Installé à Phoenix, en Arizona, depuis le milieu des années 2000, l’ex-patineur-artistique Sacha Blanchet est aujourd’hui courtier immobilier.

Sacha Blanchet: de Donnacona à Phoenix

Sacha Blanchet a passé presque toute sa carrière de patineur artistique dans des arénas froids et sombres. C’est peut-être ce qui explique qu’au moment de prendre sa retraite, il a choisi de s’installer dans une ville où il pourrait profiter de la chaleur et d’un ensoleillement maximal. Habitant Phoenix, celui qui pratique la profession d’agent immobilier file le parfait bonheur.

«Je suis venu en Arizona pour un séminaire et j’ai vraiment aimé le climat», lance l’athlète originaire de Donnacona. «Il fait toujours soleil et c’est chaud à l’année. Je ne m’ennuie donc pas des hivers québécois. Quand je retourne au Québec, c’est habituellement à la fin du mois d’avril ou en juillet. Et puis en Arizona, il y a aussi beaucoup d’avenir dans le domaine de l’immobilier.»

Blanchet a connu son heure de gloire en 1998 quand il a gagné le championnat canadien junior en couple avec sa partenaire Marie-France Lachapelle. Un exploit qui lui valut le titre de partenaire national au Gala de l’athlète de Québec. À la fin de la saison suivante, il a décidé de réorienter sa carrière.

«Je m’entraînais à Montréal à la même école que Jamie Salé et David Pelletier. C’était clair qu’ils seraient les prochains champions. Lloyd Eisler m’avait dit que la compagnie Royal Carabbean faisait construire un nouveau bateau équipé d’une patinoire et qu’elle était à la recherche de patineurs. Comme je n’étais pas prêt à payer et à m’entraîner pendant huit ans afin d’avoir la chance d’aller aux Jeux olympiques, j’ai soumis ma candidature pour l’un des 10 postes disponibles. J’ai été retenu. Cette opportunité m’a permis de patiner au niveau professionnel, mais elle m’a aussi ouvert la porte des États-Unis. J’ai pu appliquer pour obtenir ma carte verte qui me permet de travailler en sol américain.»

Le Portneuvois, qui a inauguré le Voyager of the Seas avant de patiner sur l’Explorer of the Seas, avoue que travailler sur des bateaux de croisière était une vie de rêve. Il ne devait donner que deux ou trois spectacles par semaine et le reste du temps, il pouvait relaxer ou visiter les îles où le bateau accostait. «C’était comme être en vacances presque continuellement.

«Patiner sur un bateau est cependant très différent de ce que j’avais connu. La glace était beaucoup plus petite. Elle était située au deuxième étage, ce qui fait que c’était un peu plus stable lors des traversées. Mais quand on était dans l’Atlantique, il arrivait que c’était trop dangereux pour patiner. Il y avait moins de vagues dans les Caraïbes, mais il est arrivé que le capitaine doive annuler un spectacle.»

L’ex-patineur n’a jamais eu de regret d’avoir laissé son rêve d’aller aux Jeux olympiques. Il avoue toutefois qu’il a dû vivre un deuil de quelques mois. «Mais j’ai toujours été réaliste concernant mes chances d’aller aux JO. Et j’avais l’opportunité de patiner sur un bateau, quelque chose de révolutionnaire à l’époque, et de faire le tour du monde.»

Nouvelle carrière

Blanchet a accroché ses lames en 2006. Il a bien participé à quelques spectacles dans les années qui ont suivi en plus de prendre part à des émissions télévisées comme Skating with the stars, mais c’est sur sa carrière de courtier immobilier qu’il s’est concentré.  

«À mes dernières années sur les bateaux, j’approchais la trentaine», mentionne celui qui ne chausse plus qu’occasionnellement les patins. 

«Et j’ai commencé à chercher un domaine dans lequel je pourrais travailler. J’avais un intérêt pour le monde de l’investissement. J’ai fini par assister à des conférences sur l’immobilier, puis j’ai suivi des séminaires. Parallèlement à mes spectacles, j’ai étudié. Ça m’a permis d’avoir des revenus alors que je faisais ma transition vers ma nouvelle carrière.»

C’est avec ses économies personnelles que Blanchet a acheté ses premières propriétés qu’il a ensuite revendues. En 2007, l’obtention de sa licence d’agent immobilier lui a permis de démarrer Sacha Blanchet Real Estate — Coldwell Banker. La crise financière américaine ayant amené plusieurs Québécois à investir en Arizona, l’ex-patineur a vu son entreprise prendre une vitesse de croisière qu’elle a gardée.

Le Portneuvois ne s’ennuie pas du patinage artistique. C’est plutôt la performance qui lui manque. Un aspect de la compétition qu’il retrouve dans son travail. «Je continue aussi à faire de la course à pied pour rester en forme. Deux ou trois fois par année, je prends part à des demi-marathons. À chaque course, j’essaie d’être plus rapide. Je suis compétitif et je vais toujours le demeurer.»

Blanchet est aussi très impliqué socialement en tant que mécène et organisateur de collectes de fonds à la Fondation Live Love Malawi qui, s’est donnée comme mandat de construire des maisons et des écoles dans des villages du Malawi. Il s’est rendu en Afrique à quelques reprises. «Ça fait presque trois ans que j’œuvre au sein de la Fondation. J’avais le désir de faire une différence. Et le Malawi est un des pays les plus pauvres au monde. Et je sens que les gens là-bas apprécient ce que je fais.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q Faits marquants?

R Quand j’ai gagné le championnat canadien junior en couple en 1998. Et avoir été parmi les premiers patineurs à avoir travaillé sur un bateau de croisière. 

Q Ce dont tu t’ennuies le moins?

Les coûts exorbitants reliés à la pratique du patinage artistique et les entraînements, car il fallait que je m’entraîne tôt le matin. Et les blessures, parce qu’il y a beaucoup de blessures à l’entraînement.

Q Personnalités marquantes?

Mes parents. Ils ont toujours été là pour me soutenir et ils le sont encore aujourd’hui. Ils viennent me visiter régulièrement en Arizona. Ils sont très fiers de moi et ils sont fiers de ce que je suis devenu.

Q Regrets de ne pas être allé aux JO?

R C’est une déception. Mais il y a toujours autre chose de plus important dans la vie.

Q Idoles de jeunesse?

R J’aimais bien Ekaterina Gordeeva et Sergueï Grinkov. Aussi Lloyd Eisler et Isabelle Brasseur.

Q Dans 10 ans?

R Je vais encore vivre en Arizona, mais peut-être à temps partiel. J’aimerais passer une partie de l’été à Montréal et à Québec parce qu’ici, les étés sont très chauds. J’aimerais aussi être impliqué davantage dans la Fondation Live Love Malawi.