Planificateur financier chez Gestion financière MD, Vincent Labrie a passé six saisons sur le circuit de la Coupe du monde de patinage de vitesse longue piste. Il a aussi pris part aux JO de Turin en 2006.

Vincent Labrie: coupure nécessaire

Le jour où il a pris sa retraite, Vincent Labrie a décidé de faire une coupure avec le monde du patin. Il désirait retrouver sa véritable identité et être apprécié pour ce qu’il était, non pas pour ses performances sur l’anneau de glace.

«Dans le milieu du patin, j’étais Vincent Labrie qui a fait des Coupes du monde et les Jeux olympiques de Turin, un milieu où tout le monde me donnait des tapes dans le dos, confie l’ex-athlète. C’est toujours le fun que des gens apprécient ce que tu as fait. Mais, pour moi, ce n’est pas la vraie vie. Quand j’ai fait la coupure, mon ego en a pris un petit coup. Mais je suis content de m’être donné cet électrochoc.

«Le patinage de vitesse me passionne encore autant. Je suis d’ailleurs assidûment les Coupes du monde et j’adore ça. Mais quand j’arrive au bureau, je suis Vincent Labrie, un employé comme n’importe quel autre. Et quand je côtoie les amis de ma blonde ou des gens qui ne m’ont pas connu comme patineur, c’est Vincent Labrie qu’ils apprécient. C’est ce que j’aime.»

Labrie a tourné la page sur sa carrière de patineur en 2011. L’année d’avant, il avait raté sa qualification pour les Jeux de Vancouver. «Une très grosse déception. Comme je n’avais pas eu la saison que je désirais, j’ai décidé de faire une année de plus pour voir ce dont j’étais capable. Après avoir terminé 12e aux Championnats du monde par distance, une performance dont j’étais satisfait, c’était clair que c’était le temps de tourner la page. J’en avais assez de l’incertitude financière de la vie d’athlète, de me dire que je n’avais pas le choix de me classer pour toutes les Coupes du monde afin de conserver mes subventions sans lesquelles j’aurais dû payer de ma poche toutes mes dépenses reliées au patin. Ce stress était rendu trop important. Je désirais compléter mes études et avoir une certaine stabilité.»

Même s’il avoue que sa carrière n’avait pas été celle qu’il aurait souhaitée, Labrie est quand même très satisfait et reconnaissant. Il a eu la chance et le privilège de prendre part à six années de Coupes du monde de même qu’aux JO. Questionné sur ce qui l’avait peut-être empêché d’atteindre ses objectifs ultimes, le natif de la Rive-Sud de Québec a parlé de quelques malchances, des blessures, de concours de circonstances et de mauvaises décisions.

«À la base, je suis quelqu’un de stressé. Plein de facteurs externes me dérangeaient. Et j’avais besoin que l’on se préoccupe davantage de moi que de mes performances. Je n’avais pas une confiance aveugle en mes moyens. Étant très analytique et très cartésien — je suis aujourd’hui planificateur financier —, je n’étais pas capable de me convaincre que je pouvais gagner s’il y avait tel et tel facteurs qui étaient là. Je n’avais pas la tête pour aller gagner des Coupes du monde.»

Outre toutes les belles expériences et les beaux voyages que le patinage de vitesse lui a permis de vivre. Labrie dit que ses plus beaux souvenirs sont ceux de sa gang de l’anneau de glace de Sainte-Foy qui était pour lui comme une famille.

La finance

Labrie ne le cache pas, les lendemains de retraite ont été difficiles. «J’ai eu un petit deuil à faire. Il y a un trip, une adrénaline qui n’étaient plus là dans la vie de tous les jours. Travailler dans un bureau, j’aime ça. Mais je n’y retrouve pas le sentiment de faire une course et d’essayer de performer. Et une fois que ta retraite est prise, il n’y a pas de revenez-y. Mais tranquillement, j’ai appris à faire autre chose, et à voir autre chose. Et je me suis habitué à vie un petit plus “normale”.»

C’est dans l’obtention de son bac en finance que Labrie a mis toutes ses énergies à la fin de sa carrière. Il a ensuite suivi son cours pour devenir planificateur financier. Questionné à ce qui l’a incité à choisir ce champ d’études, il explique que ses parents lui ont toujours donné une bonne éducation financière avant d’ajouter, en riant : «Je m’y étais inscrit parce que la faculté d’administration me permettait de suivre les cours à distance quand je patinais. Et c’est avec le temps que je me suis rendu compte que la fiscalité et la planification financière étaient des domaines qui m’intéressaient.»

Comme au temps où il patinait, Labrie se retrouve aujourd’hui dans un monde de performance. Mais comme au temps où il était athlète, cet aspect de sa profession n’est pas celui qui l’allume le plus.

«Moi, ce qui me branche, c’est le côté relations humaines, d’aider les gens. Je veux que mes clients soient satisfaits. S’ils sont heureux de mon travail, si je le suis et qu’au final, mon entreprise l’est, je vais être satisfait. Et Gestion financière MD est une entreprise qui se soucie énormément de ses clients.»

Adepte de hockey, Labrie ne cache pas que l’ouverture prochaine de l’anneau de glace intérieur pourrait l’inciter à chausser de nouveau de longues lames. Mais uniquement pour le plaisir de patiner et de revoir les membres de sa famille du patin.

«Le côté compétition [les maîtres] ne m’attire pas. Quand tu as goûté au plaisir d’être en forme et d’aller vite, ce n’est pas très plaisant de ne pas pouvoir te donner à fond. Je retirerais donc du plaisir à juste patiner. Et je n’ai plus besoin d’être compétitif comme je l’étais dans le temps. Au niveau de la finance, il y a de la compétition entre les entreprises, mais dans ma vie, j’ai appris à mettre la pédale douce.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Fait marquant

R  Une fin de semaine à Erfurt (Allemagne) où j’ai fait deux top 10 au 500 m, deux huitièmes positions, je pense. J’étais extrêmement fier de ça.

Q  Ce dont tu t’ennuies

R  La gang, c’est sûr.

Q  Ce dont tu t’ennuies le moins

R  Le stress financier. Chaque année, tous les six mois, mettre sa qualification sur la ligne, son chèque de paie sur la ligne, je ne m’ennuie pas de ça du tout.

Q  Idoles de jeunesse

R  Dan Jensen avec sa médaille d’or au 1000 m en 1994 quand j’étais tout petit. Après Sylvain Bouchard. Et, par la suite, sans aucun doute Jeremy Wotherspoon, un patineur extraordinaire et un gars extraordinaire en plus.

Q  Dans 10 ans

R  Je me vois avec ma petite famille, bien établi, peut-être plus calme qu’aujourd’hui, assez serein dans ce que je fais, ayant été capable de gérer les aléas de la vie.

Q  Défi

R  Le plus gros défi de ma vie, ça va être de bien accompagner mes enfants pour les aider à devenir des personnes heureuses et accomplies. Le reste, ça va être juste du greavy.