Jonathan Laliberté n'a pas seulement brillé sur le terrain de football lors de son passage avec le Rouge et Or. Il le fit également dans ses études où en cinq ans, il obtint un BAC et un MBA en gestion des affaires qui lui permettent aujourd'hui d'occuper un poste de représentant pour la compagnie Olympus spécialisée en prothèses de genou et de hanche.
Jonathan Laliberté n'a pas seulement brillé sur le terrain de football lors de son passage avec le Rouge et Or. Il le fit également dans ses études où en cinq ans, il obtint un BAC et un MBA en gestion des affaires qui lui permettent aujourd'hui d'occuper un poste de représentant pour la compagnie Olympus spécialisée en prothèses de genou et de hanche.

Jonathan Laliberté: cinq années payantes

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
Jonathan Laliberté a passé cinq années avec le Rouge et Or. Et elles ont été très payantes. Sur le terrain, il a savouré la conquête de cinq Coupes Dunsmore et de deux Coupes Vanier.  Et au niveau académique, il a quitté l’Université Laval avec en poche un baccalauréat et un MBA en administration des affaires.

«Je savais qu’à l’UL, je pourrais faire ma maîtrise sans avoir préalablement acquis d’expérience sur le marché du travail», explique l’ex-footballeur originaire de Varennes, sur la Rive-Sud de Montréal. «Pour être accepté dans le programme tout de suite après son BAC, il fallait obtenir une certaine cote. Je me suis dit que compte tenu que je jouerais avec le Rouge et Or pendant cinq saisons, je ferais mon BAC et mon MBA en cinq ans. Je n’ai pas chômé. Ma carrière a pris fin à l’automne 2011 et j’ai gradué au printemps 2012. 

«Mes études m’ont toujours apporté autant de fierté que mes performances sur le terrain», mentionne l’ex-numéro 7 qui a été choisi sur l’équipe All Canadian Academic qui récompense les meilleurs footballeurs-athlètes au Canada. «Je savais que mes chances de jouer au football professionnel étaient très minces. Et si j’avais réussi, ç’a aurait duré combien de temps? C’était mes études et mon expérience de travail qui me permettraient de gagner ma vie. J’ai donc travaillé très fort à l’école.»

Se qualifiant à la blague d’hyperactif, l’ex-demi-défensif est d’avis que ses années d’étudiant-athlète à Laval lui avaient beaucoup appris au niveau de la gestion de son temps. Jongler avec des entraînements, des séances vidéos, des réunions d’équipe, des matchs, des cours, des travaux et des examens à préparer demandait un doigté certain qu’il a pu développer à l’UL.

«Il faut être à son affaire pour arriver à tout faire, à garder un équilibre et à avoir du fun. C’est quelque chose qui te sert ensuite dans le milieu professionnel qui est quand même assez intense et où tu es payé pour donner du rendement.»

D’abord un hockeyeur

Même s’il a grandi au sein d’une famille où son père et deux de ses oncles avaient joué au football, c’est au hockey que Laliberté a amorcé sa carrière sportive. Et c’est vers l’âge de 14 ans que parallèlement il a commencé à jouer au football avec les Rebelles de Saint-Hubert, un sport pour lequel il a eu la piqûre et dans lequel il s’est tout de suite signalé. 

Malgré ses aptitudes sur le terrain, c’est vers une carrière de hockeyeur que Laliberté se destinait. Et c’est dans la Ligue midget AAA, avec les Gaulois de Saint-Hyacinthe, qu’il devait évoluer au moment d’amorcer son cinquième secondaire. Mais son cousin ayant été retranché de l’équipe, il décida de suivre ce dernier au Collège Notre-Dame afin de jouer au football avec les Cactus.

«Un tournant dans ma carrière. Et c’est par la suite que les choses se sont enchaînées. 

