Julia Goerges (photo) aura le défi de stopper Serena Williams sur le gazon londonien, vendredi.

Julia Goerges rêve d'une finale tout allemande à Wimbledon

LONDRES — Ça fait maintenant 87 ans que deux Allemandes ne se sont pas affrontées en finale des Internationaux de Wimbledon. Julia Goerges ne déteste pas l’idée de mettre un terme à cette longue séquence.

«Ça paraît fou d’avoir peut-être la chance de partager une finale tout allemande à Wimbledon, a déclaré Goerges après qu’elle et Angelique Kerber eurent atteint les demi-finales au All England Club.

«Il nous reste encore un match chacune. Ce seront des matchs difficiles. Mais c’est merveilleux de voir qu’il existe une chance.»

Pour Goerges, le défi qui l’attend sera pour le moins ardu alors qu’elle affrontera l’Américaine Serena Williams. Septuple championne sur la pelouse londonienne, Williams n’y a pas perdu un seul match depuis 2014. L’année dernière, Williams s’était absentée de Wimbledon pendant sa grossesse.

Quant à Kerber, deux fois gagnante de tournois du Grand Chelem et finaliste à Wimbledon en 2016, elle livrera bataille à la Lettone Jelena Ostapenko. Les deux matchs seront présentés jeudi.

Goerges et Kerber ont déjà accompli un exploit qui n’avait pas été vu à Wimbledon depuis 1931 alors que deux Allemandes se sont frayé un chemin jusqu’aux demi-finales.

Cette année-là, Cilly Aussem et Hilde Krahwinkel avaient croisé le fer lors du match ultime, pour le premier et seul duel entre deux Allemandes en grande finale dans l’histoire des tournois du Grand Chelem.

Le seul fait d’en avoir deux parmi le carré d’as à Wimbledon ne peut être que bénéfique pour le tennis en Allemagne, croit Goerges. «De partager cette sensation avec elle [Kerber], avec un pays, je pense que c’est quelque chose de vraiment spécial.»

Premier majeur dans la mire

Des quatre dames toujours en lice, Goerges, qui est âgée de 29 ans, est la seule n’ayant encore jamais gagné un tournoi majeur.

En fait, elle participe à une demi-finale d’un tournoi du Grand Chelem pour la première fois de sa carrière, même si de nombreux observateurs s’attendaient à la voir réaliser ce tour de force bien avant.

Goerges a signé une première victoire sur le circuit de la WTA en 2010 avant de remporter le tournoi de Stuttgart l’année suivante. Mais plutôt que de s’établir comme une aspirante régulière, le niveau de son jeu et son classement ont chuté au fil des années suivantes.

Ses résultats ont poussé Goerges à apporter d’importants changements à son équipe d’entraîneurs et même à déménager du nord au sud de l’Allemagne, tout ça dans l’espoir de retrouver la forme.

Il semble que la stratégie a rapporté des dividendes. «J’ai pris le risque de tout changer, a-t-elle noté. Mais, oui, ça vaut la peine. [...] Je pense que le moment que je vis maintenant me prouve que j’ai eu raison, que j’ai pris la bonne décision.»

Ce sera la deuxième fois en un peu plus de cinq semaines que Goerges et Williams ont rendez-vous en tournoi du Grand Chelem. En troisième ronde des Internationaux de France, l’Américaine l’avait emporté 6-3, 6-4.

Williams, toutefois, insiste sur le fait que ce résultat ne garantit nullement l’issue du duel de jeudi. «C’était il y a quatre ou cinq semaines. Ça n’importe pas, a affirmé Williams. Il s’agit d’un tout nouveau match, d’une nouvelle surface. Rien n’est pareil. On part à zéro.»