Après une belle carrière avec l’équipe de basketball du Rouge et Or, Xavier Baribeau est aujourd’hui conseiller en gestion du patrimoine dans l’entreprise qu’il possède avec des associés.

Xavier Baribeau: aujourd’hui comme hier

L’intensité a toujours été une des marques de commerce de Xavier Baribeau à l’époque où il faisait carrière en basketball. Pour lui, les demi-mesures n’existaient pas. Et pas question de se contenter de livrer la marchandise. Il y avait toujours moyen d’en donner plus, selon lui. Une philosophie qui l’a bien servi avec le Rouge et Or et qu’il continue d’appliquer dans son travail de conseiller en gestion du patrimoine.

«La finance, c’est un domaine dans lequel on peut mettre des heures à l’infini», analyse Baribeau, qui travaille chez IG Gestion de patrimoine/Groupe BCB, une entreprise qu’il possède avec des associés. On peut toujours mieux former les gens, offrir un meilleur service, de meilleurs rendements, de meilleures planifications, bref, être le meilleur. On peut toujours se dépasser. J’ai choisi d’être travailleur autonome parce que je ne voulais pas avoir de patron qui me demanderait à 17h: “As-tu fini, là?” Moi, j’ai le luxe de pouvoir dire : si j’ai le goût d’en faire plus, je peux en faire plus et [même] travailler jusqu’à 1h du matin si ça me tente.

«Je pense que l’important dans la vie, c’est de faire toujours mieux que ce qui était prévu. C’est ce que j’ai tenté de faire dans ma carrière en basket. Je me suis toujours dit que je pouvais faire mieux que ce que mon potentiel et mon talent me permettraient de faire. Je pense avoir réussi et j’en suis très fier.»

Membre de l’équipe d’étoiles des recrues du Québec, Baribeau a aussi savouré un championnat provincial à sa première saison. Par la suite, il a été nommé deux fois au sein des équipes d’étoiles du Québec et obtenu des statistiques qui lui ont permis de briser les records du RSEQ du plus grand nombre d’assistances en carrière et celui du plus grand nombre de minutes jouées. «J’ai un peu été l’homme de fer de mon équipe, un joueur sur lequel on pouvait toujours compter sur le terrain tous les jours. C’est la statistique à laquelle j’attache le plus d’importance.»

Pour plusieurs, cependant, le  plus grand exploit du basketteur est d’avoir fait fi de la pression inhérente au fait que son père Serge avait joué avec le Rouge et Or et que, par la suite, il était devenu président du club. Mais comme les deux joueurs étaient très différents — lui était un passeur et Serge, un marqueur —, il n’a pas eu à vivre avec les comparaisons des gens.

«On a été le premier duo père-fils du Rouge et Or. Pour moi, c’était une fierté d’aller jouer à Laval. Parce que j’étais un petit gars de Québec, mais aussi parce que depuis l’âge de trois ans, j’avais eu sur le dos des t-shirts du Rouge et Or.

«C’est sûr que j’avais un peu de pression. Dans la famille, on a l’habitude de se dire les vraies affaires. Et mon père avait été le premier à me lancer : “Tu sais, j’ai fait la première équipe d’étoiles!” (Rires) Ce n’était pas évident. Mais j’ai eu la chance d’être sur le cinq de départ à mon premier match et de me faire un prénom. Mon père était à tous nos matchs. Je pense qu’il était fier. Si, aujourd’hui, lui et moi on avait une discussion à propos de nos réalisations en basket, je pense que j’en aurais plus à conter (rires).»

Belle transition

Sa carrière à Laval terminée, Baribeau s’est entraîné avec les Kebs de Québec qui lui ont offert une place dans l’équipe de pratique. Toujours aussi intense et voulant mettre toutes ses énergies sur son travail, il a refusé. Et c’est avec le Royal de Québec, où il a retrouvé plusieurs ex-lavallois, qu’il a progressivement fait la transition entre sa vie d’athlète et celle de professionnel.

«Jouer à un niveau un peu moins compétitif a facilité ma retraite. J’aurais eu plus de difficulté à mettre fin à ma carrière si elle s’était arrêtée du jour au lendemain. Je continue à jouer une fois par semaine à Montréal. C’est une ligue où il y a quand même du bon niveau de jeu. Mais ce n’est plus la même intensité.»

Comptable de formation, l’ex-Rouge et Or a choisi cette spécialité parce qu’elle pouvait lui ouvrir plus de portes dans le milieu de la finance. Aujourd’hui, Baribeau adore son travail de conseiller en gestion du patrimoine. D’abord parce qu’il adore les chiffres. Mais aussi parce qu’il a une bonne vision globale des choses. L’une de ses forces est d’arrimer les finances, la comptabilité, la personnalité de ses clients et leurs objectifs de retraite.

«À la longue, on devient un peu le psychologue de pas mal de clients. Et j’adore le côté relations humaines de mon travail.»

Même s’il est passionné par son travail, Baribeau garde toujours dans son cœur une grande place pour le basket. «Je ne vois pas le moment où je vais arrêter. J’ai trop passé de temps dans un gymnase pour ne plus jamais jouer. Je suis chanceux, je n’ai pas eu de blessures dans ma carrière. Je me sens donc super bien.

«J’aimerais aussi éventuellement recommencer à coacher pour redonner aux jeunes. Des jeunes de secondaire un, deux ou trois qui sont assez vieux et que l’on peut coacher pour vrai. Mais je ne voudrais pas que ça soit trop compétitif. Je me connais, si je faisais ça, je deviendrais trop intense. Et je ne veux pas que ça prenne trop d’espace dans ma vie.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Fait marquant

Notre Championnat québécois gagné à ma première saison avec le Rouge et Or (2008). Je m’en rappelle comme si c’était hier.

Q  Plus grande déception

R  Une finale provinciale à l’UQAM. On avait vraiment une équipe pour gagner et on aurait dû battre les gars de l’UQAM. Mais on a perdu par trois, quatre points.

Q  Ce qui te manque le plus

R  La compétitivité et le luxe de pouvoir mettre tout son temps dans le basket. Le luxe de pouvoir dire : «Hey, cette semaine, j’ai joué au basket pendant 35 heures”. C’est la liberté d’esprit que je pourrai jamais plus retrouver maintenant que j’ai des responsabilités plus grandes, dont des enfants.

Q  Ce qui te manque le moins

À ma dernière année, je travaillais à temps plein, j’étudiais à temps plein et je jouais au basket à temps plein. Cette année-là, il y en avait peut-être beaucoup dans mon assiette.

Q  Rêve

R  J’aimerais me réimpliquer dans des fondations. Pendant quelques années, j’ai été impliqué avec le Pignon Bleu. Mais je suis déménagé à Montréal et c’était compliqué de continuer mon implication. J’aimerais ça me réimpliquer avec un organisme comme Pour Trois points à Montréal, de Fabrice Vil. J’aimerais faire quelque chose avec des jeunes sportifs.