Le président du comité olympique hongrois Zsolt Borkai estime que les partis d'opposition ont manifesté leur désaccord avec la candidature par intérêt politique. «Maintenant, près de la ligne d'arrivée, ils détruisent le rêve qu'ils avaient auparavant appuyé.»

JO de 2024: Budapest jette l'éponge

Budapest jette l'éponge; Paris et Los Angeles occupent désormais seules le ring. La course à l'organisation des Jeux olympiques d'été de 2024 a changé de nature avec le retrait de la candidature de la capitale hongroise, mercredi soir.
Engluée depuis des mois dans le bourbier généré par l'impopularité de sa candidature auprès de ses habitants, Budapest a surpris tout le monde en sifflant dès mercredi la fin de la partie.
«Puisque l'union nécessaire à Budapest a été perdue, la candidature a perdu toutes ses chances», a fait savoir dans un communiqué le gouvernement conservateur du premier ministre Viktor Orban. Quelques minutes auparavant, c'est le maire Istvan Tarlos qui avait vendu la mèche au sortir d'une réunion avec le premier ministre.
Position intenable
La position de Budapest était devenue de jour en jour plus intenable, alors qu'une pétition contre la tenue des Jeux en Hongrie avait remporté un énorme succès, vendredi dernier.
Dans la foulée, la société responsable de la candidature avait annoncé samedi qu'elle suspendait ses opérations.
Mercredi, tout s'est donc accéléré, jusqu'au point de non-retour.
À la mi-journée, déjà, les dés semblaient jetés avec la déclaration du président du comité olympique hongrois Zsolt Borkai évoquant «un rêve qui se dissipe». Les autorités ont donc finalement cédé face au mécontentement populaire, alors que le projet avait jusqu'à présent été porté et soutenu avec force par, en premier lieu, le premier ministre Orban.
Borkai estime que les partis d'opposition ont manifesté leur désaccord avec la candidature par intérêt politique. «Maintenant, près de la ligne d'arrivée, ils détruisent le rêve qu'ils avaient auparavant appuyé.»
Jeunes opposants
Dans l'histoire de cette course à l'organisation des JO de 2024, Budapest suit finalement les traces de Hambourg, qui s'était retirée à la suite d'un référendum perdu, et de Rome, ces deux villes arguant de contingences financières.
Lancée par un mouvement de jeunes opposants, Momentum, la campagne anti-JO à Budapest avait dénoncé le coût du projet olympique, demandé davantage de moyens pour la santé et l'éducation et insisté sur les risques de «corruption» impliqués par les sommes en jeu, touchant une corde sensible dans l'opinion publique. La pétition contre les JO avait ainsi récolté près de 266 000 signatures, presque le double du total nécessaire pour organiser une consultation populaire.
Dans la course à l'organisation, Budapest s'était singularisée en jouant la carte d'une candidature «modeste» et «à taille humaine» Paris et Los Angeles, les deux mastodontes et favoris annoncés pour la victoire, sont désormais face à face, alors que la décision finale sera prise après un vote des instances olympiques le 13 septembre prochain, à Lima (Pérou).  Avec AP