Le 18 septembre 2016, le numéro 9 de Joé Juneau avait été retiré par le Blizzard, la nouvelle mouture des Gouverneurs.

Joé Juneau n’a jamais oublié la saison 1984-1985

«Une saison comme celle-là, ça marque la vie d’un joueur de hockey. Personnellement, je m’en souviens encore, et je suis content que les jeunes de Lévis puissent vivre cela à leur tour.»

Joé Juneau a laissé un bel héritage de son parcours comme hockeyeur en devenant l’un des premiers joueurs de la région à atteindre la LNH en passant par les universités américaines et le programme olympique. Il s’implique aussi depuis plusieurs années dans le développement du hockey auprès des jeunes des Premières Nations et par l’entremise du programme Hockey École, dans la région de Portneuf.

Il se trouvait d’ailleurs dans réserve d’Obedjiwan lorsqu’on l’a joint, cette semaine, pour ressasser ses souvenirs du record de 1984-1985. «Je ne me rappelle pas que l’on jouait pour quelque record que ce soit. Crime, on jouait juste pour gagner à chaque match», illustre le troisième meilleur marqueur de l’équipe, cette année-là, avec 25 buts et 71 points.

Le joueur de Pont-Rouge revoit l’alignement des Gouverneurs et peut dire qui formaient les différents trios, les paires de défenseurs, etc. Il n’a pas oublié le rôle du gardien François Gravel dans cette épopée victorieuse.

«Je pense qu’on était conscients que nous avions tout un club. Quand François est arrivé avec nous, il a eu un impact important, ça nous a mis en confiance.»

Joueur de centre, Juneau avait été muté à l’aile gauche à la suite d’une blessure par l’entraîneur-chef Jean-Louis Létourneau, qui avait eu du flair, car Juneau, Pierre Sabourin et Jean-Marc Routhier formaient un trio redoutable.

«On avait développé une belle cohésion tout de suite. Je pense qu’on marquait deux ou trois buts par match. Même chose pour le trio de Benoît Groulx avec Derek Tweddell. Jean-Louis avait trouvé la bonne recette, il y avait de la stabilité, les trios restaient les mêmes, tout comme notre jeu de puissance, qui avait un taux d’efficacité incroyable. Lorsqu’on avait un avantage numérique, les cinq mêmes joueurs embarquaient toujours...»

Joé Juneau dans l'uniforme du Blizzard du Séminaire Saint-François

En profiter au maximum
Son passage dans le midget AAA lui a permis de découvrir le hockey de compétition. La suite appartient à chacun, certains jouent au niveau professionnel, d’autres prennent le chemin du travail.

«C’est le fun de voir où les gars sont rendus. On a grandi ensemble, autant comme équipe que sur le plan personnel. On a fait notre chemin à notre façon. On voit aussi qu’il y a autre chose après le hockey, et nous sommes devenus des parents à notre tour.

«Les jeunes qui évoluent dans le midget AAA, aujourd’hui, doivent réaliser que ce sont des années très formatrices à tous les niveaux. Qu’ils en profitent au maximum», soutient l’auteur de 156 buts et 572 points en 832 matchs dans la LNH avec Boston, Washington, Buffalo, Ottawa, Phoenix et Montréal.

Couloir interdit
Létourneau avait vite détecté le talent de Juneau, qui n’avait jamais évolué dans le hockey de compétition avant de percer l’alignement des Gouverneurs, l’année précédente.

«Joé avait déjà un VO2max supérieur. Il pouvait jouer à outrance en troisième, il avait de la vitesse et de l’endurance, mais c’était aussi un passeur hors pair», relate en souriant celui qui pouvait jouer à trois — et même à deux — trios, car à l’époque de Robert «Bob» Chevalier, l’entraîneur-chef n’avait pas à justifier ses décisions aux parents qui auraient eu le goût de se plaindre sur l’utilisation de leur fils puisque le couloir menant au vestiaire leur était interdit.