Ayant des racines profondes aux Îles-de-la-Madeleine, Patrick Deraspe se fait un devoir de vanter la beauté et le charme des Îles. En plus de promouvoir les produits des Îles, il exporte des fruits de mer par son entreprise Le Trésor des Îles.

Patrick Deraspe, un fier Madelinot

Patrick Deraspe n’a jamais oublié ses origines. Fierté nationale aux Îles-de-la-Madeleine, alors qu’il jouait dans la LHJMQ, il a maintes fois rendu à ses «concitoyens» l’amour qu’il avait reçu en organisant, par exemple, des écoles de hockey pour les jeunes et des matchs de la LHJMQ, ou simplement en vantant, partout où il allait, la beauté et le charme des Îles et de leurs habitants.

«À l’époque où je jouais au hockey, spécialement quand j’étais à Québec, j’étais suivi par la plupart des gens qui habitaient aux Îles», lance Deraspe. «Le regretté Jean Lapierre m’avait dit qu’à l’époque où il était au Parlement, la première chose qu’il faisait le matin quand il prenait son journal, c’était de voir si le petit Madelinot avait compté la veille.

«Mes racines m’ont beaucoup aidé à passer au travers certaines périodes plus difficiles de ma vie. Elles m’ont donné de la motivation. Mon amour pour les Îles est inestimable et il va toujours l’être. Je suis un fier Madelinot qui va toujours parler des Îles en bien.»

Deraspe est débarqué chez les Harfangs de Beauport en 1991. À l’époque, il avait aussi été approché par l’Université Clarkson. Mais pour le Madelinot, Québec était l’endroit idéal pour poursuivre sa carrière. Il n’aurait pas à composer avec la barrière de la langue et ses parents connaissaient bien la région.

Deraspe se rappelle qu’au début de son premier camp d’entraînement, un premier vétéran l’avait invité à jeter les gants. La recrue avait sorti un coup de poing qui avait fait plier les genoux de son rival. Par la suite, un second vétéran l’avait invité à se battre. Et il l’avait renversé. Non seulement il venait de mériter sa place dans l’équipe, mais il venait d’acquérir une réputation de bon bagarreur.

«Et je ne trouvais pas ça très agréable de devoir me battre partout où l’on jouait. Ça m’a pris quelques saisons pour me débarrasser de cette étiquette et montrer mes véritables aptitudes.»

Auteur de 49 buts à sa troisième année dans la LHJMQ, Deraspe a été échangé la saison suivante aux Voltigeurs. Une transaction annoncée quelques minutes après qu’il eut marqué cinq buts et obtenu une passe contre Drummondville et qui avait fait beaucoup jaser.

«Avec les Voltigeurs, j’ai joué avec Daniel Brière. J’ai terminé ma carrière junior sur une bonne note. Je suis bien fier de ce que j’ai accompli. Ma plus grande satisfaction, c’est d’avoir surmonté une grande adversité à mon arrivée à Beauport. À l’époque, c’est en te battant que tu jouais ta carrière. Et quand j’ai dû livrer mon premier combat, j’avais les genoux qui claquaient. Je suis bien heureux que les choses soient différentes dans la LHJMQ.»

Invité au camp des Nordiques en 1994 et à celui du Canadien en 1995, Deraspe a ensuite évolué dans la Ligue East Coast et la Ligue internationale avant de prendre la direction de l’Europe où il a notamment joué en France et en Italie. De retour au Québec, il a terminé sa carrière dans la Ligue nord-américaine et a accroché ses patins en 2012.

«Je n’ai aucune amertume de ne pas avoir joué dans la LNH. Le hockey m’a permis de grandir et de devenir la personne que je suis et d’avoir la vie que j’ai qui m’a donné quatre merveilleux enfants. Je me suis fait de nombreux amis et j’ai gagné sept championnats dans trois pays différents.

«La seule chose que je regrette, c’est qu’à mon époque, l’école n’était pas très importante. Je n’avais pas mon diplôme de secondaire cinq quand j’ai mis fin à ma carrière. Je ne savais pas ce que j’allais faire. C’était très déstabilisant. Alors quand je parle aux jeunes hockeyeurs et à leurs parents, je leur dis combien c’est important de mettre autant d’énergie dans les études que dans le sport.

«Heureusement grâce à un ami, j’ai eu une opportunité de travailler chez Air Canada en tant que préposé d’escale. C’était un travail rassurant, avec de belles conditions, qui m’a permis de voyager mais surtout de pouvoir bâtir une famille à l’image de celle que j’avais eue.»

Changement de cap

Il y a environ un an, Deraspe a décidé d’effectuer un virage professionnel à 180 degrés quand on lui a offert de travailler dans le domaine du sport, un milieu qui l’a toujours passionné. Il a joint l’équipe de Spordle, une entreprise qui offre des solutions et du soutien technologiques pour les organisations sportives.

«Mon ami Lyno Côté m’a demandé si je voulais devenir agent de développement commercial en France. Je profite donc de mes contacts et de la tenue de mes écoles de hockey là-bas afin de parler de Spordle. C’est un emploi très stimulant qui me permet de développer mes qualités de leader en communication.»

Deraspe a aussi nourri sa passion pour les Îles en devenant porte-parole des produits locaux et exportateur de fruits de mer. Il a fondé son entreprise, Le Trésor des Îles, et il fait affaire avec un poissonnier des Îles. Parallèlement, il exploite un bar à huîtres qui se rend dans les évènements corporatifs et privés.

«Je suis très fier de mes origines. Je veux présenter les Îles-de-la-Madeleine à tout le Québec et à tout le monde au niveau international. Je vais d’ailleurs profiter de mon prochain voyage en France pour apporter des fruits de mer des Îles.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q    Fait marquant

R    Ma participation au camp d’entraînement des Nordiques (1994).

Q    Personnalité marquante

R    Alain Chainey. J’ai regretté son départ des Harfangs à ma première année junior. Il m’avait beaucoup appris au niveau hockey. J’aurais bien aimé l’avoir plus longtemps comme coach.

Q    Ce qui te manque le plus

R    Le hockey, les matchs intenses dans les séries éliminatoires. J’ai toujours été considéré comme un joueur de séries. Me retrouver en grande finale, par exemple, ça me manque.

Q    Ce dont tu ne t’ennuies pas

R    Les nombreuses blessures à mes épaules qui font qu’aujourd’hui encore, j’ai des problèmes avec mes épaules.

Q    Idole de jeunesse

R    Mario Lemieux. Pour moi, c’est le plus grand joueur de hockey. Et j’ai eu la chance de le côtoyer.

Q    Dans 20 ans

R    Je me vois me bercer dans ma maison aux Îles avec mes enfants qui viennent me visiter.

Q    Défi

R    J’aime beaucoup l’idée d’emmener Spordle en France. Avoir la chance de développer Spordle serait mon plus beau défi. J’aimerais aussi emmener un match de la LNH aux Îles-de-la-Madeleine.

Q    Rêve

R    Vivre de mes passions le plus longtemps possible. C’est mon rêve le plus cher.