Avec Denis Touchette et l’équipe de coachs des Cactus, j’ai vraiment appris à jouer au football. Et j’ai connu une super année. À la fin de celle-ci, plusieurs équipes collégiales m’ont approché. Je suis allé camp de printemps des Cougars et des Spartiates. Finalement, je suis tombé en amour avec le programme du Vieux-Montréal. Mon oncle y avait joué. Et plus jeune, j’étais allé voir des Bol d’or des Spartiates.»

Logiquement, c’est avec les Carabins, dirigés par Marc Santerre, son coach à sa première année au Vieux-Montréal, que Laliberté aurait dû poursuivre sa carrière universitaire. Recruté par Glen Constantin, qu’il avait connu lors de son passage avec Équipe Canada, il opta finalement pour le Rouge et Or.

«Ça n’a pas été un choix facile, mais j’ai laissé parler mon cœur et mon feeling. À mes débuts comme footballeur, j’avais pris part à un camp d’été organisé par le Rouge et Or. J’avais été coaché par Pascal Masson et c’était devenu mon idole. C’est cet été-là que le Stade de foot du PEPS avait été construit. Et ça m’avait bien impressionné. J’avais vécu quelque chose de spécial. Le Rouge et Or, c’était aussi le summum du football au Québec. Je savais que je vivrais une expérience hors du commun.

«Aujourd’hui, je peux dire que j’ai vécu à Laval les plus belles années de ma vie. Le football y était tellement intense et demandant. Il n’y avait pas de complaisance. On n’acceptait pas le statu quo. Mais en même temps c’était tellement le fun. L’esprit d’équipe était incroyable. Jamais, je ne vivrai quelque chose comme ça dans ma vie. Et en plus, j’ai goûté à la victoire.»

C’est avec la défaite des siens, en finale de la Coupe Vanier contre les Mauraders à Vancouver, que la carrière de footballeur de Jonathan Laliberté a pris fin. Quelques mois auparavant, il avait tourné la page sur son rêve de jouer dans la LCF quand, malgré une très bonne performance au East-West Bowl,  il n’avait pas été invité à la journée de tests d’évaluation organisée par la ligue. 

«C’était correct. Les tests physiques, ce n’est pas là que je performais le plus. Ma force, c’était plus au niveau de ma compréhension du jeu et ma manière de jouer la game. Je n’ai donc pas été déçu de ne pas être invité au combine. Je m’y attendais.»

Laliberté ne cache pas que sa retraite avait créé un grand vide dans sa vie. Tant au niveau de son horaire que de son estime personnelle. «Quand tu joues au football, tu ne te poses pas de questions. Tu embarques corps et âme là-dedans. Tu t’habitues à un horaire chargé, à voir tes coéquipiers tous les jours et à avoir une grande partie de ta vie tourner autour du football. 

«Jouer au football à Laval, c’est aussi très valorisant comme expérience. Quand tu fais un beau jeu, les gens t’applaudissent, tes coéquipiers à tes côtés et ils sont heureux pour toi. C’est tellement intense l’adrénaline que ça te procure. Tu carbures à ça. Et du jour au lendemain, ça s’éteint complètement. Et je n’ai rien trouvé pour me ramener à ce sentiment-là dans ma vie de tous les jours.»

Laliberté raconte qu’il va toujours se rappeler de la première fois qu’il est retourné voir un match du Rouge et Or. Quand la musique a démarré, au moment où les joueurs sautaient sur le terrain, il a eu les larmes aux yeux. «Ça m’a ramené au sentiment que j’avais quand je jouais. Et c’est là que j’ai compris que je ne le vivrais plus jamais.»

Tout au long de sa carrière, le Varennois a pu compter sur des partisans fidèles comme ses parents et sa sœur qui ont assisté à tous ses matchs, mais aussi des oncles et des tantes, tous de grands fans de football.

«Ils ont trippé que je joue à Laval. Je sentais que c’était une fierté pour eux. Et ce qui était plaisant avec mon père, c’est qu’en tant qu’ex-footballeur, il pouvait analyser et décortiquer les séquences et me dire pourquoi tel ou tel jeu n’avait pas fonctionné. Même chose pour mes oncles. C’était le fun de parler football avec eux après les matchs.»

