Julie Rodrigue rêvait de jouer sur l’équipe nationale de volleyball intérieur. Après une belle carrière avec le Rouge et Or, c’est plutôt au beach volley qu’elle a fait sa marque.

Julie Rodrigue: prendre une autre route

Julie Rodrigue avait un rêve et sa voie était toute tracée d’avance pour y parvenir. Obligée de renoncer à son désir le plus cher, elle a cependant su saisir l’opportunité de relancer sa carrière. Si le chemin sur lequel elle s’est retrouvée n’était pas celui qu’elle pensait prendre, elle a quand même réussi à le réaliser.

«Quand j’étais à l’école secondaire, mon rêve c’était jouer avec l’équipe nationale en volleyball», mentionne l’athlète native de Saint-Georges. «Mais alors que j’étais avec le Rouge et Or, j’ai su assez tôt que je n’aurais pas d’opportunités à ce niveau-là. C’est alors que la porte s’est ouverte au niveau du beach, un sport qui ne faisait pas vraiment partie de mes plans, mais que je pratiquais pour le plaisir. Vincent Larrivée m’a dit qu’il croyait que j’avais du potentiel et il m’a demandé si je voulais y poursuivre une carrière. J’ai dit oui, pourquoi pas. Par la suite, tout allé rondement.»

S’entraînant d’abord à Québec, Julie a dû déménager à Toronto quand l’occasion de rallier les rangs de l’équipe nationale s’est présentée. Si elle a accepté de s’expatrier, c’est parce c’était son rêve d’être sur l’équipe nationale et qu’elle avait son diplôme en poche, mais pas encore de carrière. 

«Ce fut une grande adaptation. Mon anglais était assez sommaire. Et j’étais très timide. Mon plus gros défi était au niveau social. Heureusement, mon chum est venu avec moi. Ça m’a donné un peu de courage. Aujourd’hui, je suis vraiment fière d’avoir essayé, de m’être entraînée tous les jours et d’avoir pris les mesures pour fonctionner là-bas et d’améliorer mon anglais. Ç’a été super de vivre tout ça.»

Julie ne voit pas comme un échec le fait de ne pas avoir joué pour l’équipe nationale de volleyball intérieur. Avec le recul, elle en vient à la conclusion qu’elle avait davantage les qualités et le profil d’une joueuse de beach-volley. «J’étais athlétique, mais pas super grande. Et j’étais centre. Au niveau national, j’étais peut-être petite pour évoluer.» 

Pour la Beauceronne, cette déception ne vient en rien jeter de l’ombre sur sa carrière à l’UL qui fut mémorable et bien remplie, notamment avec la conquête du titre national en 2006.

«Mes deux premières années furent comme un rêve. J’étais entourée d’athlètes formidables comme Élyse Duchesne, Marylène Laplante et Caroline Fiset, des filles qui travaillaient très fort. Pour moi, c’était normal de suivre leurs pas. Et elles sont demeurées des modèles même après mon passage à Laval.»

Remise en question

C’est en 2012 que Julie a pris sa retraite du beach-volley. C’était la fin d’un cycle olympique et pour elle, une occasion de se remettre en question. Et même si elle aimait toujours le volleyball, elle ne se voyait pas entreprendre un nouveau cycle de quatre ans.

«J’avais d’autres rêves. J’avais gradué en relations industrielles et j’avais hâte de commencer ma carrière professionnelle. Au niveau financier, je désirais avoir un peu plus de stabilité. Et je rêvais aussi de fonder une famille. La raison a dit non. J’avais fait le tour et j’avais eu une belle expérience. C’était le temps de vivre autre chose. J’ai plongé les yeux fermés. J’ai déménagé à Montréal où mon chum avait été transféré et je me suis trouvé un emploi super vite. Et peu de temps après, je suis tombée enceinte. La routine a fait que je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer du volley. «La seule chose qui me manquait, c’était l’entraînement. Ça ne me permettait pas juste de me mettre en forme, ça me faisait du bien au moral. Mais ç’a été difficile de me trouver un autre sport. Comme j’avais transposé au travail mon désir de me dépasser et d’atteindre des objectifs, tout ce que je désirais c’était bouger. J’ai essayé plein d’affaires et j’ai bien aimé le yoga.»

Le volley prend encore beaucoup de place dans la vie de Julie. Elle y joue encore à l’occasion. Et la plupart de ses amies faisaient partie de sa gang de volleyball. Elle avoue cependant que sa passion s’est un peu éteinte, mais qu’elle éprouve une certaine nostalgie quand elle pense à sa carrière.

«J’aimais la compétition, mais j’aimais aussi le style de vie sain que j’avais. Me lever chaque matin, aller à la plage, faire mon entraînement me manquent. Je m’ennuie également de l’esprit de gang, du rush d’adrénaline de la compétition et du feeling de satisfaction que l’on ressent après une grosse victoire pour laquelle on a travaillé fort. C’est quelque chose que je n’ai pas ressenti ailleurs.»

Mine de rien, le volley sert aussi à la Beauceronne dans son travail en ressources humaines, où la gestion de personnel a des similitudes avec les membres d’une équipe sportive. Julie est d’avis que le volley a été une belle école.

«Ce que j’y ai appris au niveau de la gestion des émotions me sert beaucoup. Mon coach me disait tout le temps : “Ce n’est pas le temps d’analyser un match quand tu en sors. Tu es trop émotive.” Pour moi, c’est important de prendre du recul avant d’analyser un dossier et de prendre une décision. Ça, c’est le sport qui me l’a appris, pas mon bac.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Faits marquants?

R  Mes deux championnats canadiens, le premier en volley intérieur et l’autre en beach. Des moments mémorables.

Q  Ce qui te manque le moins?

R  Les longs voyages en avion. Faire 16 heures en avion pour aller jouer deux matchs  de volley en Chine et revenir. C’est quelque chose que je ne voudrais pas refaire sauf dans le cadre d’un voyage pour aller visiter.

Q  Ce qui te manque le plus?

R  L’espèce de rush d’adrénaline, le high après une grosse victoire. C’est quelque chose que je n’ai pas retrouvé dans ma vie normale.

Q  Personnalité marquante?

R  Benoît Robitaille. Alors que j’étais avec les Élans, il m’a permis de prendre confiance en moi. Je crois que c’est la première personne qui y a cru. Et son style de coaching était parfait pour moi. Benoît était tellement relax. Et je n’étais pas du genre à être stressée et à m’angoisser. L’avoir comme coach ça m’a fait du bien. Et au beach, Vincent Larrivée, lui aussi a vraiment été un élément déclencheur.

Q  Idole de jeunesse?

R  Guylaine Dumont. Quand je l’ai vu jouer avec Annie Martin aux JO d’Athènes, ça été un élément déclencheur. Deux Canadiennes qui jouaient au beach volley et elles performaient super bien. Oh boy! J’ai d’ailleurs eu l’occasion de rencontrer Guylaine une couple de fois. À chaque occasion ce fut inspirant.