Jean Pascal s’est astreint à un mini camp d’entraînement de quatre semaines avant de se lancer dans son camp de boxe de huit semaines. Normalement, il se limite à un entraînement de huit semaines, mais il voulait se mettre en bonne condition physique pour être prêt pour son entraînement de boxe.

Jean Pascal s’entraîne comme un négligé

Même s’il est de nouveau champion depuis le mois d’août, Jean Pascal (34-6-1, 20 KO) n’a pas abordé la préparation de son combat du 28 décembre contre le Suédois Badou Jack (22-2-3, 13 KO), au State Farm Arena d’Atlanta, comme le détenteur de la ceinture WBA des mi-lourds.

«J’ai beau être le champion, je me suis entraîné comme un négligé», a déclaré le Montréalais d’origine haïtienne en entrevue téléphonique avec Le Soleil. Le boxeur s’entraîne «quelque part entre le Chili et le Canada», comme il le dit avec le désir de ne pas révéler pour l’instant l’endroit où il se prépare pour le choc avec Badou Jack. «Je peux te dire que je suis dans un pays chaud...», poursuit-il, dévoilant donc qu’il est probablement bien loin de la métropole.

«Il ne faut pas vendre la peau de l’ours, lance le boxeur de 37 ans, mais grâce à Dieu, tout va pour le mieux», poursuit-il en ajoutant qu’il a modifié quelque peu sa routine d’entraînement en vue de son prochain combat. «J’aurai comme adversaire un excellent boxeur qui a été champion du monde deux fois dans deux catégories différentes», fait-il remarquer en faisant référence à la ceinture qu’il porte présentement et qui a été autour de la taille de Jack en 2017 et de la ceinture des super-moyens de la WBC que Jack possédait de 2015 à 2017.

Pascal et Jack partagent aussi leur dernier adversaire, l’Américain Marcus Browne, qui a battu Jack par décision unanime en janvier 2019 à Las Vegas avant d’être battu par Pascal par décision unanime après avoir été coupé par un coup de tête accidentel au huitième round de l’affrontement qui avait lieu au Barclays Center de New York au mois d’août. «Cependant, la règle de trois en boxe, tu sais très bien que ça ne fonctionne pas! C’est pour ça que j’ai décidé de bien me préparer pour Badou Jack.»

Douze semaines

Jean Pascal s’est donc astreint à un mini camp d’entraînement de quatre semaines avant de se lancer dans son camp d’entraînement de boxe de huit semaines. «Normalement, je ne fais pas ça, je me limite à un entraînement de huit semaines. Cette fois cependant, je voulais me mettre en bonne condition physique pour me mettre prêt à mon entraînement de boxe», explique-t-il. Le style de Badou Jack y est pour quelque chose dans ce changement au niveau de la préparation du boxeur québécois.

«Badou Jack est un bon boxeur qui ne fait rien d’exceptionnel, mais qui fait tout bien. Il est rapide, il met toujours beaucoup de pression sur ses adversaires et il est excellent pour voir tes erreurs et en profiter. Il est aussi reconnu pour sa durabilité et sa capacité à fatiguer son adversaire pour ensuite tenter de lui passer le KO. C’est pour ça que je me prépare pendant 12 semaines. Je vais avoir besoin d’endurance et de cardio pour ce combat», analyse-t-il en se disant prêt à un long affrontement.

«Je vais miser sur mes habiletés physiques et mentales pour le battre et je me prépare pour un combat de 12 rounds. Je serai vraiment prêt à toute éventualité», poursuit-il.

Ambiance particulière

Même s’il ne s’est jamais battu à Atlanta, Jean Pascal sait qu’il y régnera une ambiance particulière lors de son combat dans le domicile des Hawks de la NBA. «Ça va être le fun, car Atlanta est considéré comme le “Black Hollywood” des États-Unis. Il devrait y avoir quelques personnalités connues sur place et ça va être une belle expérience», enchaîne le boxeur qui ne se risque cependant pas à tenter de prédire si la foule sera de son côté ou de celui de son adversaire, né en Suède d’un père gambien et d’une mère suédoise, mais qui réside actuellement à Las Vegas. «Je n’en ai aucune idée, mais ce n’est pas du nouveau pour moi de me battre en territoire hostile ou loin de chez moi.»

Pascal n’a jamais caché qu’il aimerait bien se mesurer au Russe Artur Beterbiev, champion unifié des mi-moyens de l’IBF et de la WBC et invaincu en quinze combats professionnels. Il n’abordera cependant pas le sujet durant notre entrevue. «Je pourrai commencer à y penser après [le combat contre Badou Jack]. Là, je mets le focus sur Badou Jack, je mange et je dors Badou Jack!», illustre-t-il.

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IL SE VOIT EN LEXSON MATHIEU

Comme plusieurs, Jean Pascal est impressionné par le jeune boxeur de Québec Lexson Mathieu (8-0-0, 7 KO), qui a remporté il y a quelques semaines sa première ceinture professionnelle à l’âge de 20 ans.

«Même si je ne suis pas à Montréal, j’ai quand même vu son dernier combat qui avait lieu au Centre Bell», indique Pascal à propos du combat contre le Mexicain Roland Paredes que Mathieu a remporté par KO technique au dernier round pour obtenir la ceinture nord-américaine junior des super-moyens, un titre mineur du World Boxing Council (WBC).

«Lexson est très jeune, il est très prometteur et en plus, c’est un beau bonhomme et il parle bien», poursuit Pascal en avouant qu’il se voit un peu dans le jeune boxeur surnommé «The Next». «Dans son style et dans sa technique, il me fait penser un peu à moi quand j’étais plus jeune! S’il garde la tête sur les épaules, il est très certainement promis à un bel avenir.»