Johannes Hoesflot Klaebo répond aux questions des médias à la veille de reprendre le circuit des Coupes du monde de ski de fond, vendredi à Ruka, en Finlande.

Johannes Klaebo, le phénomène né pour skier

PARIS —Plus jeune champion olympique de l’histoire du ski de fond et tenant du gros Globe de cristal, Johannes Klaebo est un phénomène de précocité dans une discipline à l’exigence extrême. Le prodige norvégien de 22 ans semble taillé pour régner sans partage sur le circuit des Coupes du monde, qui reprend samedi à Ruka, en Finlande.

La trajectoire du natif de Trondheim a tout d’une météorite : un podium en Coupe du monde dès sa deuxième course en novembre 2016, un premier succès en février 2017 suivi du petit Globe du sprint avant l’explosion l’année suivante, avec comme point d’orgue le festival réussi aux JO de PyeongChang (trois médailles d’or). Même la Norvège, pays de la légende Bjorn Daehlie et bastion du ski de fond, n’avait jamais vu ça.

«Ce garçon, c’est un spectacle à lui tout seul», assurait ainsi son compatriote Martin Johnsrud Sundby, triple lauréat du classement général (2014, 2016, 2017), après le coup d’éclat de Klaebo à Ruka (trois victoires en trois courses) lors de l’ouverture de la dernière saison.

L’appel de la neige

Celui qui s’est vu offrir ses premiers skis dès l’âge de deux ans a longtemps privilégié une carrière de joueur de soccer. Mais il est difficile d’échapper à l’appel de la neige en Norvège. Ses prouesses chez les juniors (trois titres aux Mondiaux de 2016) finiront par sceller son destin.

Monstre physique, le fondeur a peaufiné sa technique parfaite auprès de son père et de son grand-père, son entraîneur personnel, quitte à prendre ses distances avec le collectif norvégien.

Pour cette saison, Klaebo a par exemple décidé de zapper la traditionnelle préparation en altitude dont raffolent ses compatriotes pour ne pas trop s’éloigner de sa base familiale. Et tant pis si les Championnats du monde (19 février-3 mars à Seefeld en Autriche), objectif majeur de l’exercice 2018-2019, ont lieu à plus de 1000 m : la nouvelle vedette du ski nordique ne veut pas changer une méthode qui gagne. Avec la volonté à plus long terme d’élargir sa palette jusqu’aux courses de distance pour dominer tout le spectre des disciplines du ski de fond.

«J’espère qu’il n’est pas parti pour tout écraser, mais il est impressionnant et il arrive à être favori à tous les départs», a expliqué François Faivre, l’entraîneur de l’équipe de France. «Il est dans la tradition norvégienne avec des skieurs qui savent tout faire. Il a déjà démontré qu’il avait d’énormes capacités, sans doute un talent encore plus important que ses collègues norvégiens. C’est un exemple, un modèle et un athlète de tout premier ordre. On s’en inspire et on regarde ce qu’il fait.»

Cocktail unique

Selon le technicien tricolore, ce sont «sa puissance», «sa rapidité», «ses qualités physiques» et sa «finesse technique» qui le distinguent de la meute. Un cocktail unique chez un si jeune fondeur.

Maigre consolation pour ses adversaires, le phénomène Klaebo ne compte pas forcément s’éterniser sur les pistes.

«En 2026, j’aurai 29 ans, il sera peut-être temps de faire autre chose. Je sais à quel point c’est difficile de garder chaque année la motivation. Il faut aussi conserver de l’enthousiasme et du plaisir pour réussir. Si un jour je sens que je n’en suis plus capable, je n’hésiterai pas à faire autre chose», a-t-il lâché à l’occasion de la sortie d’un livre écrit avec son grand-père.

Ce qui lui laisse tout de même un peu de temps pour martyriser ses rivaux et marquer définitivement l’histoire.