Flammèche de Shawinigan (2011) qui faisait probablement peur aux enfants avec ses yeux gigantesques et ses cheveux orange hérissés.

Jeux du Québec: où est la mascotte?

Certaines étaient très belles, d’autres laides. Les Jeux de Laval, en 1991, en avaient même cinq avec l’étrange Famille Vital. La 54e finale des Jeux du Québec, qui se déroule présentement dans la capitale, n’a pour sa part tout simplement pas de mascotte!

La mascotte Flambo de la 53e finale qui avait lieu à Thetford Mines l’été dernier ne pourra donc pas passer le... flambeau à un homologue de Québec cette année et le transmettra donc probablement directement à la bernache des Jeux de Laval, en 2020, dont le nom sera dévoilé sous peu.

«Nous n’avions que 12 mois pour préparer les Jeux, que nous avons repris au pied levé après le désistement de la MRC de la Vallée-de-l’Or. Nous avons donc choisi de nous concentrer sur les dossiers prioritaires: trouver des gymnases, trouver des sites pour les compétitions. Dès le début, on a décidé qu’on ne s’embarquerait pas là-dedans», a déclaré le directeur général du comité organisateur des Jeux, Martial De Rome, sachant très bien que certains spectateurs et participants allaient chercher en vain la mascotte lors des cérémonies d’ouverture.

Pas une première

«Ils viendront me voir s’ils cherchent une mascotte!», a ajouté M. De Rome dans un éclat de rire. Pas question donc de recycler le vieux costume poussiéreux de l'écureuil gris Chabou, mascotte des derniers Jeux à avoir eu lieu dans la région de la capitale, à Charlesbourg en 1985. 

À noter qu’il s’agit seulement des seconds Jeux sans mascotte depuis la naissance des Jeux du Québec. En 1975, le comité organisateur des Jeux de Trois-Rivières avait décidé de ne pas avoir de gros toutou coloré pour accueillir les jeunes athlètes et avait d’ailleurs été beaucoup critiqué pour sa décision. «C’était une question de philosophie et de nouveau concept qui n’a pas été repris par la suite. On voulait mettre l’accent sur les athlètes et non sur une mascotte. Disons que nous avons bousculé gestes et coutumes», explique Michel Morissette, membre de la délégation de la Mauricie, sur le site web des Jeux. 

Légendes

C’est que la mascotte est intimement liée à la plupart des finales des Jeux du Québec, apparaissant sur son logo et se pointant dans tous les événements. Certaines ont presque acquis le statut de légendes. La mascotte des Jeux de Saint-Georges, en 1974, s’appelait Jaro et avait une réputation plutôt sulfureuse selon les journalistes qui ont assuré la couverture de l’événement. Celle des Jeux d’hiver de 1980 à Thetford Mines est le seul engin explosif ayant servi de mascotte des Jeux du Québec puisque Jamiq était un bâton de dynamite représentant l’industrie minière alors florissante dans cette ville de Chaudière-Appalaches. 

La mascotte des jeux de Joliette, en 1978, avait même causé un mini-scandale. Joco était en effet... une grenouille à une époque où plusieurs francophones recevaient parfois l’épithète méprisante de «French Frogs». Le comité organisateur n’avait jamais pensé à cet aspect en choisissant le batracien, qui faisait plutôt référence au nombreux lacs, étangs et cours d’eau de Lanaudière. 

Plusieurs des mascottes, comme le lynx Flambo, avaient fière allure. Celle qui était probablement plus belle d’entre toutes, le renard Sherlo, a même trouvé du travail après les Jeux de 1995 en devenant la mascotte du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke. Par contre, il faut l’avouer, certaines étaient épouvantablement laides, voire même horribles. On n’a qu’à penser à l’écureuil Jovic de Victoriaville (1981) aux cuisses bien dodues agrémentées de fleurs de lys et dont la toison était faite d’un matériau incertain, au Flammèche de Shawinigan (2011) qui faisait probablement peur aux enfants avec ses yeux gigantesques et ses cheveux orange hérissés, ou encore au Carbone La Flamme de Longueuil (2014), un bizarroïde flambeau anthropomorphique qui semblait avoir été peint par Piet Mondrian après une nuit de beuverie.