Membre du club de plongeon des Albatros de Sainte-Foy, Robert Baribault a ensuite défendu les couleurs du Rouge et Or de l’Université Laval. Docteur en astrophysique, il est spécialiste en astrophysique chez EXFO.

Robert Baribault: une place aussi importante

CHRONIQUE / Même s’il a tourné la page sur sa carrière de plongeur il y a un peu plus de 25 ans, Robert Baribault avoue que le plongeon occupe toujours une place importante dans sa vie. Non seulement il continue à suivre les activités de ce sport sur les scènes nationale et internationale, mais surtout, les gens avec qui il avait tissé des liens serrés à l’époque demeurent des amis précieux.

«On ne perd pas contact avec les gens», explique l’ex-porte-couleurs du Rouge et Or détenteur d’un doctorat en astrophysique. «La communauté du plongeon est toujours présente dans ma vie. Et grâce aux réseaux sociaux, je suis même en contact avec des personnes que j’ai côtoyées lors de compétitions nationales et internationales. On continue à se voir et à faire des activités ensemble. J’assiste aussi à des compétitions de plongeon au PEPS et je viens voir d’anciens entraîneurs comme Dany Boulanger qui m’a aidé à atteindre les niveaux que j’ai atteints. C’est vraiment très agréable.»

Baribault avait environ six ans lorsqu’il s’est initié au plongeon grâce à Jean Plamondon. Rapidement, il est tombé en amour avec son nouveau sport. Il a aimé la sensation de virevolter dans les airs, puis de sentir glisser l’eau le long de son corps lors de son entrée dans la piscine. Il a adoré l’atmosphère conviviale et communautaire qui régnait lors des entraînements, la camaraderie entre les plongeurs et l’implication des athlètes plus expérimentés.

«On avait la chance de côtoyer les Élizabeth MacKay, Sylvie Bernier, Hélène Morneau, Nathalie Therrien, Michel Larouche, etc. Des personnes qui ont toutes fait l’équipe nationale et qui nous montraient c’était quoi s’entraîner fort et ce qu’il fallait faire pour réussir. Elles nous parlaient et nous encourageaient. Elles étaient des exemples pour moi. Et comme on était très proches, elles sont rapidement devenues des amies.»

Baribault reconnaît que plonger demandait de surmonter certaines peurs. On ne s’élance pas dans le vide sans penser aux conséquences que pourrait avoir une mauvaise entrée dans l’eau. «En même temps, il y a toujours une progression. Et à chaque fois que tu réussis un nouveau plongeon, il y a de la gratification et de la fierté. C’est ce qui te permet de passer par-dessus ta peur et de continuer.

«Sauf que la peur, elle doit demeurer là. Il faut toujours que tu respectes le matériel et l’eau. Et c’est la peur qui fait que tu ne prêches jamais par excès de confiance.»

Pendant une dizaine d’années, Baribault a plongé surtout pour le plaisir. C’est par la suite qu’il a commencé à se fixer des objectifs plus sérieux. Vers l’âge de 19 ans, il a abandonné la plateforme pour se concentrer sur le tremplin de 10 m. Il a cependant dû attendre à l’âge de 23 ans avant d’accéder à l’équipe nationale.

«La première fois que je suis monté sur le podium aux Championnats canadiens senior, ce fut l’un des meilleurs moments de toute ma carrière. Mon premier succès réel. C’est après ça que j’ai fait l’équipe nationale et que j’ai pris part à des compétitions internationales», lance Baribault, qui a été athlète-étudiant de l’année du Rouge et Or à deux reprises en plus d’avoir choisi athlète masculin de l’année.

Pas vraiment de deuil

C’est après avoir raté sa qualification pour les Jeux de Barcelone que Baribault a tourné la page sur sa carrière. «Le dernier objectif qu’il me restait à réaliser c’était d’aller aux JO. Mais il aurait fallu que je m’embarque pour un autre quatre ans. J’avais 26 ans. Le temps était venu d’orienter mes efforts ailleurs que dans le plongeon.»

