LeBron James indique à J.R. Smith que le panier se trouve dans l'autre direction... L'erreur mentale du garde a possiblement coûté le match aux Cavaliers, qui avaient une chance d'inscrire le panier gagnant à quelques secondes de la fin du temps réglementaire, alors que la marque était égale.

J.R. Smith, l'inopportun gaffeur

OAKLAND — Ce n’est pas arrivé souvent dans sa carrière, mais J.R. Smith a volé la vedette à son illustre coéquipier LeBron James en ouverture de la finale de la NBA avec une énième... bourde, qui a directement mené à une défaite en prolongation de 124-114 des Cavaliers de Cleveland contre les Warriors de Golden State, jeudi.

Ses 51 points ont ouvert à «King James» les portes d’un club très fermé qui comprenait jusque là cinq membres : celui des joueurs à avoir marqué 50 points et plus en finale. Mais il a dû passer une bonne partie de sa conférence de presse d’après-match à répondre à des questions sur Smith.

Agacé par cette défaite cruelle et frustré par les journalistes, James a tourné les talons et mis fin prématurément à sa conférence de presse, un geste rarissime dans sa carrière. Même s’il a affirmé le contraire — «Je ne vais jamais lâcher J.R., ni aucun de mes coéquipiers, ce n’est pas mon mode de fonctionnement» —, il était sans doute difficile de comprendre ou d’expliquer le geste de Smith.

On est à cinq secondes de la fin du temps réglementaire. George Hill a deux lancers francs pour donner la victoire à Cleveland. Il marque le premier et égalise à 107-107, mais rate le second. Smith capte le rebond, ressort de la bouteille avec le ballon, dribble et... ne lance pas, à la plus grande stupéfaction de James, qui hurle de colère.

Après ce scénario improbable, l’entraîneur Tyronn Lue a tenté de défendre Smith : «Il pensait qu’on gagnait d’un point», a-t-il avancé. Le joueur de 32 ans a aussitôt contredit son coach et l’a même mis en cause. «Je savais qu’on était à égalité, mais je croyais qu’on allait demander un temps mort», a-t-il assuré.

Carrière controversée

Ce n’est pas la première fois dans sa carrière NBA qu’Earl Joseph Smith III, dit J.R. Smith, a le mauvais rôle ou se retrouve en plein cœur d’une controverse. Depuis ses débuts en 2004 à La Nouvelle-Orléans, il traîne la réputation de joueur ingérable et dilettante, mais aussi très précieux en sortie de banc pour son efficacité à trois points.

En décembre 2006, alors qu’il a rejoint Denver, il déclenche une violente bagarre durant un match contre les Knicks de New York, ce qui lui vaut une suspension de dix matchs. Depuis, sa carrière est une alternance de hauts et de bas. Il se brouille avec un entraîneur qui lui reproche de ne pas respecter ses instructions; est impliqué dans une agression dans une discothèque; doit passer deux saisons en Chine pour un problème contractuel; écope d’une suspension pour dopage et d’amendes pour avoir défait les lacets d’adversaires en plein match.

Mais il reçoit aussi le trophée de meilleur sixième joueur de la NBA pour la saison 2012-2013 et joue un rôle majeur dans la conquête du premier titre de Cleveland en 2016, avec 11,5 points par match et 43,6 % de réussite sur les tirs de trois points. Depuis son arrivée en Ohio, en 2015, l’arrière aux imposants tatouages est sous surveillance constante de James qui l’a pris sous son aile et lui a donné sa chance.

Il reste pourtant un mystère, même pour James. «Je ne sais pas à quoi pensait J.R.», a-t-il asséné après la bourde de son coéquipier.

Chez les Warriors, on n’a pas voulu en rajouter. «Je ne veux pas parler de ce moment parce que je fais aussi des choses stupides sur le terrain, a dit Kevin Durant, des Warriors. Je ne sais pas ce qui est passé par la tête de J.R. Il a réussi un beau jeu pour récupérer le rebond et il leur a donné une chance de gagner le match.»