Les parents de Cloé Jelonek sont peut-être d’anciens athlètes olympiques, mais ils la laissent tracer son chemin sportif à son propre rythme

Jeux du Québec: Cloé Jelonek trace son propre chemin

La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre, dit-on. Les parents de Cloé Jelonek sont peut-être d’anciens athlètes olympiques, mais ils la laissent tracer son chemin sportif à son propre rythme. À 12 ans, la jeune fille de la région Chaudière-Appalaches en est à sa deuxième participation aux Jeux du Québec.

L’été dernier, Cloé avait pris part à ceux de Thetford Mines en soccer. Cette semaine, elle fait partie de l’équipe de sa région en patinage de vitesse courte piste.

«Il y a beaucoup plus de bruit pendant les Jeux que dans nos compétitions habituelles, il y a de l’ambiance, tout le monde s’encourage, c’est le fun», racontait l’étudiante de première secondaire, jeudi, avant la finale de l’épreuve de 1500 m.

Elle a été disqualifiée en raison d’une arrivée dangereuse en tombant à la ligne alors qu’elle était quatrième. Après quelques larmes, le sourire est vite réapparu sur son visage, selon nos espions... La veille, elle avait fini au neuvième rang du 1000 m. Elle bouclera la boucle, vendredi, avec une course de 400 m et le relais 2000 m.

Sa double participation aux Jeux de Québec s’ajoute à une belle collection de rendez-vous sportifs dans sa famille. Son père, Gregor Jelonek, a participé aux Jeux olympiques de 1988 et à plusieurs autres à titre d’entraîneur de l’équipe canadienne de longue piste. Sa mère, Guylaine Dumont, est l’une des plus grandes joueuses de volleyball de l’histoire du pays et a pris part aux Jeux de 2004, où elle a fini cinquième au tournoi de volleyball de plage. Et sa sœur aînée, Gabrielle, vient de prendre le 10e rang aux Championnats du monde juniors de patinage de vitesse longue piste. Bien sûr, les quatre membres de la famille ont pris part aux Jeux du Québec.

«Je ne suis pas trop jeune pour dire que j’aimerais aller aux Jeux olympiques et faire des compétitions internationales, en patin et au soccer», confiait Cloé, jeudi après-midi.

C’est qu’elle commence à trouver son plaisir à la compétition en patin après avoir pris une pause de celle-ci, l’an passé «parce que ça me stressait plus qu’en soccer, un sport d’équipe.»

«Comme parents, même si on sait que nos enfants peuvent avoir un potentiel athlétique, il fait les laisser aller à leur rythme et ne pas les pousser. Cloé, la compétition la stressait, mais elle y prend goût de plus en plus. Elle se découvre comme athlète et a décidé par elle-même de refaire des compétitions», dit son père qui admet vieillir d’un an à chaque course importante de ses enfants et de ses protégés de l’équipe nationale.

Des yeux admiratifs

Fondatrice de l’organisme Sport’Aide, sa mère l’observe avec des yeux admiratifs en se revoyant avec une médaille au cou à une course de relais en athlétisme aux Jeux du Québec de 1981.

«On veut que nos enfants gagnent, qu’ils ne vivent pas d’échec, qu’ils fassent leur meilleure performance à chaque fois et qu’ils vivent une belle expérience. On leur donne des outils, on les laisse s’épanouir», dit celle dont le rôle d’ambassadrice des Jeux du Québec lui a permis de rencontrer plusieurs enfants heureux, ces derniers jours.

Après la cérémonie de clôture des Jeux, samedi (17h30) à Place George-V, ce sera le retour à l’école pour tous ces jeunes. Certains auront participé au plus grand événement de leur vie, d’autres s’en serviront comme tremplin pour un niveau supérieur. L’histoire le dira.

«Les Jeux du Québec m’interpellent beaucoup. Quand j’y ai pris part, en 1977, j’avais huit ans et j’étais tombé dans toutes mes courses parce qu’il n’y avait personne pour aiguiser mes patins. Mais je suis encore dans le sport à 50 ans», ajoutait Gregor Jelonek, entraîneur au Centre national Gaétan Boucher, en guise d’exemple pour les jeunes d’aujourd’hui.