En plus d'être une pièce importante de l'attaque des Falcons d'Atlanta, le receveur Julio Jones (à droite) a toujours des conseils à prodiguer à ses coéquipiers.

Julio Jones, bien plus qu'un joueur étoile

FLOWERY BRANCH, Ga. — Il ne s’agissait en principe que d’une passe de routine parmi tant d’autres, pendant un entraînement. Une passe d’un quart-arrière recrue à un receveur recrue.

Mais quand la passe s’est retrouvée au sol, incomplète, Julio Jones s’en est mêlé, ordonnant aux deux «petits nouveaux» de recommencer le jeu.

«C’est un exemple parfait du genre de groupe que nous formons», estime l’entraîneur-chef des Falcons d’Atlanta, Dan Quinn, visiblement satisfait de voir un des meilleurs joueurs de la NFL prendre le temps de s’occuper de ses jeunes coéquipiers. «Pour lui, l’identité du quart et du receveur n’avait aucune importance. Ce qui comptait pour lui [Jones], c’est que le jeu soit bien exécuté.»

Les qualités de leader que démontre régulièrement Jones pourraient s’avérer primordiales cette saison, particulièrement en raison de l’ajout d’un certain Calvin Ridley. 

Ce dernier, choix de première ronde de l’équipe au dernier repêchage (26e au total), a joué dans la NCAA en Alabama, comme Jones. Et il est receveur éloigné, comme Jones. 

Les Falcons misent en effet sur la recrue de 23 ans pour non seulement ajouter de la profondeur à une attaque déjà bien nantie, mais surtout pour libérer de l’espace pour Jones — aussi un choix de première ronde (6e au total en 2011) —, la cible favorite du quart-arrière Matt Ryan. 

Donc, en aidant Ridley, Jones contribue d’une certaine façon à s’aider lui-même. 

Comme un entraîneur

«Tout le monde sait déjà que Julio est vraiment, vraiment bon», a déclaré Ridley. «Malgré ça, je ne crois pas que les gens réalisent à quel point il est bon. Il est très soucieux des détails, il est comme un entraîneur pour moi et les autres joueurs.»

Au début de l’entraînement de mardi, le quart Kurt Benkert — qui n’a pas été repêché et qui n’a que de minces chances de se tailler une place à Atlanta — travaillait avec Ridley sur un jeu en particulier.

Comme les deux joueurs n’avaient jamais joué ensemble, la synchronisation n’était pas au rendez-vous, ce qui est un peu normal, mais ce qui a tout de même paru inacceptable aux yeux de Jones.

«Julio leur a dit : ‘‘Refaites le jeu’’», explique Quinn. «Plusieurs joueurs ne se seraient pas donné la peine de faire ça.»

D’ailleurs, même lorsque Ridley réussit un attrapé, Jones n’est jamais loin derrière lui pour lui donner des conseils. 

«Il me dit : ‘‘Tu peux faire mieux’’. Il a toujours à l’œil ce que chacun de nous fait sur le terrain», constate Ridley.

Même si Jones, a essuyé dernièrement quelques critiques de la part des fans — le receveur de 29 ans s’est absenté d’un camp préparatoire en raison d’une dispute contractuelle —, son dévouement envers l’équipe géorgienne n’a jamais remis en question par ses coéquipiers, son comportement avec Ridley et son attitude à l’endroit d’un joueur inconnu comme Benkert le prouve. 

Apprendre à lire le jeu

Questionné au sujet de Ridley, Jones s’est dit impressionné par le potentiel et par l’éthique de travail de son nouveau coéquipier. 

«Je savais qu’il travaillerait fort pendant le camp», débute Jones, qui vient de capter au moins 80 passes pour des gains d’au moins 1400 verges au cours des quatre dernières campagnes. «Pas de doute qu’il possède tous les outils pour devenir un excellent receveur dans cette ligue. Il doit juste se fier davantage se fier à son instinct, s’ajuster à ce qu’il voit sur le terrain, sans trop réfléchir. C’est une recrue, il va développer ses instincts.»

Même si Jones possède lui-même des qualités athlétiques hors de l’ordinaire, il est conscient que ses succès sont dus à bien d’autre chose que sa vitesse, son physique et ses mains. C’est pourquoi il travaille avec Ridley sur sa capacité de mieux lire le jeu. D’ailleurs, Jones considère que les yeux sont plus importants que tout le reste. 

«Repérer les demis de sûreté. Scanner le terrain pour déceler les schémas adverses. Savoir ce qu’on doit faire ou ne pas faire sur un jeu en particulier pour aider ses coéquipiers.» C’est ce qui fait la différence, explique Jones.