Quand ses enfants auront vieilli, Pascale Blouin compte bien retourner au coaching. 

Pascale Blouin: le blues du coaching

Détentrice d'un bac en science de l'activité physique et professeure d'éducation physique au Cégep Limoilou depuis 2006, Pascale Blouin a la chance de vivre chaque jour sa passion pour le sport. Comblée par son travail, elle avoue cependant qu'elle a toujours le blues des années qu'elle a passées comme entraîneure de volleyball.
«Le coaching en volleyball me manque depuis longtemps», lance la maman d'un garçon de 12 ans et d'une fillette de 9 ans. «La gang me manque, mais aussi le gymnase. J'y suis tous les jours dans mon travail de prof, mais ce n'est pas la même chose que d'y être comme entraîneure. On n'a pas les même relations avec les gens. Le coaching, c'est de prendre des individus au début d'une année, de travailler avec eux et à la fin de celle-ci de voir l'évolution qu'ils ont connue. Et faire partie d'une équipe, c'est spécial. Ça me manque aussi. Comme tous les insides et les petites affaires qui font que chaque saison est mémorable.»
Le parcours de Pascale dans le monde du volleyball est assez atypique. Recrue de l'année dans le collégial AA, elle a poursuivi sa carrière universitaire avec le Rouge et Or, où elle n'a passé qu'une saison. Étudiante, oeuvrant déjà comme entraîneure au collégial, consciente qu'à cause de son manque de grandeur et de puissance, elle ne figurait pas dans les plans de l'équipe et réaliste quant au niveau de jeu qu'elle pourrait atteindre, elle a décidé de prendre sa retraite.
«Je n'ai pas de souvenirs amers de ma carrière. Ce qui reste, c'est vraiment le plaisir que j'ai eu. Et même si j'ai eu beaucoup de fun à coacher, pour moi le summum, c'est jouer. On peut cependant retrouver beaucoup de satisfaction, de valorisation, de plaisir et des émotions super fortes à coacher. Et le bon côté, c'est que tu n'as pas certains désagréments comme la pression ou les blessures.»
Être demeurée dans le milieu du sport après sa retraite en tant qu'entraîneure et professeure d'éducation physique où elle a travaillé après l'obtention de son bac en 1996 a aidé l'ex-joueuse à faire son deuil. Pascale a coaché en France où son conjoint, aussi volleyeur, avait décroché un contrat pro, et au Québec à Garneau comme entraîneure adjointe avec la formation juvénile des Élans, puis dans le collégial AAA où elle a oeuvré avec Benoît Robitaille et Julien Paquette. Son implication avec l'équipe du Québec lui a permis de connaître Olivier Caron qui en a ensuite fait son adjointe avec le Rouge et Or en 1998.
«C'était assez spécial de retourner à l'université. D'abord parce que je n'avais pas une grande différence d'âge avec les joueuses. Mais aussi parce que je découvrais une autre facette de l'équipe comme le fonctionnement de l'administration, la gestion du club, etc. Mais c'était bien agréable. Et jamais je n'ai pensé que c'était l'occasion pour moi de prouver des choses. Tout ce qui m'intéressait, c'était le côté relationnel et l'apprentissage.»
C'est après la naissance de son premier enfant que la prof d'éducation physique, qui aime donne des cours qui lui permettent de bouger avec ses élèves, a renoncé au coaching. Désireuse de passer du temps avec les siens après le travail, elle n'avait plus le temps de consacrer ses soirs et ses fins de semaine au volleyball. «Ça n'a pas été une décision difficile à prendre. Au niveau familial, arrêter de coacher allait de soi.»
Après toutes ces années, Pascale joue toujours au volleyball, mais dans une ligue récréative à quatre contre quatre, un calibre qui la satisfait pleinement. Elle peut demeurer active et toucher au ballon sans être dans le côté brut du volleyball, très exigeant et dur physiquement. Même chose en volleyball de plage où elle s'entraîne et joue pour le plaisir, tout en ayant encore le désir de gagner.
«Je suis dans les sports d'endurance. Je n'ai plus l'entraînement explosif et de puissance. Et puis, à un moment donné, tu ne peux pas faire des choses et risquer de te blesser. Il faut être réaliste quant à nos capacités physiques et notre réalité personnelle.»
L'ex-volleyeuse retournera au coaching un jour, quand ses enfants auront vieilli. Et son rêve le plus fou serait de diriger l'un des deux. À quel niveau? Elle hésite. Mais avant de se poser toutes ces questions, elle devra avant tout savoir si ses jeunes auront de l'intérêt pour le volleyball. «Je ne veux pas les pousser vers quoi que ce soit. S'ils bougent et qu'ils ont du plaisir, je serai heureuse.»
Et si elle avait à retourner comme entraîneure, où aimerait-elle se retrouver? «Pas nécessairement au niveau de l'élite parce que ça demande beaucoup d'implication. Je me verrais bien à la tête d'une équipe scolaire.»
En attendant, Pascale garde un pied dans la porte. Elle est impliquée dans le programme de mini-volley offert au Cégep Limoilou. L'année dernière, elle a donné un coup de main au programme sport-études de l'école Cardinal-Roy. «Il faut faire savoir que l'on est intéressée. En même temps, je me garde à jour en attendant que l'organisation familiale me demande moins de temps.»
Questions/réponses
Q Faits marquants 
R Comme entraîneure, le championnat canadien à Garneau et nos médailles d'or au NTCC et aux Jeux du Canada avec l'équipe du Québec. Comme joueuse, mon titre de recrue de l'année au collégial AA. On avait fini deuxièmes au provincial. Au volley de plage, ma médaille de bronze dans le AA.
Q Ce qui te manque le moins 
R Le financement. On n'a tellement pas d'argent au volleyball. Constamment trouver des manières de ramasser de l'argent, c'était lourd, autant comme joueuse que comme coach.
Q Ce qui te manque le plus 
R Tout le côté relationnel du volley. La gang, les amitiés que tu crées, comme joueuse et après ça comme entraîneure.
Q Plus grande qualité de joueuse 
R J'étais assez positive et dynamique sur le terrain. On m'a souvent dit que c'était le fun de jouer avec moi. Et parce que j'ai tellement pratiqué à l'université, je pense qu'à la fin de ma carrière, j'avais un super service.
Q Chose que tu aurais aimé changer 
R Mon physique. J'aurais aimé être plus grande et avoir plus de puissance parce que mentalement, j'aurais pu avoir les qualités nécessaires pour avoir une belle carrière universitaire. Mais le physique, on ne peut pas se battre contre ça.