Le demi défensif Jean-Sébastien Bélisle des Carabins de l’Université de Montréal espère mettre la main sur la Coupe Vanier avec son équipe. Le trophée était à l’Université Laval depuis l’an dernier.

Jean-Sébastien Bélisle: celui dont le Rouge et Or ne voulait pas

Laissé de côté en 2014 alors que plusieurs de ses coéquipiers du Notre-Dame du Campus Notre-Dame-de-Foy étaient recrutés par le Rouge et Or de l’Université Laval, le demi défensif Jean-Sébastien Bélisle des Carabins de l’Université de Montréal avoue qu’il a vraiment savouré sa Coupe Dunsmore remportée en fin de semaine face à «l’ennemi» lavalois.

«À l’époque, le Rouge et Or n’avait vraiment démontré aucun intérêt pour moi», raconte Bélisle en entrevue téléphonique avec Le Soleil. Le Trifluvien fait référence à sa dernière saison avec le Notre-Dame, qu’il avait complétée avec quatre interceptions en plus de dominer la ligue pour les retours de bottés de dégagement. Même si le Rouge et Or avait passé son tour pour Bélisle, l’équipe de l’Université Laval avait effectivement tendu une perche à ses coéquipiers Samuel Chénard, Louis-Philippe Saint-Amant et Vincent Desjardins, entre autres, après cette saison où le Notre-Dame avait perdu en demi-finale du Bol d’or.

«Je t’avoue qu’à cause de cela, ça fait vraiment un petit velours de performer comme je l’ai fait contre une équipe qui n’a pas voulu de moi», poursuit Bélisle, qui a réalisé sept plaqués, un sommet durant ce match de championnat québécois.

Première revanche

Il faut cependant dire que le footballeur de 24 ans avait rapidement pu savourer sa revanche contre le Rouge et Or puisque, dès sa première saison avec les Carabins en 2015, son équipe remportait la Coupe Dunsmore contre ses rivaux de l’autre bout de l’autoroute 20. 

«Je voulais retrouver ce feeling de gagner la Coupe Dunsmore au PEPS. Dire qu’à ma première saison, je pensais qu’on pourrait gagner la Coupe Dunsmore chaque année! J’ai dit à mes coéquipiers que c’était ma dernière année et que je voulais aller en chercher une autre», raconte celui qui était, avec Louis-Philippe Simoneau et Maxime Joubert, le seul joueur des Carabins à avoir goûté au championnat provincial avant samedi dernier. 

Ses coéquipiers ont entendu le message et les Carabins sont sortis vainqueurs 25 à 10. «C’est d’autant plus satisfaisant que notre première victoire en Coupe Dunsmore avait été remportée sur un botté bloqué en fin de quatrième quart, alors que celle-là était beaucoup plus convaincante», poursuit celui qui garde d’excellents souvenirs de son passage à Québec.

Bonne chance

«J’ai joué tout mon football collégial à Québec. Ça me fait toujours quelque chose de retourner dans la ville où je suis devenu un homme. J’y reviens souvent, car j’y ai encore beaucoup d’amis avec qui je suis allé au cégep», enchaîne-t-il. Il considère toujours les Saint-Amant, Chénard et le porteur de ballon Alexis Côté comme ses amis même s’ils portent le mauvais uniforme. «C’est drôle, car, pendant le match de samedi, Alexis m’a cutté et quand je me suis relevé, il m’a demandé si j’étais correct», raconte Bélisle. «Et quand le match a été fini, on s’est fait un câlin et il m’a souhaité bonne chance», poursuit-il. 

Il avoue que quelques joueurs du Rouge et Or lui ont souhaité d’aller chercher la Coupe Vanier, qui était à l’Université Laval depuis l’an dernier. «Ça fait toujours du bien d’entendre ça de la part de tes adversaires. J’ai des chums avec le Rouge et Or qui me l’ont souhaité et moi aussi, je leur souhaitais les saisons passées quand ils gagnaient contre nous.»

Car le travail n’est pas encore terminé pour Bélisle, qui souhaite mettre fin à sa carrière universitaire en touchant au «gros trophée», c’est-à-dire la Coupe Vanier. «En 2015, on avait perdu sur un botté de placement, c’était vraiment une défaite crève-cœur», se souvient-il à propos du revers de 26 à 23 subi face aux Thunderbirds de l’Université de Colombie-Britannique. Avant d’atteindre la finale canadienne, les Carabins devront vaincre les Axemen d’Acadia en fin de semaine.

 «Je me souviens les avoir affrontés en 2015 dans les matchs interconférences. C’est une équipe qui a beaucoup changé depuis. Ils ont un quart-arrière, Hunter Guenard, qui n’a pas peur de lancer le ballon. En tant que demi défensif, mon rôle est justement de surveiller particulièrement la passe. Ils ont aussi un bon porteur de ballon en Dale Wright», analyse-t-il en terminant.

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LE TOUR DE BRIAN

Au cours des deux dernières saisons, c’est Kean Harelimana du Rouge et Or de l’Université Laval qui était ressorti avec le sourire de la finale de la Coupe Dunsmore. Cette année, c’était au tour de son grand frère Brian, qui évolue avec les Carabins, de goûter à la victoire. L’aîné a aussi eu le dessus sur son frangin, secondeur comme lui, au chapitre des plaqués à cinq contre deux.

«À la fin de la partie, c’est mon petit frère qui est venu me parler et me dire qu’il était content pour moi même s’il était déçu d’avoir perdu», raconte Brian en entrevue avec Le Soleil. «Je sais ce que c’est, je l’ai fait deux ans de suite avec lui!»

Brian avoue que la victoire en Coupe Dunsmore représentait un énorme soulagement pour lui. «J’ai perdu trois ans de suite, toujours des défaites crève-cœur à la dernière minute ou sur des jeux controversés. Je me suis demandé longtemps quand j’allais enfin pouvoir en gagner une. Chaque année j’y croyais, mais cette année, il y avait quelque chose de spécial dans l’air. Dès le lundi, je le savais, je le sentais. Les gars étaient focus, ils s’amusaient sur le terrain.» 

Motivation

L’aîné des Harelimana avoue que son équipe a aussi bénéficié d’une autre source de motivation cette année en suivant l’équipe de soccer des Carabins jusqu’à son match de championnat canadien, perdu 2-0 face aux Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières. «Après nos pratiques, on courait au stade les voir jouer. On était très motivés par leur présence en finale canadienne sur notre terrain», poursuit-il. 

Les célébrations de la victoire en Coupe Dunsmore n’ont pas dépassé 24 heures, car l’équipe de football des Carabins a dû se remettre rapidement au boulot en vue de son affrontement contre les Axemen d’Acadia pour la Coupe Uteck samedi. «C’est une bonne équipe qui n’a pas subi une seule défaite et je m’attends à un match assez physique», poursuit-il, ajoutant que son frère et ses amis Zac Fitzgerald et Kétel Assé du Rouge et Or l’encourageaient dans cette marche vers le championnat canadien. «Je ne dis pas qu’ils vont se mettre à prendre pour les Carabins d’ici la finale de la Coupe Vanier, mais je sais qu’ils m’appuient moi en tant que joueur!», termine-t-il.