Même s’il a accroché ses patins, Philippe Audet continue de vivre sa passion pour le hockey en étant entraîneur pour les équipes de ses enfants Alexane et Jayson.

Philippe Audet, le petit gars de Saint-Joseph

Appelé à évoluer dans plusieurs villes au cours de sa carrière de hockeyeur et à profiter des charmes de ces différentes destinations, Philippe Audet aurait eu de toutes les raisons du monde de s’expatrier de sa Beauce natale pour de bon. Mais fier de ses origines et attaché à son petit coin de pays, il n’a pas hésité à y revenir quand il a mis fin à son rêve de jouer chez les pros.

«J’ai joué dans de belles villes, surtout à mes dernières années en Europe», confirme Audet, un athlète de Saint-Joseph. «Mais je suis un gars de famille. Et ma femme aussi. Même si on avait vécu de belles expériences, on se sentait plus à l’aise de revenir en Beauce auprès de nos proches et de nos familles pour élever nos enfants. C’était juste naturel. Je ne sais pas si je vais passer toute ma vie à Saint-Joseph. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. Mais une chose est sûre, on est bien chez nous.»

L’attachement d’Audet pour la Beauce n’a jamais été à sens unique. Grâce à son cheminement et à ses exploits, la jeune vedette locale est devenue une fierté, en 1995, quand il a été repêché en deuxième ronde, 52e au total, par les Red Wings de Detroit. Mais c’est à la suite de la conquête de la Coupe Memorial avec les Prédateurs en 1996 qu’il a vraiment mesuré son impact. 

«Partout où j’allais, les gens me parlaient de notre victoire. Et j’ai senti qu’il y avait un petit glamour autour de moi. Mais je suis toujours demeuré Phil Audet, le petit gars de Saint-Joseph. J’ai toujours pris le temps de jaser avec les gens. C’était comme ça à l’époque et ça l’est toujours.»

Les années ont passé et le nom de Philippe Audet continue toujours de faire écho en Beauce. Ce n’est cependant uniquement plus pour ses exploits de hockeyeur qu’il est reconnu. Aujourd’hui il redonne à sa communauté en œuvrant comme entraîneur au hockey, avec les Lynx de l’école Jésus-Marie de Beauceville, et au baseball. Il importe pour lui d’aider les jeunes à grandir à travers le sport comme il a eu l’occasion de le faire.

Un seul regret

La carrière de Audet a pris son envol avec les Bisons de Granby en 1994. L’arrivée du clan Morissette et l’engagement de Michel Therrien et de Daniel Bissonnette, l’été suivant, a transformé la formation. «Je me souviens des premiers mots de Michel Therrien à l’ouverture du camp. Il nous avait dit : “On est ici pour gagner la Coupe du président, le Trophée Jean-Rougeau et la Coupe Memorial. Si vous n’êtes pas prêts à faire ça, allez-vous-en”». Oui on avait une meilleure équipe que l’année précédente, mais ce qui a vraiment fait la différence, c’est le minding.»

Même s’il a brûlé la LHJMQ à ses deux dernières saisons avec les Prédateurs, il a totalisé 92 buts et 191 points, Audet n’a jamais pu s’imposer avec les Red Wings. Sans vouloir chercher d’excuses, il rappelle qu’à l’époque, Detroit avait un des meilleurs alignements de la LNH et que chaque année, elle sortait les millions afin de mettre la main sur les meilleurs joueurs autonomes disponibles.

«Avoir réussi à percer un des plus gros line-ups des années 2000, c’est une grande fierté. Quel genre de carrière aurais-je eue si j’avais été dans une autre équipe? J’en ai aucune idée. Mais j’ai tout le temps tout donné, j’ai vécu de super belles expériences et je suis fier de ce que j’ai fait.

