Déjà, au début de la dernière campagne, Julien Gagnon avait avisé son bon ami Jacques Tanguay qu’il passerait le flambeau au terme de la saison 2018-2019.

Julien Gagnon quitte le poste de gouverneur des Remparts

Après avoir occupé la fonction depuis le premier jour de la renaissance de l’équipe, Julien Gagnon tire sa révérence comme gouverneur des Remparts de Québec. Jacques Tanguay, qui lui avait offert le poste à l’origine, ajoutera dorénavant ce titre à celui de président de la formation de la LHJMQ.

Déjà, au début de la dernière campagne, Gagnon avait avisé son bon ami qu’il passerait le flambeau au terme de la saison 2018-2019. Le tout devient officiel avec les assises qui commencent mercredi, à Québec.

«Je remercie Julien pour ses 22 ans à titre de gouverneur des Remparts. Il a joué un rôle important dans le développement de l’équipe et de la Ligue. J’avais une très grande confiance en lui», a souligné Tanguay à propos de celui qui occupait ce poste par amitié et passion du hockey.

Même s’il était un homme de l’ombre, Gagnon a eu son mot à dire dans le retour des Remparts. À l’époque, c’est lui qui avait organisé une ronde de golf, à Rosemère, pour mettre Patrick Roy et Jacques Tanguay en contact. L’achat des Harfangs de Beauport par le trio formé de Roy, Tanguay et Michel Cadrin allait suivre, peu de temps après. Les Remparts 2.0 venaient de renaître.

«Ce qui m’a le plus touché pendant toutes mes années comme gouverneur des Remparts, c’est la confiance que Jacques et Patrick avaient envers moi. Ils m’ont laissé de la latitude et me laissaient prendre des décisions sans avoir à les consulter, à l’occasion. L’objectif était de servir les intérêts des Remparts, mais ils ont aussi fait en sorte que certaines de mes idées soient acceptées», a confié celui qui est encore le dentiste de l’équipe.

Réduction des tâches

Son départ coïncide aussi avec une réduction de ses tâches professionnelles. Pendant son passage comme gouverneur, il a été membre du comité exécutif pendant sept saisons, allant jusqu’à être vice-président de celui-ci.

«Au début, les réunions étaient beaucoup plus folkloriques qu’aujourd’hui. Dans le temps, je me suis déjà fait offrir de régler un différend à coups de claques sur la gueule dans le corridor. Ça discute tout autant, maintenant, mais tout se décide à la table. De toute manière, on n’a pas le choix d’avancer, car lorsqu’on stagne, on ne peut que reculer.»

Il a eu la chance d’être accompagné par le regretté Marcel Robert, qui était le gouverneur des Harfangs, lors du transfert vers les Remparts. Le nom du trophée remis au joueur-étudiant porte d’ailleurs le nom de ce dernier.

Jacques Tanguay se retrouve désormais dans ce fauteuil par la force des choses.

«Une fois que Julien m’a annoncé qu’il arrêtait, mon premier choix était Louis Painchaud, mais un employé à temps plein d’une équipe ne peut pas être gouverneur et Patrick n’a pas le temps, alors c’est moi… J’ai quand même le goût de le faire. Il y a aussi mon fils [Alexandre] de l’autre bord, ce qui va permettre de passer du temps avec lui», a ajouté celui dont le plus jeune de ses trois garçons est propriétaire de l’Océanic de Rimouski.

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JACQUES TANGUAY EMBALLÉ PAR CE QUI S'EN VIENT

Bien qu’il aurait accepté son départ si les Sénateurs d’Ottawa avaient retenu sa candidature, Jacques Tanguay est évidemment bien heureux du retour de Patrick Roy pour une deuxième saison à la barre des Remparts.

«Je vais garder ma réflexion pour moi sur la décision des Sénateurs, mais il était tout à fait normal que ceux-ci le rencontrent, et que de son côté, Patrick les écoute. Je pense que chaque fois qu’un club de la LNH sera à la recherche d’un nouvel entraîneur-chef, Patrick doit faire partie des candidats. Comme Glen [Constantin], au football, Patrick est mon ami et mon coach, mais si une occasion se présente, s’il a le goût de relever un défi au niveau supérieur, je vais être le premier à les encourager de le faire», confiait-il.

La dernière saison a plu à Tanguay, même si les Remparts ont été confinés au huitième rang de leur conférence pendant la majorité du calendrier. Il était emballé par l’idée de travailler à nouveau avec Roy, dont le club a failli surprendre Halifax en première ronde. Les Remparts avaient poussé à la limite de sept matchs le club qui allait recevoir le tournoi de la Coupe Memorial chez lui.

«J’aime faire du hockey autant qu’à ma première année. Mais je ne le cache pas, le retour de Patrick m’a donné un second souffle. J’adorais Philippe [Boucher], on a toujours une bonne relation, mais Pat est mon partenaire de la première heure», a ajouté celui qui désire que la LHJMQ poursuive son développement et reste compétitive.

«Bon, j’aimerais ça que les Remparts gagnent chaque année, mais c’est remarquable de voir que les deux plus petits marchés au Canada ont remporté la Coupe Memorial lors des deux dernières années», a ajouté celui qui a invité les amateurs de hockey à venir passer au repêchage de la LHJMQ, samedi (10h), au Centre Vidéotron.

«Ce ne sera pas du temps perdu de venir voir ça. C’est la première fois depuis très longtemps que les Remparts ont quatre choix dans les deux premières rondes. Bon, je ne dis pas qu’on va encore tous les avoir à ce moment, mais nous serons en mesure de poursuivre notre progression. Je suis très excité par ce qui s’en vient, Patrick n’a pas fait de transactions par plaisir, l’an passé, on devait faire un virage, et il l’a fait», expliquait le président et nouveau gouverneur des Remparts.

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LA LHJMQ VUE PAR JULIEN GAGNON

Pendant 22 ans, Julien Gagnon a participé, à sa façon, à l’évolution de la LHJMQ. Voici, à ses yeux, les plus belles réalisations du circuit Courteau pendant son passage comme gouverneur des Remparts et ce qu’il voit poindre à l’horizon pour la Ligue.

Un meilleur encadrement

«Le changement le plus drastique qui est survenu se situe au niveau de l’encadrement des joueurs. Tous les efforts sont faits pour que les jeunes soient traités aussi bien qu’ils ne seraient à la maison. Et je ne parle pas nécessairement sur la patinoire, mais surtout dans les autres aspects aussi importants comme l’éducation, la santé, etc. La LHJMQ offre une bourse d’études de quatre ans à raison de 6000 $ par année. Je trouve que ça passe trop souvent sous silence.»

Le brio des petits marchés

«Au fil des ans, la LHJMQ a réussi à rétrécir l’écart entre les grands et les petits marchés. Certains diront que l’on nivelle par le bas, mais une équipe comme les Remparts ne pourrait pas jouer toute seule. Et à ceux qui disent que le développement du hockey ne va pas bien au Québec, je répondrai que la LHJMQ a remporté les deux derniers tournois de la Coupe Memorial, dont cinq dans les huit dernières saisons. Ce n’est quand même pas si mal.»

Un avenir canadien

«Je n’ai pas de boule de cristal, et je ne dis pas que ça va arriver demain matin, mais je pense qu’il y a aura, dans l’avenir, une véritable ligue canadienne, ou à tout le moins, des calendriers mixtes entre les trois ligues du Québec, de l’Ontario et de l’Ouest. Pour l’instant, le seul point de comparaison entre les trois reste la Coupe Memorial. Je pense qu’il serait bon pour tout le monde de voir et connaître les joueurs et les équipes des autres circuits.»