René Perreault a toujours gagné sa vie grâce au karaté et à la boxe. Il est aujourd’hui coach de boxe. Il travaille avec des gens voulant améliorer leur condition physique tout en leur transmettant sa passion pour la boxe.

René Perreault: un athlète privilégié

Rares sont athlètes amateurs qui ont pu vivre de leur sport pendant leur carrière et après avoir renoncé à la compétition. En ce sens, René Perreault, qui a pratiqué le karaté puis la boxe, est un privilégié.

«Mes deux passions m’ont permis de gagner ma vie depuis que je suis sur le marché du travail», explique -t-il. «Jamais depuis que je suis âgé de 16 ans je n’ai eu à faire un boulot que je n’aimais pas. J’ai d’abord été entraîneur de karaté et aujourd’hui, je suis coach de boxe à temps plein. 

«Le coaching c’est un souvent un deuxième boulot que les gens font le soir, après leur journée et les fins de semaine. Moi j’ai la chance de recevoir mes premiers clients vers 7h30 le matin. Et vers 17h-17h30, mes journées sont terminées. Ça me permet d’avoir une vie normale avec ma conjointe et mes enfants.»

Possédant son gym privé aménagé au sous-sol de sa résidence, Perreault possède une clientèle principalement composée de gens d’affaires. Des personnes qui veulent se mettre en forme, mais aussi goûter au plaisir de boxer.... sans risquer de se blesser parce qu’ils n’ambitionnent pas de devenir des champions. 

«Je veux qu’ils trippent. Tous les jours, j’aide des amis et des clients à se mettre en forme et je mets les gants afin de leur faire vivre ma passion, de leur faire ressentir le feeling de boxer et de leur partager mes trucs. Je veux qu’ils reprennent goût à être en bonne condition physique en s’améliorant au niveau de la boxe et en s’amusant.

«Je me bats avec tout le monde ce qui est bien parce que ça me tient en forme. Et comme en karaté, j’ai appris à contrôler mes coups. Je suis capable de calibrer ma vitesse et ma force. Tout le monde vit l’expérience de la boxe à plein, mais personne ne reçoit de coups trop fort parce que c’est moi qui le gère. Les gens ont donc le côté cardio, le niveau physique et le côté musculaire de la boxe. Ils peuvent vivre l’expérience de combattre sans le danger de subir une commotion cérébrale ou de se faire casser le nez. C’est le meilleur des deux mondes. Et la satisfaction de victoire que j’avais jadis, je la retrouve dans le plaisir que les gens ont.»

Champion du monde

Perreault avait six ans quand il a suivi les traces de sa sœur Nathalie et de son frère Denis et qu’il a commencé à pratiquer le karaté. Mais c’est seulement après avoir découvert la compétition, vers l’âge de 12 ans, qu’il tomba en amour avec ce sport. Rapidement, grâce à ses qualités athlétiques, son travail et son talent, il s’est imposé ce qui l’a amené à faire de la compétition. À la fin des années 90, après des premiers succès sur la scène régionale, il amorça son ascension jusqu’à la scène internationale où il compétitionna pour une formation américaine qui le fit voyager aux quatre coins du monde où il prit part aux plus grosses compétitions et décrocha cinq titres mondiaux. Appelé à moins voyager à la suite des attentats du World Trade Center en 2001, Perreault se laissa séduire par la boxe. Il s’entraîna dans les deux disciplines jusqu’en 2002.

«J’ai mis le karaté de côté. Je considérais avoir atteint les plus hauts sommets et j’avais l’impression d’avoir fait un peu le tour. Et je m’étais rendu compte que j’étais doué en boxe et je voulais voir jusqu’à quel niveau je pourrais me rendre en boxe. Je n’ai jamais eu l’ambition d’aller chez lez pros. Ce que j’aimais de la boxe olympique, c’était l’idée de se battre pour marquer des points et le côté sportif. Et j’ai toujours trouvé que lors des combats, l’accent était mis sur l’athlète et non sur le spectacle comme à la boxe professionnelle.

Perreault a livré près d’une trentaine de combats. Il a notamment remporté les gants dorés. C’est après avoir raté sa qualification pour les championnats canadiens qu’il a accroché ses gants. «Au grand plaisir de ma mère (rires). Je connaissais les risques de subir des commotions cérébrales et leurs conséquences. Et j’étais conscient qu’ils augmentaient à chaque fois que j’allais dans un calibre supérieur.»

Loin du ring pendant quelques années, Perreault a renoué avec ses anciens amours quand il a pris part à un championnat du monde de karaté. Entraîneur de sa conjointe, il a décidé de recommencer à faire de la compétition afin de passer le temps pendant les compétitions de sa conjointe. Et c’est comme ça que de fil en aiguille, les deux se sont retrouvés aux en 2009 à Buffalo où il a décoché son sixième titre mondial et sa conjointe a fini troisième. Par la suite, les deux ont fait des tournois à Mexico, en Irlande, etc. Et c’est sa conjointe qui a décidé de se concentrer sur le fitness alors qu’il est revenu à la boxe en tant qu’entraîneur.

«Je n’ai jamais vécu de petite dépression à la fin de ma carrière. Quand je pense à ma carrière, je ne suis pas nostalgique. Je me dis juste Wow! Je suis fier de ce que j’ai fait et j’ai le sentiment du devoir accompli. J’ai toujours fait du karaté et de la boxe par passion et par plaisir. Le reste ç’a été de l’extra. Tout ce que j’ai vécu fait partie des plus beaux souvenirs de ma vie. J’apprécie la chance que j’ai eue, j’ai été choyé et je le suis toujours.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Fait marquant?

R  Ma victoire aux gants dorés, contre Bermane Stiverne, un ex-champion du monde des poids lourds chez les professionnels. Les gens ne donnaient pas cher de ma peau. Ç’a été un plus gros défi pour moi de gagner ce combat-là que de remporter mes championnats du monde en karaté, des titres dont je suis cependant aussi très fier.

Q  La plus grande qualité?

R  Mon humilité. Je ne me suis jamais pris pour un autre, je n’ai jamais ridiculisé un adversaire. Ça n’a jamais été dans ma façon de faire.

Q  Ce dont tu t’ennuies le plus?

R  Le WOW de réaliser, juste avant de me battre, que plein de gens s’étaient déplacés pour moi.

Q  Ce qui te manque le moins?

R  Les yeux au beurre noir. J’ai la peau qui marque très facilement et pendant que je boxais, toutes les semaines j’avais un œil au beurre noir. Il y a des fois que j’étais un peu tanné parce que j’avais l’air de me faire battre.

Q  Dans 20 ans?

R  J’espère être assez en forme pour faire exactement ce que je fais. Parce que je travaille physiquement, mon défi c’est le doser ce que je fais afin de demeurer en santé et de ne pas me blesser afin de ne pas raccourcir ma carrière. 

Q  Rêve ou défi

R  Ben on trippe à s’organiser des voyages de vélo de montagne. On est allés en Espagne pour rouler dans les Pyrénées et on aimerait maintenant descendre le Machu Picchu au Pérou. 

Q  Idoles de jeunesse

R  Au niveau du karaté, la plupart étaient des compétiteurs américains qui n’étaient pas connus. Au niveau de la boxe, Lucian Bute, je trouvais qu’il avait un côté humble et sportif. Il avait l’image du bon gars, quelque chose que n’avaient pas la plupart des champions. Il avait des similitudes entre sa façon de faire et la mienne.