Jonathan Paquet a proté sa fiche à 8-0, dimanche.

Jonathan Paquet: à la hauteur de son talent

Pour la première fois depuis longtemps, son bras ne l'incommode plus. À 22 ans, Jonathan Paquet peut enfin lancer à la hauteur de son talent. Après avoir été sélectionné deux fois au repêchage des ligues majeures et joué dans trois collèges américains, sa dernière saison avec les Diamants de Québec pourrait lui servir de tremplin vers le baseball professionnel.
Sa fiche dominante portée à 8-0 à la suite d'une autre victoire, dimanche après-midi, résume bien son état de santé et d'esprit. Pour son dernier tour de piste dans la Ligue de baseball junior élite du Québec, il n'a pas à se soucier d'un retour hâtif aux États-Unis ou d'une longue période d'inactivité en raison d'un malaise.
«Je vais toucher du bois, mais pour une fois, je risque fort bien de faire une saison du début à la fin. Et avec l'année qu'on a, en équipe, ça tombe bien», admettait le droitier de six pieds cinq pouces rencontré dans l'abri du troisième-but, en fin de semaine.
En compagnie de Michel Simard, Paquet a été l'artilleur possédant le plus beau potentiel à avoir été développé à Québec depuis 15 ans. Il s'est aligné avec l'équipe canadienne junior, ce qui a incité les Angels de Los Angeles à la réclamer en 46e ronde en 2009 et les Phillies de Philadelphie à en faire autant en 22e ronde, en 2010.
Mais sa route ne passait pas par les ligues mineures. Le jeune homme de L'Ancienne--Lorette a plutôt opté pour un cheminement scolaire. À 18 ans, il a accepté une bourse à l'Université du Kentucky, où il s'est aligné avec les Wildcats, pour ensuite se retrouver au collège Chipola, en Floride, et à l'Université Cumberland, aussi basée au Kentucky.
Aucun regret
«Si c'était à refaire, j'irais d'abord dans un collège junior pour apprendre la mentalité, découvrir le style de vie, et ensuite, je ferais le saut dans une grande université. Welcome to the jungle, c'est vraiment ça le baseball aux États-Unis. C'était décidé, j'allais dans le baseball universitaire alors je n'ai pas de regret et je n'échangerais ça pour rien au monde. J'étais un ''flot'' de 18 ans qui ne savait pas à quoi s'attendre. J'ai plongé là-dedans et ça m'a développé comme personne, j'ai appris l'anglais et je me suis fait des amis pour la vie», disait sans amertume celui qui a aussi joué dans une ligue collégiale d'été sur les côtes de la Caroline et de la Virginie.
Après avoir reposé son bras tout l'hiver à Québec, Paquet a repris goût au baseball et ça paraît chaque fois qu'il grimpe sur le monticule, où il a retrouvé sa vélocité en plus de maîtriser trois lancers (rapide, changement de vitesse, glissante).
Que réserve l'avenir à Jonathan Paquet, une promotion avec les Capitales en 2015?
«Actuellement, mon défi est de continuer à dominer dans le junior, à aider les Diamants à gagner le championnat. Il s'agissait d'une année de test pour voir si je pouvais tenir le coup et je suis en train de prouver ma valeur avec un bras en santé. Si j'ai la chance de jouer avec les Capitales, je vais m'essayer et me préparer pour faire l'équipe, cet hiver, parce qu'on ne peut pas arriver là à la dernière minute, le calibre est trop élevé. L'équipe canadienne junior m'avait projeté dans la mire des recruteurs, mais la présente saison pourrait me servir de tremplin pour la suite», affirme le grand droitier qui montre un dossier global de 27-5 en six saisons -dont cinq partielles- avec le club junior de Québec.