Mère de trois enfants, Valérie Samson est aussi la maman de trois athlètes. Ses deux garçons jouent au hockey alors que sa fille, comme elle quand elle était jeune, pratique la gymnastique et joue au basket.

Valérie Samson: un dernier cadeau de Noël

Cette année, Valérie Samson n’a pas reçu tous ses cadeaux de Noël le 24 décembre au soir. Elle aura droit à un dernier présent, soit son retour à l’entraînement avec ses coéquipières du Dynasty du Basket World Toronto, dans quelques semaines. Parce qu’on se le dise, plus d’une quinzaine d’années après avoir disputé son dernier match avec le Rouge et Or, Valérie Samson demeure toujours aussi passionnée de basketball.

«Après un an et demi d’attente, je vais enfin recommencer à jouer au basket», lance Valérie qui, un peu avant Noël 2017, avait dû être opérée pour une rupture du ligament croisé antérieur du genou. «Le basketball m’a manqué. J’adore ça toujours autant. C’est quelque chose qui m’apporte un bel équilibre et de la fierté. J’ai eu trois enfants. À chaque occasion, six semaines après avoir accouché j’étais de retour sur le terrain. Et je demeure toujours aussi compétitive.

«J’ai donc vraiment hâte de rejouer, et ce, même si je suis un peu craintive. Après plus d’un an et demie d’inactivité, j’ai peur de ne pas être aussi bonne qu’avant, de me rendre compte que je ne peux plus courir après les petites jeunes.»

Bien des gens vous diront que Valérie n’a aucune raison de s’inquiéter parce qu’elle pourrait aisément compenser une éventuelle diminution de sa rapidité sur le terrain par ses nombreuses habiletés et son expérience. Au fil des années, elle a maintes fois montré tout son potentiel, tant dans sa ligue de la BWT que lors des World Masters où elle a savouré la conquête d’une médaille d’or dans la classe élite en 2013 (Italie) et 2017 (Nouvelle-Zélande).

Débuts modestes

La belle histoire d’amour entre la grande athlète et le basket remonte à la fin des années 80. Âgée d’environ une dizaine d’années, Valérie se passionnait pour la gymnastique et le basket. «Quand j’étais à la maison, je passais 90 % de mon temps à faire des roues, des pirouettes et à avoir les pieds en l’air. Mais j’étais beaucoup trop grande pour faire de la gymnastique. Je crois cependant qu’elle m’a aidée dans mon basket. Elle m’a rendue plus agile et permis de m’orienter plus facilement sur le terrain quand je tourne sur moi même et que je virevolte.

«Ce qui me surprend c’est à quel point je me suis rendue si loin. Quand j’ai commencé à jouer, j’étais vraiment pas bonne. La seule raison pour laquelle j’ai fait les équipes, c’était parce que j’étais grande. Je n’avais pas une bonne vision — je ne voyais rien­—  j’étais dans la lune, je n’écoutais jamais pendant les temps morts et j’étais tout le temps perdue sur le terrain. Et comme je grandissais assez vite, je manquais de coordination.»

Après des débuts modestes, Valérie s’est imposée comme une basketteuse de premier plan. Après une brillante carrière avec les Dynamiques du cégep Sainte-Foy, elle a poursuivi sa carrière avec le Rouge et Or après avoir refusé des bourses  des universités de Reno (Nevada) et de Sacramento (Californie).

«Moi, j’aime jouer au basket. Et là-bas, comme ils te payent, tu dois produire. C’était trop business. Et j’adorais Linda Marquis. Ç’a pas été un choix très difficile.»

Recrue de l’année à sa première campagne à Laval (1997-1998), la grande basketteuse n’a évolué que quatre saisons avec le Rouge et Or. Elle a renoncé à sa cinquième campagne afin de se concentrer sur ses études en actuariat.

«J’étudiais et je jouais au basket. J’avais tendance à me faire des horaires trop chargés. Et j’étais très exigeante envers moi même. J’avais l’impression qu’il fallait que j’en fasse deux fois plus que tout le monde pour me sentir à la hauteur. C’est peut-être parce que je manquais un peu confiance en moi. J’avais une vie de fou. Ça m’arrivait souvent de, par exemple, de parler au téléphone en étudiant tout en mangeant mon souper dans le bain. Je faisais trop de sacrifices pour ce que ça m’apportait et j’avais besoin de plus d’équilibre Et comme je n’avais pas d’aspirations de jouer professionnel...»

À l’aise avec sa décision, Valérie n’a jamais eu de regrets et c’est tout naturellement qu’elle a tourné la page sur sa carrière d’étudiante-athlète pour amorcer sa carrière d’actuaire chez Mercer, à Toronto, en 2002 Et même si elle a la conviction qu’elle aurait eu les aptitudes pour pousser plus loin sa carrière en basket, elle est avant tout fière de ce qu’elle accompli.

«Le basketball a formé la personne que je suis aujourd’hui. Au début, il m’a permis à faire partie d’un groupe. Puis il m’a aidée à développer ma confiance en moi. J’étais tellement timide... Il m’a aussi appris l’esprit d’équipe.»

Aujourd’hui, c’est au tour de Valérie d’ encourager ses enfants dans leurs passions. Ses deux garçons jouent au hockey et sa fille fait de la gymnastique et elle joue au basket.

«Je suis assistante-entraîneure de son équipe. Je me rends compte que le coaching, ce n’est pas si facile. Des fois, j’ai tendance à trop penser au niveau stratégique. Quand tu es avec des jeunes qui commencent, il faut revenir à la base. Juste de voir comment ma fille peut être fière. Ça m’apporte beaucoup.»

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QUESTIONS / RÉPONSES

Q    Fait marquant?

R    Un match de basket que j’ai joué contre York lors de ma première année, lors duquel j’ai lancé 100 %. J’ai fait 30 points grâce à huit lancers francs en huit, et 11 sur 11 du terrain.  Pour une perfectionniste, avoir un match parfait... J’ai eu des matchs où j’ai fait plus de points, mais celui-là, il a une place spéciale.

Q    Honneur le plus satisfaisant?

R    Mon titre de recrue de l’année au Canada. Encore aujourd’hui ça figure parmi la liste de mes plus beaux accomplissements.

Q    Si c’était à refaire?

R    J’essaierais d’être moins dure avec moi-même, d’apprécier ce que je faisais de bien et d’essayer de porter moins d’importance à ce que je faisais de moins bien. 

Q    Personnalités marquantes?

R    Tout au long de mon parcours, j’ai eu de super bons entraîneurs. Au secondaire, au cégep, (Sonia Ritchie) et à l’Université (Linda Marquis). J’ai été vraiment privilégiée d’avoir eu de bons coachs tout au long de ma carrière.

Q    Idoles de jeunesse?

R    Mon amie Anne-Isabelle Gingras, la capitaine de mon équipe de mini-basket. Elle avait plein d’amis, elle était super bonne. Je m’étais mis dans la tête qu’un jour, je serais aussi bonne qu’elle. Elle est une des raisons pourquoi j’ai joué au basket. Et Claudia Brassard. Je l’admirais beaucoup. Elle était bonne, drôle et gentille.