Jessica Pegula est devenue vendredi la première joueuse à se qualifier pour les demi-­finales de la Coupe Banque Nationale, ce qui lui assure une bourse d’au moins 11 500 $US. Toutefois, l’argent n’est pas vraiment un souci dans la vie de la 227e raquette mondiale, elle dont les parents sont les riches propriétaires des Sabres et des Bills de Buffalo.

Jessica Pegula entre balles, Sabres et Bills

Jessica Pegula ne joue pas à la Coupe Banque Nationale pour la bourse. La joueuse de tennis de 24 ans est la fille des propriétaires des Bills et des Sabres de Buffalo.

Ce qui ne l’a pas empêchée vendredi midi d’être la première à décrocher sa place pour les demi-finales du tournoi WTA de Québec, prenant la mesure de Petra Martic 6-3 et 7-5. Deuxième favorite de la compétition, la Croate s’était montrée presque intouchable à ses deux premiers matchs. Cette victoire sur la 38e raquette mondiale vaut à Pegula (227e) un chèque d’au minimum 11 500 $US.

Et la fierté d’être toujours en vie, après s’être frayé un chemin à partir des rondes de qualification, dès samedi dernier. Il s’agit donc de sa cinquième victoire cette semaine. Où elle n’a échappé qu’une manche, en qualifs contre Lauren Davis, qualifiée qui avait justement fait la finale à Québec en 2016.

En 25 ans de Challenge Bell, rebaptisé Coupe Banque Nationale, seule Tamira Paszek, en 2010, a réussi à gagner le tournoi après être passée par les qualifications. Pegula est la neuvième qualifiée de l’histoire à atteindre les demi-finales. Elle affrontera sa compatriote et cinquième favorite Sofia Kenin, samedi.

«C’est drôle que vous me parliez de Paszek, parce qu’on me dit souvent qu’on se ressemble autant physiquement que dans notre style de jeu», a affirmé après la victoire celle qui a déjà été 123e au monde en 2013. Mais c’était avant de se faire opérer à la hanche gauche, en 2017.

Elle a depuis dû apprendre à «gagner sans être parfaite». Ce qu’elle fait avec plaisir sur le court principal du PEPS de l’Université Laval, une surface ultra rapide qu’elle est l’une des rares participantes cette semaine à dire l’apprécier.

Un jour propriétaire?

On a jasé tennis, avec Pegula, mais aussi football et hockey. «J’aime beaucoup le hockey et j’en parlais avec le chauffeur qui m’a conduite ici. Il était surpris qu’une joueuse de tennis connaisse ça autant!» s’esclaffe-t-elle.

Ses parents, les richissimes Terrence et Kim Pegula, ont acheté les Sabres (LNH) quand elle avait 17 ans, en 2011. Les Bills (NFL) se sont ajoutés en 2014. Ils ont aussi un club professionnel de crosse, une équipe dans la Ligue nationale de hockey féminin, le club-école des Sabres à Rochester (LAH) et une maison de disques de musique country.

«Je comprends la frustration de mes parents quand leur équipe va mal. Ils me comprennent aussi mieux, maintenant qu’ils doivent traiter avec 30 [athlètes] comme moi en même temps», juste avec l’équipe de hockey.

La jeune Pegula a pour l’instant toute la tête au tennis. Mais après sa carrière d’athlète, elle ne dit pas non à reprendre les rênes de la gestion de Pegula Sports and Entertainment. «J’aimerais ça, oui! J’aime le milieu du sport et il y a beaucoup à y apprendre», indique celle qui a quatre frères et sœurs, dont deux nés d’une union précédente de son père.

Sa mère, née en Corée du Sud et adoptée par un couple de Canadiens installé aux États-Unis, est devenue en mai la première femme à présider un club de la NFL et est l’une de deux personnes aux origines non européennes à posséder une équipe de la NFL.

Après une première participation aux séries en 18 ans la saison passée, les Bills viennent d’amorcer la campagne sur une défaite de 47-3, dimanche dernier. Quant aux Sabres, ils sont absents des éliminatoires de la Coupe Stanley depuis sept ans.