Le 30 novembre 2013 au Colisée Pepsi, Jo Jo Dan avait battu Kevin Bizier par décision partagée.

Jo Jo Dan: la chance d'une vie

La chance d'une vie. C'est la manière dont Pierre Bouchard a qualifié le combat que Jo Jo Dan (33-2, 18 K.-O.) livrera à Kevin Bizier (23-1, 16 K.-O.), demain au Colisée Pepsi.
Avec une victoire, le poulain de Bouchard deviendrait un aspirant obligatoire pour le titre IBF international détenu par Kell Brooks. Il s'est toutefois empressé d'ajouter que même si l'enjeu du duel n'a jamais été aussi grand pour son boxeur, Jo Jo Dan n'avait aucun mal à se concentrer sur celui-ci.
«C'est certain que l'idée de se battre dans le cadre d'un championnat du monde doit trotter dans la tête de Jo Jo», a avoué Bouchard. «Mais en boxe, on apprend dès ses premiers combats qu'on doit avoir la même philosophie qu'un alcoolique. Il faut prendre les duels un duel à la fois. En boxe amateur, il faut toujours gagner pour aller plus loin. Et chez les professionnels, c'est encore plus vrai alors que ce sont les victoires qui dictent les bourses et la suite de ta carrière. On ne peut donc pas penser à long terme. Jo Jo est habitué à ça.»
Bouchard est allé plus loin en disant qu'il savait que le promoteur du boxeur de 33 ans avait des projets pour son poulain, mais qu'il avait demandé à ne pas les connaître. Il a indiqué que ceux-ci pourraient le perturber et que si c'était le cas, Dan le ressentirait. «Tout notre focus est sur le combat de vendredi. Et samedi, nous nous lèverons avec le scénario qui suivra.»
Même son de cloche du côté de Jo Jo Dan - de son vrai nom Ionut Dan Ion -, qui n'a pas caché qu'un combat pour un titre mondial était son plus grand rêve en carrière, le rêve que caresse tous les boxeurs dès qu'ils mettent les gants. «Je ne pense jamais beaucoup à ce qui pourrait arriver», a lancé le Roumain. «Si je le faisais, je ne pourrais pas être concentré sur mon prochain combat. Je préfère laisser les choses venir. Je sais que je suis très près de réaliser mon rêve, mais en même temps, je suis conscient que je pourrais aussi être très loin.
Encore aussi bon
De l'avis de bien des experts en boxe, Jo Jo Dan avait été excellent le 30 novembre 2013 face à Bizier. Pourra-t-il être aussi bon, et même meilleur, demain? Bouchard n'en doute point.
«Même si, selon notre regard, Jo Jo avait été bon, il y avait un paquet de petites choses que l'on pouvait améliorer et des erreurs que l'on aurait pu éviter. Ça ne veut pas dire que nous utiliserons la même stratégie et que nous ne ferons pas du tout d'erreurs. Mais il y avait des choses que nous pouvions corriger et en le faisant, nous pourrons gagner de manière encore plus décisive. Mais la boxe, ce n'est pas simple. C'est pour cette raison que nous avons élaboré un paquet de plans qui fonctionneront, nous l'espérons.
«Nous savons aussi que Bizier a fait des ajustements. Et il arrivera probablement au combat avec une nouvelle approche. On tente de trouver quels seront ces ajustements. C'est une game très intéressante. Surtout que les deux boxeurs ont faim et qu'ils ont bien travaillé. Mais il y a une chose qui est sûre : parce qu'il est chez lui et qu'on l'a vanté dans les médias, Kevin a toute la pression du monde.»
Être dans le coin des mal-aimés et ne pas avoir l'appui de la foule ne dérange pas Jo Jo Dan. «Dans le ring, ça va juste être Bizier et moi. C'est là que va avoir lieu le combat. Pas ailleurs. Et si j'entends les gens crier et siffler, ce sera pour moi le signe que le combat est excitant et que les gens sont satisfaits.»
De plus, il ne croit pas que le fait de s'être battu une seule fois depuis son duel face à Bizier pourrait lui causer préjudice. «Je me suis entraîné très fort dans le gymnase. En plus d'être un travail, la boxe est aussi une passion et un plaisir. Je n'ai donc pas ménagé mes efforts. Je suis donc prêt physiquement et mentalement à 100 %. Et mon niveau de confiance est très élevé.»
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Un revers vite oublié
Les défaites sont parfois difficiles à accepter. Mais selon Samuel Descaries, Kevin Bizier n'a pas déprimé longtemps à la suite de son revers aux mains de Jo Jo Dan en novembre 2013. Au contraire, il a rapidement tourné la page. «Je n'ai pas eu à le remonter», a mentionné le coach du boxeur originaire de Saint-Émile. «Kevin, c'est un guerrier et un fier compétiteur. Il n'avait pas accepté la défaite et il a voulu retourner dans le gymnase rapidement afin d'être prêt à la venger dès que la situation se présenterait. Et après avoir attentivement visionné le combat, un duel que nous pensions avoir gagné, nous avons tout mis en oeuvre afin de nous assurer d'aller chercher un résultat différent. On a vu ce que Jo Jo Dan pouvait faire et nous nous sommes préparés pour le meilleur Jo Jo Dan possible.»