleymane Karamoko s’impose de plus en plus dans la brigade défensive du Rouge et Or de l’Université Laval.

Jeudi midi, dans le salon Desjardins situé au bout du déambulatoire, journalistes, dirigeants du Rouge et Or et employés du PEPS attendent le début du point de presse de l’entraîneur-chef Glen Constantin. À son arrivée, un joueur saluera personnellement chaque personne présente avec une franche poignée de main.

«Bonjour, ça va bien?», nous demandera Karamoto, l’un des deux joueurs invités par Constantin, ce jour-là, pour faire la jasette aux médias en prévision du match de samedi (14h), à Sherbrooke.

«J’apprécie beaucoup le voir jouer au football, il prend du galon en défensive», indiquera Constantin, en nous le présentant.

Joueur partant lors des trois derniers matchs du Rouge et Or, le demi-défensif s’entraînait encore avec la première unité, cette semaine. Le produit français des Filons de Thetford Mines a réussi sept plaqués et demi, dont cinq en solo, et un sac du quart dans la victoire de dimanche dernier contre Montréal.

«Les coachs me donnent la chance d’avoir plus de jeux en défensive. J’en étais à mon troisième match comme partant [dimanche, face aux Carabins] et j’espère l’être aussi contre Sherbrooke. Il a beaucoup de compétition à notre position, mais on s’entraide vraiment entre coéquipiers. Nicolas Viens et Laurence Poirier-Viens m’aident beaucoup. Tout le monde pourrait jouer, ça va bien», admettait-il à propos de ceux qui partagent la même position que lui.

Comprendre le système

À sa deuxième saison avec le Rouge et Or et sa quatrième en sol canadien, le natif d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, a trouvé ses repères sur le terrain. Il comprend mieux le système avancé utilisé à l’Université Laval, ce qui explique sa récente émergence.

«Honnêtement, je joue comme j’ai toujours fait. À Thetford, le livre de jeux était beaucoup plus simple. Ici, il y a beaucoup plus de choses, et à ma première année, j’avais un peu de mal à assimiler le système. À ma deuxième saison, je le maîtrise mieux en tant que tel et je pense que les coachs le voient, ils notent que je me donne beaucoup sur le terrain et ils arrivent à me faire confiance par rapport à cela», résumait-il à propos de sa progression.

Étudiant en Sciences de la consommation, le produit français des Filons de Thetford Mines possède des qualités athlétiques indéniables et les met à profit pour le Rouge et Or.

«Oui, j’ai mes qualités athlétiques, c’est un avantage dans le football. Mais il fait aussi bien comprendre le système, et là-dessus, je pense m’améliorer avec l’aide de tout le monde autour de moi.»

Comme les amateurs et ceux qui suivent les activités du Rouge et Or, le joueur de 22 ans a noté que la défensive lavalloise s’imposait de plus en plus.

«De l’intérieur, on le sent aussi. En début de saison c’était un peu moyen et pas nécessairement comme on voulait être. Ce n’était pas parfait, la semaine dernière contre les Carabins, mais on a quand même offert une bonne prestation défensive. Alors contre Sherbrooke, on veut que ce soit pareil, sinon mieux encore.

Chose certaine, le Rouge et Or ne se pointera pas en l’Estrie avec la satisfaction du devoir déjà accompli. Pas question de prendre ce dernier match de la saison à la légère, le mot d’ordre semble bien compris.

«Nous sommes tous des compétiteurs, lorsqu’on joue un match, c’est pour le gagner. On sait que Sherbrooke est difficile à jouer devant ses partisans, alors on va bien se préparer pour sortir de là avec la victoire», soulignait le numéro 13.

+

LE JEU TRUQUÉ SAVOURÉ, MATHIEU ROBITAILLE A TOURNÉ LA PAGE

Acteur principal d’un jeu truqué de 44 verges ayant mené à un spectaculaire touché au premier quart dans la victoire contre les Carabins, dimanche, le receveur Mathieu Robitaille a déjà tourné la page sur ce moment gloire. Mais ça ne l’a pas empêché de savourer le moment pendant quelques heures…

«Oui, c’est le fun de revoir le jeu à la télévision, après le match, entre amis. On a flotté sur un nuage, dimanche soir, et un peu lundi matin, mais après, ça passe assez vite et on tourne la page. Il s’agit d’un jeu truqué, c’est plaisant à voir, mais ce n’est pas notre pain et notre beurre à l’attaque. On le pratique quelques fois dans la semaine, mais on travaille beaucoup plus à corriger certaines choses qui sont plus essentielles à nos matchs et qui nous serviront dans les séries», raconte le numéro 82.

À la blague, on lui demandait s’il s’entraînait un peu plus avec les quarts-arrière, cette semaine.

«J’ai montré à Justin [Éthier, le coordonnateur offensif] que je pouvais lancer le ballon, j’ai peut-être monté dans la charte de quarts», répondait-il sur un ton amusé.

Mais samedi, l’heure ne sera pas à la rigolade pour le Rouge et Or, qui n’a pas l’intention de prendre le match contre Sherbrooke à la légère.

«Comme on le fait chaque semaine, on se prépare en fonction de la meilleure version de tous nos adversaires. On sait que le Vert & Or sortira fort. Ils n’ont pas le choix de gagner s’ils veulent poursuivre leur saison. Ils sont très intenses, ils se donnent corps et âme, et ce sera à nous d’égaler leur niveau d’intensité et de jouer à notre hauteur», précisait le receveur de passes de Beauport.

Comme le Rouge et Or court bien avec le ballon, il s’attend à ce que l’adversaire applique beaucoup de pression sur la ligne. Selon lui, l’attaque est cependant plus avancée qu’en début de saison, lorsque Sherbrooke avait limité le Rouge et Or à quatre jeux au premier quart du match inaugural remporté 41-10 par l’UL.

«On est rendu à la semaine 10. Nous avions été muselés au premier quart, la cohésion n’était alors pas optimale. La différence, maintenant, c’est qu’on a vraiment progressé en attaque tout au long de la saison», ajoutait celui qui a capté 14 passes pour des gains de 181 verges, dont une pour un touché, cette saison. Carl Tardif