La flamme s'est allumée pour marquer le début des 54e Jeux du Québec.

Jeux du Québec: de l'aide pour les petites villes

Après deux éditions à peiner pour trouver une ville hôtesse pour les Jeux du Québec (qui se sont ouverts hier soir dans la capitale), Sports Québec pourra enfin respirer plus à l’aise dans quelques semaines. Le gouvernement Legault devrait annoncer une hausse importante du financement des Jeux qui devrait inciter les régions moins populeuses à se porter candidates.

Le président de Sports Québec, Michel Allen, l’a annoncé vendredi à quelques heures des cérémonies d’ouverture des Jeux du Québec, les premiers à se tenir dans la ville fusionnée de Québec. En plus de Laval et Rivière-du-Loup, déjà annoncées comme villes hôtesses des Jeux de 2020 et 2021, Drummondville, Châteauguay et Rimouski, qui avait pourtant tourné le dos aux Jeux du Québec de 2018, sont sur les rangs pour obtenir les Jeux de 2022.

«Il y a une annonce qui s’en vient au niveau du financement, qui va augmenter, et ce sera une grande bouffée d’air frais pour les milieux hôtes», a commenté M. Allen, ajoutant que les villes candidates pour 2022 étaient au courant que du financement supplémentaire était en route pour le budget d’infrastructures et le budget d’exploitation. 

«Le financement devrait être annoncé d’ici un mois. Cette hausse était cruciale pour assurer l’avenir des Jeux, sans ça on aurait été condamné à tenir les Jeux uniquement dans quelques grandes villes du Québec alors qu’on veut justement être présents en région entre autres pour le développement du sport et l’amélioration des infrastructures sportives», a expliqué M. Allen.

Conférence de presse pour le le lancement des Jeux du Québec, on y retrouvait le maire Labeaume, la ministre Isabelle Charest.

Difficile

Ce dernier a avoué qu’il était devenu difficile de trouver des villes candidates alors que le budget des Jeux tourne généralement autour de 5,5 millions $. Rimouski s’était retirée de la course pour l’été 2018, forçant alors Sports Québec à se tourner vers Thetford Mines, qui a levé la main après avoir organisé les Jeux de 2003. Quant aux Jeux qui ont lieu présentement à Québec, ils étaient promis à la MRC de la Vallée-de-l’Or, en Abitibi, qui s’était cependant retirée à l’automne 2017, préoccupée par des questions de financement. La Ville de Québec injecte elle-même 800 000 $ dans l’aventure cette année en plus de 400 000 $ en services alors que le gouvernement provincial y met 3 154 000 $.

La ministre provinciale des Sports, Isabelle Charest, a confirmé elle aussi que du financement supplémentaire serait bientôt dévolu aux Jeux du Québec. «Nous sommes en train de revoir le financement des Jeux, et il n’y a pas 56 façons de le faire», a-t-elle déclaré au Soleil, refusant toutefois de révéler la teneur de l’augmentation. «Une chose est sûre, pour le gouvernement, c’est un événement qui est très important pour la vitalité des régions, les infrastructures et la mobilisation régionale. Il ne faut pas que ça ait lieu seulement dans les grandes villes, ce n’est pas ce qu’on veut.»

Coup d’envoi

À Québec, les 54e Jeux du Québec ont été lancés vendredi à la place George-V par l’allumage de la flamme des Jeux, suivi d’un spectacle de la compagnie MysterAct. La troupe de Québec a élaboré spécialement pour les Jeux du Québec le spectacle O Celcius, qui s’inspire de la féérie des hivers québécois et met en scène des illusionnistes, musiciens, acrobates et danseurs. Ensuite, jusqu’au 9 mars, 2912 athlètes de 12 à 17 ans se mesureront dans 22 sports dans lesquels 1300 médailles seront remises.

Les organisateurs s’attendent à 135 000 entrées alors que les retombées économiques sont évaluées à 12 millions $.

La patineuse de vitesse Béatrice Lamarche a porté la traditionnelle flamme vendredi soir.

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INCIDENTS RACISTES AU HOCKEY: LA MINISTRE CHAREST INDIGNÉE

La ministre québécoise des Sports, Isabelle Charest, s’est dite indignée par les incidents racistes rapportés au cours des derniers jours dans la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) et au hockey mineur de Trois-Rivières où, respectivement, un joueur de race noire et un hockeyeur amérindien ont été la cible d’insultes à caractère racial.

«Je suis indignée comme tout le monde et je crois que des incidents comme ceux-là permettent de réitérer l’importance de se donner des protocoles et des mesures», a-t-elle déclaré en marge de la conférence de presse d’ouverture des Jeux du Québec. «Malgré tout, je suis quand même contente de la réaction de la LNAH», a-t-elle ajouté à propos de la décision du commissaire du circuit de dénoncer les gestes commis par des partisans des Pétroliers du Nord de Saint-Jérôme envers le défenseur Jonathan-Ismaël Diaby des Marquis de Jonquière. Le circuit a aussi adopté une série de mesures pour éviter que des incidents du genre se reproduisent.

«D’ailleurs, je voulais rencontrer la LNAH pour parler pas seulement de ça, mais pour cibler la violence en général dans les ligues senior. Ultimement, on veut faire bouger les gens et il y a des centaines de joueurs de hockey adultes au Québec, mais peut-être que certains hésitent encore à jouer dans les ligues senior car ils ont un emploi et ne veulent pas être blessés dans des épisodes de violence», a déclaré la ministre.

Quant au jeune Atikamekw qui évolue pour les Loups de La Tuque au niveau bantam et qui a aussi été victime d’insultes racistes de la part d’un entraîneur et de partisans adverses, Mme Charest a insisté sur l’importance pour les fédérations de hockey mineur de se doter d’un plan d’action pour faire face à ce genre de situation.

«Ces incidents, il faut en parler et il faut les dénoncer. C’est de moins en moins toléré aujourd’hui», indique la triple médaillée olympique en patinage de vitesse courte piste. «Oui, des incidents racistes, j’en ai vu à l’époque où je pratiquais mon sport. J’en ai vu dans le sport et ailleurs. Mais les choses ont évolué. Je suis contente de voir comment, aujourd’hui, les gens se sont insurgés et ont fait pression sur la LNAH qui a quand même réagi rapidement», conclut-elle.