«On dit si jeunesse savait et si vieillesse pouvait. Si Phil Audet à 41 ans était capable de parler à Phil Audet le petit cul qui se disait tous les soirs en se couchant qu’il jouerait dans la Ligue nationale, il lui dirait pourquoi juste rêver de jouer dans la LNH? Pourquoi ne pas rêver de gagner quatre Coupes Stanley? Jouer dans la LNH, j’ai fait les efforts nécessaires et si j’y suis parvenu. J’ai sué du sang pour jouer quatre matchs dans la Ligue nationale. Mais peut-être que si j’avais visé quatre Coupes Stanley, les choses auraient été différentes au niveau du minding. C’est mon seul regret.»

Audet a renoncé à son rêve de jouer dans la LNH au terme de la saison 2000-01. Sans contrat, il s’est expatrié en Europe. Une expérience qu’il a savourée et qui a donné un second souffle à sa carrière. Mais en 2005, il est revenu en Beauce.

«J’avais une belle opportunité d’emploi à la Brasserie Labatt. Il fallait que je pense à mon après-
carrière. Et je pouvais évoluer avec le Garaga. Pour moi c’était du hockey professionnel. À l’époque dans la Ligue nord-américaine, les salaires étaient quasiment aussi bons que ce que l’on nous donnait en Europe.»

Œuvrant dans le domaine de la représentation, Audet a réorienté sa carrière à la suite d’une sérieuse blessure au genou. Il a suivi un cours d’agent immobilier. Parallèlement, il a commencé à faire de la gestion d’immeubles. Mais il y a quelques semaines, après six années comme courtier immobilier il a rangé ses pancartes pour devenir gestionnaire de comptes chez Café Van Houtte.

«Je suis avec une belle gang de boys. Après toutes ces années comme courtier, j’avais besoin de me retrouver à l’intérieur d’une équipe. J’ai entre 300 et 400 clients sur la Rive-Sud de Québec, un territoire qui va de Lac-Mégantic jusqu’à Rivière-du-Loup en passant par Bellechasse. J’ai quelque chose qui a vraiment tout pour rendre Phil Audet heureux.»

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QUESTIONS / RÉPONSES

Q    Fait marquants

R    La conquête de la Coupe Memorial en 1996, mais l’année au complet, du jour 1 à aller jusqu’à la journée où on a gagné. Et tout ce qui a suivi par la suite. Vingt ans plus tard, les gens m’en parlent encore. Et aussi d’avoir gagné la Coupe Futura à Saint-Georges.

Q    Plus grands exploits

R    Autant sur le plan personnel qu’en équipe, la coupe Memorial. J’avais fini meilleur compteur du tournoi. Et avoir été repêché en deuxième ronde par les Red Wings (1995).

Q    Idoles de jeunesse

R    Joe Sakic et Steve Yzerman avec qui j’ai eu la chance de jouer dans la Ligue nationale. J’ai aussi et la chance de connaître les deux à l’extérieur de la patinoire et c’était des gentlemen. Ils ont toujours été des modèles comme Wayne Gretzky et Mario Lemieux. 

Q    Ce qui te manque le moins.

R    Les blessures, les sacs de glace, les voyages en autobus interminables après une défaite. Aussi les meetings quand on avait une série de revers, la pression de ne pas bien performer et les nuits blanches à se dire «Crime ça pas bien été...»

Q    Rêve ou défi

R    J’ai tout le temps des projets. Je n’arrête jamais. Ça fait quatre ans que je suis en affaires dans l’immobilier avec le notaire Gaston Vachon qui est devenu un ami et un mentor. Je travaille de gros projets et j’aimerais les réaliser en équipe.

Q    Dans 20 ans

R    J’espère surtout rester en santé. Je ne pense plus coacher (rire).... mais on ne sait jamais. Ce que je souhaite c’est d’être capable de swinger mon bâton de golf et de jouer 90 rondes par été. J’aimerais aussi voyager. Mais je ne suis pas le genre de gars à tout arrêter à me bercer, j’ai tout le temps des projets. 

Q    Ce qui te manque le plus

R    Les boys, être en équipe, mais aussi la routine du joueur de hockey. C’est une routine le fun et une vie extraordinaire.