Rêvant de faire carrière dans le domaine médical, l’ex-numéro 7 est aujourd’hui représentant pour la multinationale japonaise Olympus, un leader mondial dans le domaine de l’endoscopie digestive et pulmonaire.  Il s’occuper de conseiller les clients sur nos produits et les assister quand ils en ont de besoin.

«J’ai été vraiment été chanceux. C’est une super belle compagnie pour laquelle je travaille. Les Japonais sont très minutieux. C’est plaisant de vendre de bons produits. Ça va faire six ans que je suis avec cette compagnie-là. J’adore ça», conclut le féru d’entraînement qui dans ses temps libres joue au hockey et qui fait de l’entraînement cross-fit.

Jonathan Laliberté en 2011

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QUESTIONS-RÉPONSES

Q Fait marquant?

R La conquête de la Coupe Vanier en 2010 à Québec devant nos partisans! C’était un moment magique que je n’oublierai jamais. Surtout avec la défaite crève coeur en demi-finale contre Queens l’année d’avant.

Q Performance marquante?

R En 2009, j’ai notamment réalisé plusieurs interceptions. Mais ça avait été vraiment une super année. Et aussi ma dernière saison au cégep du Vieux-Montréal (2006). J’avais vraiment connu très bonne année.

Q Idoles de jeunesse?

R Il y en a plein. Mais parmi les gars que j’ai côtoyés, je dirais Pascal Masson. J’avais vraiment été impressionné quand il m’avait coaché lors d’un camp d’été alors que j’étais jeune. Après ça, je l’ai vu joué à la télévision. Et finalement, j’ai eu la chance qu’il soit entraîneur des demi-défensifs avec le Rouge et Or. Ç’a vraiment été spécial. Et Charles Wilson, le demi-défensif des Raiders et des Packers dans la NFL. C’était un joueur que j’adorais.

Q Ce dont tu t’ennuies le plus?

R Le début des matchs au moment où la défensive saute sur le terrain pour sa première séquence. Le sentiment que je ressentais quand Marc (Fortier) faisait le call et que tout le monde se plaçait. Il y avait tout le temps un stress pendant la première drive, un bon stress. C’était tellement le fun.

Q Ce qui te manque le moins?

R Les lendemains de matchs, les blessures et les béquilles. Ça, je ne m’ennuie pas de ça. 

Q Entraîneurs marquants?

R Marc Fortier. J’ai vraiment eu une belle relation avec lui. En étant le maraudeur du Rouge et Or à mes quatre dernières saisons, j’ai appris à ajuster les couvertures selon ses calls et selon l’attaque. Ça m’a permis de vraiment développer quelque chose de spécial avec Marc. Il a eu un impact sur moi, mais pas juste au niveau football. Au niveau de l’individu que je suis aussi. Sa façon de voir les choses, de ne jamais être satisfait, de toujours vouloir plus et de se dire qu’il y a toujours place à l’amélioration, clairement c’est quelque chose qui va toujours rester dans ma vie de tous les jours et dans mon travail. Et Glen Constantin qui m’a coaché à Équipe Canada avant de le faire avec le Rouge et Or. 

Q Dans 10 ans...

Je me vois encore dans le domaine médical, peut-être à un poste de direction. Je me vois aussi avec une petite famille. J’aimerais avoir des enfants un jour. Dans 10 ans, qui sait? Je serai peut-être en train d’accompagner mon petit gars ou ma petite fille à son premier entraînement, peu importe le sport que ça sera. Je pourrais même être entraîneur.

Q Rêve?

En ce moment, j’ai arrêté de faire des triathlons parce que c’est trop d’entraînement. Je souhaiterais peut-être un jour réaliser un Ironman ou quelque chose comme ça. Je ne sais pas si je serais capable de le faire mais... Et j’aimerais prendre part à cette épreuve avec Samuel Lajoie et Guillaume Rioux, qui fait aussi des triathlons et de qui je suis encore très proche. Ça serait un bel exploit.