Le plongeur n’a pas vraiment eu de deuil à faire de sa carrière. D’abord parce qu’il était très occupé par ses études de troisième cycle, mais aussi parce qu’il a continué à plonger pendant quelques années. «J’ai fait des spectacles de plongeon acrobatique comme emploi étudiant, notamment au Village des Sports. J’ai eu beaucoup de plaisir.

«Je ne dirais pas que j’ai eu un deuil à faire. Ce fut plutôt un bilan. On se rappelle ses bons et ses mauvais coups. Et quand on pense aux mauvais, on se demande ce que l’on aurait pu faire de mieux. Mais comme j’avais réalisé la majorité des objectifs que je m’étais fixés, j’étais heureux de ma carrière.»

Baribault dit qu’il tire encore des bénéfices de son passé d’athlète. Ainsi, la persévérance qu’il y a développée lui a servi lors de ses études et elle lui sert encore dans son emploi de spécialiste en fibre optique chez EXFO. Il a aussi appris à se fixer des objectifs et à travailler fort pour les atteindre de même que de composer avec l’échec.»

Un quart de siècle après avoir pris sa retraite du plongeon, Baribault continue de fréquenter le PEPS assidûment. Il s’y entraîne et il y joue au tennis. Le PEPS demeure sa deuxième maison. 

«Je me sens chez moi ici c’est certain. Et quand je passe devant la piscine, je ressens toujours un peu de nostalgie. Mais en même temps, je suis quelqu’un qui regarde toujours en avant. Même si le plongeon constitue une partie fondamentale de ma vie, c’est quelque chose du passé.»

***

Questions et réponses

Q Moments marquants?

R La première fois que j’ai fait l’équipe nationale, ma quatrième place au Grand Prix FINA de Suède (1990) où j’avais vraiment très bien plongé, et les championnats du monde auxquels j’ai participé.

*

Q Moment le plus décevant?

R Ne pas faire les Jeux olympiques de 1992. Je savais que c’était ma dernière chance. C’était important que j’essaie, que je m’entraîne le plus que je pouvais. Mais ce n’est pas tout le temps possible d’atteindre les objectifs que l’on s’est fixés.

*

Q Ce qui te manque le plus?

R Juste de plonger, de tourner dans les airs. Je m’ennuie aussi du monde, mais également beaucoup de partir en compétition. 

*

Q Rêve ou défi?

R Maintenant que les enfants sont grands, il est temps de passer à la nouvelle phase de ma vie. J’aimerais donc recommencer à voyager avec ma conjointe. J’ai toujours voulu aller à Hawaii. Mais j’aimerais aussi faire des choses simples que je n’ai pas eu le temps de faire comme aller au Grand Canyon.

*

Q Toujours compétitif?

R Oui, très. Dans tout ce que je fais, même quand je joue à des jeux de société. C’est un trait de caractère profondément ancré. La différence maintenant c’est que quand c’est fini, je passe à autre chose, car que je gagne ou que je perde, il n’y a pas d’impacts. 

*

Q Qu’est ce qui a remplacé le plongeon?

R Le tennis. Et en août dernier, j’ai couru mon premier demi-marathon. Ça faisait quelques années que je faisais du jogging pour me tenir en forme. Et pour moi, c’est toujours plus facile de m’entraîner quand j’ai un objectif. Un demi-marathon, c’était une belle distance. J’ai bien aimé mon expérience et j’aimerais maintenant en courir un par année.

*

Q Idole de jeunesse?

R Greg Louganis. Il a fini deuxième aux Olympiques en 1976 avant de réaliser deux doublés au tremplin de 3 m/plateforme 10 m aux Jeux de Los Angeles et de Séoul. C’est notre Wayne Gretzky en plongeon.