La vélocité des lancers du releveur de 21 ans Jordan Hicks, des Cardinals de St. Louis, fait écarquiller les yeux des spectateurs et... des frappeurs adverses.

Jordan Hicks fait «exploser» les radars

Jordan Hicks ne peut expliquer d’où lui vient la vélocité de ses lancers. Et pour être honnête, la sensationnelle recrue des Cardinals de St. Louis préfère ne pas trop y penser.

Le releveur de 21 ans s’installe au monticule et fait le vide avant d’amorcer son élan, qu’il pourrait exécuter même s’il se trouvait à l’intérieur d’une cabine téléphonique. Rien d’exagéré. Que des balles de feu, qui laissent croire que la vitesse enregistrée au radar est une erreur : 101, 102, 103, 104, 105.

C’est le genre de vélocité qui crée des ondes de choc chez les spectateurs et dans l’abri adverse. C’est aussi le genre de vélocité qui a permis à Hicks de passer par-dessus les niveaux AA et AAA, directement jusqu’aux majeures cette année.

Même Hicks, qui semble destiné à remplacer Aroldis Chapman — le spécialiste de fin de match des Yankees de New York — à titre d’artilleur le plus puissant du baseball majeur, ne peut s’empêcher de jeter un bref coup d’œil vers le tableau indicateur après l’un de ses lancers.

«J’aime ça parce que je sais que j’y ai mis beaucoup d’effort», a précisé Hicks. «C’est quoi le résultat final?»

En général, ce sont des retraits. Grâce à une balle rapide qui surpasse régulièrement les 100 milles à l’heure, Hicks affiche un dossier de 2-1 et une moyenne de points mérités de 2,40 en 27 matchs avec les Cardinals cette saison. Surtout, il a apporté un peu de stabilité à un enclos des releveurs erratique.

Talent à polir

Il reste que Hicks est encore en mode apprentissage. En 30 manches, il a accordé autant de buts sur balles qu’il a inscrit de retraits sur des prises (18). Toutefois, le gérant Mike Matheny se montre encouragé par le fait qu’il essaie de maîtriser l’art de lancer plutôt que d’essayer de propulser la balle toujours plus fort.

Bien qu’il comprenne pourquoi tant d’attention est accordée aux exploits de Hicks — comme ce match contre Philadelphie, le 20 mai, où cinq lancers consécutifs contre Odubel Herrera ont atteint une vitesse d’au moins 103 m/h —, Matheny est satisfait de l’attitude de son jeune lanceur.

Trois jours après sa démonstration de puissance contre Herrera, Hicks a inscrit deux retraits au bâton en une manche de travail face aux Royals de Kansas City. «J’avais peur qu’il tente d’enregistrer une vitesse de 112 m/h, mais il a plutôt connu sa meilleure sortie de la saison. Il ne se retenait pas, mais c’était sous contrôle et dans la zone des prises», a expliqué Matheny.

«Ce sont les choses dont nous avons besoin», a renchéri le gérant des Cardinals. «Il peut lancer aussi fort qu’il le veut, mais la maîtrise de ses lancers importe, et il doit avoir un plan et non pas seulement tenter d’épater la galerie.»

En fait, Hicks accomplit un peu les deux, comme le prouve son travail contre Josh Harrison. Le deuxième-but des Pirates de Pittsburgh aime s’installer solidement dans le rectangle des frappeurs, une philosophie qui a contribué à ce qu’il soit atteint par 23 tirs.

Le 26 mai, son coéquipier Jordy Mercer l’a averti que la balle rapide de Hicks se dirige vers les frappeurs droitiers, ce qui n’a pas empêché de Harrison d’adopter la même approche. À son premier lancer, Hicks a laissé filer une balle rapide de 101 m/h qui est passée à quelques centimètres de l’auriculaire gauche de Harrison, celui qu’il s’est fracturé lorsqu’il a été atteint par Jose Urena, des Marlins de Miami, à la mi-avril. Par la suite, on a senti le frappeur des Pirates un peu moins à l’aise.

«Je peux vous dire que ça vient vite!» a admis Harrison. «Lors du premier lancer — et vous pouvez aller voir la reprise —, j’ai ramené mes mains vers moi et j’ai dit “Ooooooh!”»

Performance convaincante

Hicks a été invité au camp de Cardinals ce printemps pour la première fois, mais son séjour a été bref alors qu’il avait de la difficulté à se présenter à l’heure aux réunions. Rappelé vers la fin du camp, il a effectué un départ de dernière minute lors d’un match préparatoire contre une formation presque complète des Nationals de Washington, le 25 mars. Il n’a concédé qu’un seul coup sûr.

Ce fut le genre de performance qui n’a pas laissé le choix aux Cardinals. L’arsenal de lancers de Hicks était tellement bon qu’il devenait insensé de le retourner dans les ligues mineures. «Si je n’avais pas bien fait ce jour-là, je ne serais pas ici.»

Peut-il lancer plus fort encore? Peut-être. C’est ce qui rend la situation amusante.

Hicks n’aurait jamais cru que ses lancers dépasseraient la barre des 100 m/h. Parfois aujourd’hui, ce plateau représente son seuil.

«J’essaie seulement de faire travailler mes jambes et lancer fort, a-t-il expliqué. «Fort, fort.»