Kaetlyn Osmond a livré un solide programme libre pour s’imposer chez les dames, devenant ainsi la première Canadienne depuis Karen Magnussen en 1973 à être couronnée championne mondiale.

Kaetlyn Osmond, première Canadienne championne du monde en 45 ans

ASSAGO, Italie — Profitant de l’effondrement de la championne olympique Alina Zagitova, Kaetlyn Osmond est devenue la première Canadienne à gagner le titre mondial depuis Karen Magnussen en 1973, vendredi à Assago, en Italie.

«Ça ne m’a pas traversé l’esprit jusqu’à ce que ça arrive vraiment! Monter sur le podium était mon objectif ultime, mais je n’avais jamais imaginé que je pouvais devenir championne du monde», a commenté Osmond.

Le premier hiver de Zagitova chez les grandes avait jusque-là des allures de conte de fées. Subitement, la machine s’est enrayée. Certes, elle ne s’était classée «que» deuxième du programme court mercredi, mais on s’attendait à ce que la Russe de 15 ans remette les pendules à l’heure. L’adolescente est toutefois tombée une fois, puis deux, puis trois, laissant filer tous ses espoirs d’or et même de podium.

Quant à Osmond, elle s’est imposée grâce à un programme libre spectaculaire qui lui a permis de grimper de la quatrième à la première position. Elle a obtenu 150,50 points pour son programme libre et de 223,23 points au total de la compétition.  Les Japonaises Wakaba Higuchi (210,90) et Satoko Miyahara (210,08) l’ont accompagnée sur le podium.

«Le Canada a tellement une histoire riche de compétiteurs dans toutes les disciplines. Cette médaille d’or a toujours été une bataille chez les dames. Avec un peu de chance, nous serons en mesure de répéter l’exploit plus souvent maintenant», a estimé la la patineuse de Marystown (Terre-Neuve-et-Labrador), médaillée de bronze le mois dernier aux Jeux olympiques de PyeongChang,  

«J’ai eu besoin de beaucoup de concentration aujourd’hui pour exécuter tout ça, ç’a été une longue année», a avoué la patineuse de 22 ans, deuxième au Mondial de 2017. «Je voulais prouver que ma médaille de bronze olympique n’était pas simplement un coup de chance.»

La robe a tenu le coup...

Pendant que Zagitova vivait un cauchemar, les Français Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron en effaçait un en signant un nouveau record du monde lors du programme court en couple. À PyeongChang, le haut de la robe de Papadakis s’était décousu et dégrafé dès les premiers instants de leur prestation. 

«C’est vrai qu’après le mouvement qui m’avait détaché la robe aux Jeux, je me suis dit : “Ouf, c’est bon, la robe est encore là! ”  J’ai eu une petite demi-seconde de pensée pour ça», a confié Papadakis.

En quête d’une troisième couronne mondiale après celle de 2015 et de 2016, ils se sont confortablement installés en tête avec 83,73 points, dépossédant de leur marque mondiale par une poignée de centièmes (83,67) les Canadiens Tessa Virtue et Scott Moir, champions olympiques et du monde en titre, absents en Italie, et dont on attend l’officialisation de la retraite.

Avant la danse libre ce samedi, Papadakis (22 ans) et Cizeron (23 ans) devancent nettement les Américains Madison Hubbell et Zachary Donohue (80,42), qui s’entraînent à leurs côtés à Montréal, et les Canadiens Kaitlyn Weaver et Andrew Poje (78,31).