À 64 ans, Joe Maddon n’a rien perdu de son doigté pour diriger les Cubs.

Joe Maddon a encore la touche

CHICAGO — Tôt dans la saison, quand Anthony Rizzo avait des ennuis au bâton, le joueur de premier but des Cubs de Chicago a rendu visite à son gérant Joe Maddon. Ils ont parlé de l’art de frapper et Maddon a écrit des chiffres qui, selon lui, seraient à peu près ceux de Rizzo à la fin de la saison.

En cette fin du mois d’août, les statistiques de Rizzo commencent à s’approcher de sa production habituelle, ce qui donne raison aux prédictions de Maddon. Mais le joueur pourrait devoir faire confiance à son gérant à ce propos. «J’ai écrit les chiffres il y a quelques mois. Je dois juste me rappeler où je les ai placés», a déclaré Maddon.

La saison n’a pas été de tout repos, mais le gérant de 64 ans reste aussi à l’aise dans sa peau. Sa constance, bonifiée de subtils changements, est l’une des grandes raisons pourquoi les Cubs continuent de gagner.

Privés de Kris Bryant, Brandon Morrow et Addison Russell — tous blessés —, Chicago a remporté six matchs de suite avant celui de mardi, contre les Mets. Sur la butte, les joueurs autonomes Yu Darvish et Tyler Chatwood devaient consolider la rotation, mais ils ont connu des difficultés tout au long de l’été.

Javier Baez s’est toutefois épanoui, devenant l’une des plus grandes stars du baseball. Les recrues David Bote et Randy Rosario en donnent plus que prévu, tandis que les releveurs Steve Cishek et Pedro Strop ont été réguliers depuis le tout début de la campagne.

Sans zoo ni mariachi

Maddon a dû composer avec plusieurs nouveaux adjoints, mais les Cubs sont en voie de mériter leur troisième titre de section consécutif. «Il laisse les joueurs être eux-mêmes», souligne le voltigeur Kyle Schwarber. «Je pense qu’il a pleinement confiance en nous et je pense que ça en dit long. Nous le soutenons aussi. Je pense que c’est un peu comme ça, c’est un échange. Il nous donne le contrôle et nous sommes toujours là pour lui à la fin de la journée.»

La dernière série de victoires coïncide avec la semaine «American Legion» où, comme dans leur jeunesse, les joueurs arrivent au match au moment où il débute, à peu de choses près. Les Cubs ont encore des voyages à thème, mais Maddon est largement resté loin des extravagances qui l’ont rendu célèbre.

Pas de zoo pour enfants. Pas de magiciens. Pas de mariachi. Les Cubs ont pris de la maturité depuis son arrivée en poste, en 2015. Le gérant a peaufiné son style pour s’adapter au groupe.

«Si vous choisissez davantage vos moments, je pense que ç’a a un impact plus important», note Maddon. «J’ai honte de dire que je suis peut-être devenu un peu plus mature. Ça serait terrible. Si oui, je serais vraiment déçu de moi-même.»

Cette année, Maddon a judicieusement choisi comment utiliser Ben Zobrist. Et le joueur de 37 ans a livré des performances plus typiques, après des difficultés la saison dernière. Quant à la résurgence de Rizzo, elle a été stimulée par un passage productif comme premier frappeur. Puis le gérant a laissé Baez être Baez, lui laissant faire une gaffe occasionnelle sur les buts, vu son brio à la plaque et à l’avant-champ.

La touche habile de Maddon sera mise à l’épreuve lorsque Bryant et Russell reviendront au jeu, les Cubs ayant acquis Daniel Murphy par transaction. Il sait que c’est un problème que beaucoup d’autres équipes aimeraient avoir. Et si quelqu’un veut en parler, sa porte est toujours ouverte. «C’est une année vraiment intéressante. Beaucoup de bonnes conversations. Quand les gars ont des problèmes, ils viennent m’en parler. Ça se passe vraiment bien.»