Après avoir porté les couleurs du Rouge et Or pendant deux saisons, Pascal Trudeau a comblé son besoin de football en travaillant comme entraîneur adjoint. Parallèlement, il mène une carrière en alimentation.

Pascal Trudeau: le football comme échappatoire

Le scénario est le même depuis presque 20 ans. À chaque fin d’été, Pascal Trudeau se sent animé par le besoin de se retrouver sur un terrain de football et de travailler avec des jeunes désirant progresser. Et ce ne sont pas ses responsabilités familiales ou professionnelles, aussi grandes soient-elles, qui l’empêcheront de combler ce désir.

«Travailler dans le domaine de l’alimentation, ce n’est pas toujours évident», indique l’ex-quart-arrière. «Il y a beaucoup de pression. Il faut répondre aux attentes qui sont à plein de niveaux. Ça prend donc une échappatoire. Et le football, en plus d’être ma plus grande passion, c’est aussi ça. Quand j’arrive sur le terrain, j’oublie le travail. Je ne pense qu’à mes joueurs et à faire en sorte qu’en sortant de l’entraînement, ils se soient améliorés. En tant qu’ex-joueur, ce sentiment de redonner m’énergise.

«Mais la famille et le travail, c’est déjà très demandant. Ça prend des gens compréhensifs autour de soi pour pouvoir faire du coaching. Tu as besoin d’une bonne épouse qui comprend la passion de son mari et son besoin de football. Même chose pour mes employeurs. Mais comme en business, l’important ce sont les résultats, je m’organise pour que les choses aillent bien.»

Trudeau a commencé dans le coaching en 2002. Depuis, il a toujours été adjoint à l’exception d’une saison. Il a d’abord passé cinq ans au Vieux Montréal. Par la suite, il est allé à Garneau et, depuis cinq années, il dirige les quarts des Titans du Cégep Limoilou. Il a aussi coaché une saison à Cannes, une équipe avec laquelle il a aussi effectué un retour au jeu.

Trudeau a joué deux saisons pour le Rouge et Or, qui l’avait approché à l’été 2000. Ne pouvant compter sur la présence de Mathieu Bertrand, les champions de la Coupe Vanier étaient à la recherche d’un quart pour seconder François Chapdelaine. L’ex-porte-couleurs des Wildcats de l’Université du Kentucky et des Huskies de St. Mary’s avait opté pour Laval plutôt que les Gee-Gees d’Ottawa qui le courtisaient aussi.

«Je ne m’attendais pas à jouer beaucoup à ma première année. Je la voyais comme une saison de transition. François Chapdelaine connaissait le système sur le bout de ses doigts et il avait une chimie avec les autres joueurs de l’attaque. Mais ç’a été une année super avec coach Jacques Chapdelaine : j’ai côtoyé des athlètes hors pair et j’ai beaucoup appris. Vers la fin de la campagne, j’étais assez à l’aise. Malheureusement, après une saison parfaite, on a perdu en finale de conférence contre les Gee-Gees.

«À ma deuxième année, j’ai bataillé pour le poste de quart numéro un avec Mathieu Bertrand, avec qui j’avais toujours eu une belle rivalité. J’ai connu un bon camp, mais j’ai subi une séparation de l’épaule au premier match et j’ai été six semaines sans jouer. À mon retour au jeu, je n’étais plus là pantoute. Par la suite, on a subi une raclée en demi-finale canadienne face à St. Mary’s et plus tard, on a perdu tous nos matchs parce que nous avions aligné un joueur inadmissible.»

Même si son passage à Laval peut paraître frustrant, Trudeau insiste pour dire qu’il n’en garde que de bons souvenirs. Il s’est amusé et il a pu évoluer avec et contre de très bons joueurs. 

«Quand je fais le bilan de ma carrière, je suis satisfait. J’ai appris beaucoup partout où je suis passé et j’ai toujours été bien encadré par de bons entraîneurs qui m’ont permis de devenir le coach que je suis. C’est certain que j’ai souffert de m’être déchiré des ligaments dans le genou. J’étais reconnu pour ma rapidité et là, je ne pouvais plus échapper à la pression aussi facilement. Si j’avais un regret, ce serait de ne pas m’être assez entraîné. Peut-être que si je l’avais fait, je ne me serais pas blessé.»

L’alimentation

Inscrit en kinésiologie à l’Université du Kentucky, Trudeau a opté pour un diplôme en enseignement quand il est revenu au pays. Mais, lors de ses stages, il s’est aperçu que le travail n’était pas comme il se l’était imaginé.

«J’ai toujours aimé coacher. Et je pensais que l’enseignement, c’était un peu comme le coaching. Mais c’était bien différent. Les jeunes jouaient au football par choix. Mais les jeunes n’avaient pas le choix d’être à l’école. Il y avait beaucoup de discipline à faire. Ça m’a turné off.

«Je me suis donc dirigé dans le domaine de l’alimentation. Mon père était propriétaire d’un magasin. J’avais travaillé pour lui et j’avais un peu touché à tout. J’étais donc à l’aise dans cet environnement.»

Ambitionnant de devenir directeur d’un supermarché, l’ex-quart a mis quatre ans à atteindre son but. Il a d’abord travaillé dans la région de Montréal avant de déménager dans la région de Québec pour y rejoindre l’amour de sa vie. Œuvrant au sein de la bannière IGA depuis les huit dernières années, il est aujourd’hui directeur du magasin de Saint-Lambert-de-Lauzon. 

«Mon travail, c’est ma deuxième passion. Il m’offre constamment de nouveaux défis. La société a énormément changé et les magasins d’alimentation ont dû s’adapter et ils doivent toujours le faire. C’est très motivant.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Faits marquants? 

R  Mon Bol d’Or avec les Spartiates du Vieux Montréal et le match que j’ai joué pour l’Université du Kentucky en tant que substitut à Alabama et que nous avons gagné. 

Q  Idoles de jeunesse?

R  Brett Favre et Joe Montana. Le numéro 16 que je portais, c’était pour Montana.

Q  Dans 10 ans?

R  Je me vois toujours jumeler mes deux grandes passions, soit l’alimentation et le coaching. J’aimerais être propriétaire de mon magasin. Mais je n’irais pas dans le coaching à temps plein. Entraîneur-chef, avec le recrutement, c’est un travail de presque 12 mois par année. Ce n’est pas que je n’aime pas coacher. C’est juste que j’ai besoin de mes deux passions.

Q  Personnalités marquantes?

R  Mon père. Il m’a guidé et aidé dans mon cheminement sans jamais me pousser. Il m’a dit : «Tu as le choix. Tu veux jouer, tu vas jouer. Tu ne veux pas, c’est pas grave.» Et il m’a toujours suivi, peu importe le temps ou la température. Il est venu me voir quatre fois au Kentucky. Et Marc Santerre. Il m’a beaucoup appris au niveau football et il m’a aussi aidé dans ma vie personnelle. 

Q  Ce qui manque le moins? 

R  L’entraînement. Pas le cardio. Dans le temps, comme je voulais montrer l’exemple, j’étais un des premiers en avant quand on courait. Mais l’entraînement en salle, les poids et toutes ces affaires-là, je n’ai jamais aimé ça.

Q  Ce qui manque le plus?

R  Ma préparation pour les matchs. Faire du vidéo, regarder les joueurs adverse l’un après l’autre, encore et encore, afin de voir comment ils se positionnaient et comment ils faisaient leur couverture. Quand  j’arrivais au match, j’étais prêt parce que je savais vraiment tout ce qui se passait au niveau des pression et des couvertures. La préparation, j’adorais ça.